Chapitre 43 (2) - Sì, certo signore

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En début de semaine, Paul téléphona à Tom pour lui annoncer qu’il partait le vendredi suivant, avec Tristan, une semaine à la montagne. Tom fut surpris et un peu déçu. Il ne pourrait pas le voir durant tout ce temps. Paul avait plein de choses à lui raconter, pouvait-il passer le voir? Tom lui proposa qu'il vienne chez lui.

A peine la porte franchie, Paul se précipita pour l’embrasser. Ces jours sans se voir avaient été trop long. Ils se jetèrent aussitôt sur le lit pour s’enlacer, très excités. Après une petite heure, Tom caressait le dos nu de Paul allongé sur le ventre. Sans le prévenir, il lui donna une petite claque sur les fesses.

- Allez debout, rhabillez-vous jeune homme, le temps que je prépare le dîner.”

- Tu fais des spaghettis ?

- Sì, certo signore, buona pasta !

Ils passèrent une semaine tous les deux, à faire l’amour dès leur retour de la faculté. Quand il était dans les bras de Tom, Paul oubliait tout. Chaque jour, chaque minute passés à ses côtés l’émerveillaient. Il aimait la façon dont Tom lui caressait la peau, en la frôlant du bout des doigts, ce qui lui provoquait immanquablement de minuscules frissons. Il aimait, même s’il disait le contraire lorsque Tom se moquait de lui en ébouriffant son épis de cheveux. Parfois, Tom posait sa main sur son ventre, paume bien à plat. Il la laissait là toute la nuit, et au matin, Paul devait repousser très doucement le bras de son ami pour se lever. Il ne ressentait plus la gêne des premières fois quand ils jouissaient ensemble, les yeux dans les yeux. Faire l’amour avec Tom était une sensation si naturelle et si excitante qu’il avait l’impression qu’il ne se lasserait jamais de ce plaisir. Paul aimait lorsqu'ils se réveillaient la nuit, se sourire, sans dire un mot, encore perdus dans le brouillard de leurs rêves et s'endormir simplement. Et puis par-dessus tout, Paul aimait les remarques taquines de Tom, ses petites manies quand il préparait minutieusement le petit déjeuner, la façon dont il plissait ses yeux si expressifs ou encore lorsqu’il rattachait régulièrement, l’air de rien, le dernier bouton de son pull marine. Il chérissait leurs moments, tard dans la nuit, quand ils lisaient, allongés sur le lit ou à même le sol, sur le tapis, Tom la tête posée sur sa jambe. Paul se sentait libre de dire ce qu’il pensait vraiment avec lui, dans une simplicité déconcertante.

La veille de son départ, il lui confia ses doutes. Qu’allait penser Marianne quand elle apprendrait que, durant le séjour à la montagne, il avait pris sa place?

- J’ai l’impression d’être lâche. Elle pense que je l’écarte de ma vie en ce moment. Heureusement que Tristan m’a facilité les choses. Avec elle, c’est différent. Elle est si impulsive et cassante, je ne sais pas comment la prendre. Elle est si fragile en réalité.

- On l’est tous, fragile. Chacun trouve sa manière de se protéger, c’est tout, répondit Tom.

- Je ne sais pas si je réussirais un jour à m’habituer à ton calme. Tu as toujours le mot pour dédramatiser les situations !

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