Chapitre 10 - Vacances aux Pays-Bas (5)

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Lundi 17 août 1964, Zwembad de Tobbe, Gouda

Après le repas de midi, une soupe aux pois servie avec du pain de seigle noir accompagné de beurre et de fromage, les jeunes gens se rendirent à la piscine de Tobbe. Koen prêta un vélo à Frédéric qui n’avait pas l’habitude d’utiliser ce moyen de transport en ville et qui suivit tant bien que mal les deux frères, il y avait heureusement peu de circulation à cette heure.

Ils y retrouvèrent Greta, l’amie de Piet. Elle ressemblait à l’image que se faisait Frédéric des femmes néerlandaises, cheveux blonds, respirant la joie de vivre, sans avoir toutefois un costume traditionnel et des sabots. Elle avait passé une robe estivale. Piet lui fit la bise et lui présenta Frédéric, ne lui cachant pas qu’il était le petit ami de son frère. Elle ne manifesta aucune surprise et lui souhaita de passer de bonnes vacances.

Après avoir acheté des billets et être entrés dans le bâtiment de la piscine, ils se séparèrent pour aller aux vestiaires des hommes et des femmes.

— Il y a des cabines pour se changer, expliqua Koen à Frédéric, mais il faut payer un supplément. Cela n’est pas nécessaire, on mangera une glace avec l’argent économisé.

Piet écoutait son frère en souriant, il avait déjà ôté ses chaussures et son short et les avait rangés dans une armoire. Koen prenait son temps, regrettant qu’ils fussent seuls dans le vestiaire et qu’il n’y eût personne d’autre à mater. Piet baissa son slip, Koen l’interrompit et releva le bas de son polo.

— Que penses-tu de la bite de mon frère ? demanda-t-il à son ami.

— Elle ressemble à la tienne, un peu plus grosse en effet.

— En érection aussi, continua Koen tout en la tripotant.

Piet ne tarda pas à bander sous les caresses de son frère.

— Désolé, dit-il, je suis excité parce que je ne me suis pas branlé ces jours derniers, j’ai prévu de coucher avec Greta ce soir.

— Vous faites l’amour ? fit Koen, étonné. Tu ne me l’avais jamais dit.

— Je ne suis pas le seul à faire des découvertes érotiques pendant les vacances.

— Vous pouvez le faire à la maison ? Tu as demandé à maman ?

— Oui, elle est d’accord, elle aime mieux ceci que nous le fassions dehors.

— Je devrais peut-être lui demander pour nous deux.

— C’est amusant, dit Frédéric, Einstein se masturbe avant de retrouver son amie pour ne pas éjaculer trop vite, alors que toi tu t’abstiens.

— C’est qui cet Einstein ? demanda Piet.

— Un type avec nous dans le wagon-lit, je ne sais plus son nom.

— Il s’appelle Bert, dit Koen, queue très intéressante avec la formule qu’on ne découvre que lorsqu’il bande.

— Vous vous êtres branlés avec lui ? s’étonna Piet.

— Oui, pourquoi ?

À ce moment-là, trois autres jeunes hommes entrèrent dans le vestiaire. Piet s’empressa de mettre son maillot de bain pour cacher son érection. Il enleva son polo et ferma l’armoire avec un cadenas. Koen regardait discrètement les nouveaux-venus.

— Tu veux passer l’après-midi dans le vestiaire ? s’impatienta Piet.

— Va rejoindre ta dulcinée, nous devons encore mettre de la crème solaire.

Koen, qui était toujours en slip, frictionna le dos de Frédéric. Un des garçons de l’autre groupe vint vers eux, il était entièrement nu.

— Salut Yapok curieux, dit-il, toujours aussi curieux. Tu te souviens de moi ?

— Castor babillard.

Il se serrèrent la main. Koen traduisit et expliqua à Frédéric qu’ils avaient été aux scouts ensemble et que c’étaient leurs totems.

— Quelle est la signification de « Yapok curieux » ? demanda le Suisse, tout en reprenant la crème solaire pour en enduire le reste de son corps.

— Le yapok est un animal, fit Castor babillard, « curieux » car ton ami était très curieux, et en particulier de ceci.

Castor montra son pénis avec son index.

— Ça n’a pas changé, dit Frédéric en riant.

— C’est parce que je veux devenir médecin.

— Oui, je sais, dit Castor. Ne te gêne pas pour moi, tu peux continuer à te changer. Où en sont tes études ?

— Je vais passer mon bac en Suisse.

— En Suisse ? Tu en as assez de la platitude de notre pays ? Ou les bites suisses sont-elles plus belles que les néerlandaises ?

— Les nôtres sont plus belles, dit Koen en baissant son slip, tu peux comparer avec celle de Frédéric. Je reviendrai souvent en vacances au pays.

— Il faudra que ton ami suisse découvre le patinage sur les canaux gelés en hiver, comme sur la peinture de Pieter Brueghel l’Ancien.

— Tu sais patiner ? demanda Koen à Frédéric.

— Oui, il y a une patinoire près de chez moi.

— Bon, je vous laisse, dit Castor babillard, bonne baignade.

Une fois qu’il eut tourné le dos, Frédéric demanda :

— Il est aussi homosexuel ?

— Je pense, dit Koen, nous ne parlions pas de cela aux scouts.

— Mais vous compariez vos bites ?

Koen ne répondit pas et ils rejoignirent finalement Piet et son amie. Ils passèrent une excellente après-midi à nager et à se prélasser au soleil.

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