"Je sais."
L'arrogance du point final ! L'assurance du corbeau qui croit tenir le loup par la gorge. Je sais exactement qui se cache derrière cette calligraphie trop anguleuse pour être honnête. C’est toi, n’est-ce pas ? Toujours à fouiner là où l’herbe est trop haute, toujours à renifler les placards qui puent.
Tu penses avoir déterré le coffre ? Tu crois tenir le fil qui dénouera toute ma vie ?
Voici ma réponse, gribouillée au dos de ton arrogance :
À l’attention du petit curieux qui joue avec le feu
Mon cher "Ami",
Je dois t'avouer une chose : ton sens du spectacle est déplorable. Une feuille blanche ? Un peu cliché, tu ne trouves pas ?
Tu dis que tu sais. Grand bien te fasse. Mais sais-tu vraiment ce que l'on fait aux gens qui en savent trop dans mon monde ? Savoir est une maladie dont on ne guérit que par le silence définitif.
Tu veux de l'argent ? Regarde bien l'enveloppe. Elle est vide, tout comme tes menaces.
Tu veux me voir ramper ? J'ai les genoux en béton et le cœur en acier trempé.
Tu veux parler ? Fais-le.
Mais assure-toi d'avoir une assurance vie qui couvre les "accidents domestiques".
Écoute-moi bien, espèce de rat de bibliothèque : ce que tu crois savoir, je l'ai rangé très haut, plus haut que ce que ta petitesse ne peut imaginer et tes bras de rongeurs ne peuvent atteindre. Si tu parles, tu ne me détruis pas moi, tu nous entraînes tous les deux. Je suis le genre de personne qui préfère brûler la maison avec tout le monde dedans plutôt que de laisser un parasite comme toi choisir la couleur des rideaux.
Rendons-nous service : Brûle ce papier. Oublie ce que tu penses avoir vu. Retourne à ta petite vie médiocre et prie pour que je ne décide pas, un de ces quatre matins, que "je sais" aussi. On a tous un cadavre dans le placard ! Le mien est juste mieux rangé que le tien.
Ne m'oblige pas à venir te l'expliquer de vive voix. Ma patience est encore plus courte que ton message.

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