Silence définitif

2 minutes de lecture

Le commissariat sentait la moiteur des couloirs et le métal froid des cellules. L’air était saturé de tension et de café renversé et de murmures contenus. Une silhouette entra, élégante, ajustée. L’avocat de Leroy, regard calculateur, franchit les portes de la salle d’interrogatoire sans un mot. Leroy leva les yeux. Le silence se fit immédiatement.

- Docteur Leroy, dit l’avocat, posément, sur un ton d'une froideur à coupait le souffle.

Marc et Clara reculaient légèrement, percevant le danger, mais restant à portée de vue.

- Mon client et moi devons parler seuls, annonça-t-il.

Marc hocha lentement la tête, Clara fronça les sourcils. Ils sortirent. La porte se referma.

Les deux hommes restèrent seuls. Le néon au-dessus d’eux grésilla. L’avocat sortit une pillule de sa poche.

- Écoutez-moi bien, murmura-t-il. Vous pensez peut-être pouvoir vous en sortir, faire lever les charges, retarder le jugement… mais en attendant… vous êtes devenu un problème pour le réseau, pour l’organisation.

Il tendit la pillule à Leroy.

-Pour votre bien… et pour le leur.

Leroy le fixa, la mâchoire crispée. Son regard oscillait entre défi et compréhension.

- Je… je comprends, souffla-t-il finalement. Je reste fidèle… fidèle à ce qui doit être tenu secret.

L’avocat hocha lentement la tête.

- Attendez que je ne sois plus là, personne ne doit savoir. C’est la meilleure chose à faire.

Puis il se leva, ajusta sa cravate et sortit, laissant Leroy seul, encore debout, pâle mais résolu.

Dans le couloir, il fit semblant de se tourner vers Marc et Clara :

- Vous n’avez rien contre mon client, je précise. J’ai examiné le dossier, toutes vos preuves ne tiennent pas la route… soit irrégulières, soit récupérées illégalement.

Clara, glaciale, répondit :

- Foutaise.

- Non, ce sont des faits, répondit-il sans sourciller, et continuez à suivre la procédure. On se reverra lors du procès de mon client.

Il quitta le commissariat avec une démarche mesurée, laissant derrière lui le silence.

Quelques mètres plus loin, au fond du couloir, près de la salle d’interrogatoire, un appel a l’aide, se fit entendre.

- On a un problème !

Marc et Clara se précipitèrent. Ils franchirent la porte d’un bond. Leroy était à terre. Il convulsait, bouche écumante, les yeux à moitié révulsés. Le monde sembla se figer quelques secondes. Marc regarda Clara ...

- Léo… vite !

Sans attendre, ils se précipitèrent vers la sortie de service, esquivant les caméras et les journalistes. Ils filèrent dans les ruelles, l'esprit rivé sur leur objectif, Léo.

La partie ne se jouait plus seulement contre le réseau ou la politique, elle devenait vitale.

Et quelque part, dans l’ombre, le silence de Leroy résonnait comme un avertissement définitif.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Heisenblind ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0