Notes historiques
Comme indiqué dans l’avant-propos, tous les éléments historiques, culturels et architecturaux de ce roman sont exacts, à l’exception des aspects de fiction propres aux personnages.
Cette section recense les éléments du récit qui ne sont pas attestés par les sources antiques ou l’archéologie. Ils relèvent donc de libertés narratives, prises en respectant les connaissances historiques disponibles.
Note sur le chapitre IV
« Chez nous, en Dacie, quand un guerrier revenait d'une défaite, les autres détournaient le regard. Non par mépris. Parce qu'ils savaient que la honte était une blessure invisible, plus douloureuse que le fer, et qu'elle avait besoin d'ombre pour cicatriser. »
Cette pratique n’est pas attestée par les sources antiques, mais elle s’inspire de la logique culturelle Dace. L’honneur occupait une place centrale chez les Daces, peuple guerrier pour qui la défaite constituait une souillure morale (Dion Cassius, Histoire romaine). Détourner le regard pouvait ainsi protéger la dignité du vaincu, à l’instar des Grecs, pour qui l’aidôs était une blessure morale à ménager. Dans les sociétés guerrières, isoler symboliquement un vaincu lui permettait de se purifier avant de réintégrer le groupe. Cette phrase du chapitre IV s’inscrit donc dans cette logique cohérente avec la mentalité dace, même si elle n’est pas explicitement documentée.
Note sur le chapitre XXII
En ce qui concerne le jour de marché (nundinae) du 11 avril 106, la situation est la suivante :
Aucune source antique ne mentionne directement cette date. En revanche, deux graffites pompéiens permettent de remonter avec certitude à un jour de marché romain du Ier siècle :
- Le graffite CIL IV 4182 indique que le 6 février 60 après J.-C. était un jour de marché à Cumes (Cumae) et qu'il tombait quatre jours avant le jour de marché de Pompéi.
- Le graffite CIL IV 8863 établit un cycle de jours de marché qui montre que le marché romain se tenait deux jours après celui de Cumes.
Par conséquent, le 8 février 60 après J.-C. était un jour de marché à Rome. C'est le seul jour de marché romain dont la date julienne absolue peut être déterminée directement à partir de preuves contemporaines.
Entre le 8 février 60 et le 11 avril 106, le nombre de jours dans le calendrier julien est un multiple de huit. Le cycle des nundinae étant théoriquement ininterrompu, le 11 avril 106 devrait donc être un jour de marché (nundinae) à Rome même si aucune source historique ou archéologique ne permet d'en attester directement.
Note sur le chapitre XXV
« Des prêtres en tunique blanches, des jeunes filles portant des corbeilles d’épis, des musiciens jouant de la double flûte. »
Aucune source antique ne décrit précisément la couleur des vêtements des prêtres de Cérès lors des Ludi Cereales. Cependant, pour les cultes romains traditionnels (italiques), la tunica alba (tunique blanche) était la norme, symbole de pureté et de piété. Tite‑Live mentionne les prêtres de Janus en blanc ; Ovide décrit les Vestales en candida vestis.
Cérès est une déesse italique (son culte remonte au Ve siècle av. J.-C.), intégrée au collège des flamines minores. Contrairement aux cultes « orientaux » comme ceux de Cybèle ou d’Isis – dont les prêtres portaient souvent des tuniques de couleurs vives (safran, pourpre) – le culte romain de Cérès suivait vraisemblablement les codes vestimentaires traditionnels.
Ainsi, les prêtres de Cérès, portaient vraisemblablement des tuniques blanches, conformément aux usages des flamines mineurs. Il n'est toutefois pas possible d'en attester historiquement (À ma connaissance… mais si quelqu’un dispose d’une source, ce serait merveilleux... aussi merveilleux, peut-être, que les boucles blondes de Vladis.)
Les autres descriptions du chapitre sont historiquement attestées.

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