Chapitre 32 (3) - Repas gastronomique

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Ils retournèrent à la voiture. Tom ouvrit le coffre et prit son sac US et un autre sac à dos qu’ils avaient emportés. Ils traversèrent la rue en face du parking. Tom chercha le numéro de l'immeuble. Les volets étaient fermés sur la quasi totalité des fenêtres. Des locations de vacances. Il trouva l’entrée désirée, prit une des clefs que lui avait donné Lucas et ouvrit la porte principale. L’ascenseur les mena au cinquième et dernier étage. En entrant dans le studio, Tom releva le store de la porte fenêtre qui donnait sur un petit balcon, juste assez grand pour que deux personnes s'y tiennent debout. Paul admira l’étendue grise infinie de la mer mais rentra assez rapidement. Le crachin s’était transformé en une pluie drue. Tom le prit dans ses bras et le serra très fort.

- Voici notre petit paradis de quinze mètres carrés. Ici nous avons tout le confort nécessaire ou presque : un lit une personne, une plaque de cuisson, une cafetière et un mini réfrigérateur, une petite table pliante et deux chaises, une cabine de douche et son lavabo...heu...les toilettes sont sur le palier.

Il mit en marche un petit radiateur. Dans un placard encastré dans le mur, près de la porte, des draps, une grosse couverture et deux coussins. Une fois le lit fait, ils se jetèrent dessus.

Paul se réveilla en sursaut. Encore cet affreux cauchemar. Blotti dans les bras de Tom, le nez à la hauteur de son torse, il huma son odeur douce et celle d’un parfum léger qui le rassurèrent instantanément. Il n’osa pas bouger de peur de le réveiller. Mais à peine avait-il tourné la tête que Tom bougea et se réveilla. Paul se redressa pour lui faire face et l’embrassa. Leurs langues se mélangèrent et tournèrent de plus en plus vite. Paul le chatouilla subitement. Tom hurla de rire et le pria d’arrêter tout de suite mais ce fut peine perdue. Il se contorsionna pour se défaire de son emprise. Il réussit tant bien que mal à se relever et à quitter le lit. Il remit ses baskets et son manteau et demanda à Paul d’en faire autant.

- Ce soir, repas gastronomique! Nous allons dévaliser la supérette.

Une demi-heure plus tard, ils ressortirent du magasin avec un sac de courses. La pluie toujours. Ils se dépéchèrent de rentrer au studio en courant.

L’eau frémissait dans la casserole sur la plaque de cuisson.

- Cinq cent grammes de spaghetti, du ketchup, du gruyère râpé et nous sommes les rois du monde, non ?

Après avoir placé sur la table deux bougies trouvées dans le haut du placard, Tom mis le couvert pendant que Paul prenait sa douche.

- J’ai une très belle vue d’ici! Dans cinq minutes, c’est prêt, dépêchez vous jeune homme.

Ils se sentaient repus, assis sur le lit contre le mur. Tom se massa le ventre puis se laissa glisser sur le sol tel un homme agonisant.

- On n'aurait jamais dû en manger autant.

Paul posa les pieds sur son ventre.

- Vous voulez m’achever, c’est ça? Et bien allez-y, je ne peux plus bouger de toute façon.

Tom mima des spasmes et des soubressauts. Sous le lit, il vit une boîte qu’il épousseta. Il l’ouvrit. Elle contenait un jeu de petits chevaux.

- Allez, en selle mon ami, prêt à m’affronte r?

L’un en face de l’autre, assis les jambes croisés, ils envoyaient valser chaque cheval hors jeu à l’autre bout de la pièce.

- Attention cavalier, il ne vous reste que deux pions en lice, votre fin est proche. clama Tom, sûr de lui.

Mais Paul ne s’avoua pas vaincu et se battit jusqu’au bout pour finalement remporter la partie.

- J’ai gagné ! T’as un gage ! Prépare-toi à t’offrir sans retenue à ton cavalier !

A quatre pattes, tel un fauve qui s'approcherait de sa proie, Paul s'avança les yeux pleins de désir. Tom lui fit comprendre qu’il n’était pas un garçon facile, prêt à enlever ses vêtements au moindre signe de son ami. En moins d’une minute, ils se retrouvèrent nus l’un contre l’autre, déjà très excités. La lumière éteinte, seules les bougies les éclairaient. Des baisers et des gestes rapides, fougueux et tendres à la fois. Allongé sur Paul, Tom l’embrassa, pressa son sexe contre le sien. Il réussit de sa main gauche à attraper son sac. Assis à califourchon sur Paul, il lui montra le préservatif qu’il avait retiré de son portefeuille. Il l’ouvrit délicatement, le regarda droit dans les yeux, le déroula sur le sexe dur de Paul qui se laissa faire. Il ressentait le corps de son amant frissonner. Il émit un long gémissement et sentit Paul se contracter. Il l’embrassa et se concentra sur les vas et viens de son bassin.

- Tu me fais du bien, continue comme ça, vas-y, murmura-t-il.

Paul le renversa doucement sur le dos et revint en lui, accélérant le rythme. Tom ressentit l’assurance de son amant. Puis vint le moment où Paul le regarda intensément et l’avertit qu’il n’allait pas pouvoir se retenir plus longtemps. Tom eut à peine le temps de sourire qu’il sentit Paul jouir, avant de se laisser retomber sur lui, reprenant son souffle. Paul se retira doucement, s'allongea sur le dos, le visage en sueur, avec un sourire béat. Tom l'embrassa fougueusement, les yeux fermés et jouit sur son ventre sans retenue.

Paul sentit le corps chaud de son amant se coller à lui. Se laissa bercer par la lumière vacillante de la dernière bougie, qui finit par s'éteindre, avant de sombrer dans un profond sommeil.

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