Chapitre 4 – Ce que nous avons vraiment été | 4 skyrius – Kas mes iš tikrųjų buvome

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Il serait trop simple de réduire leur histoire à ce qui a été difficile, trop rapide de ne retenir que les tensions, les mots trop forts, les silences trop longs. Ce serait oublier l’essentiel. Et l’essentiel, entre Gabriel et Ieva, n’a jamais été ce qui a cassé, mais ce qui a tenu.

Parce que malgré tout, c’était beau.

Pas un beau fragile, pas un beau superficiel, pas quelque chose qui tient uniquement quand tout va bien. C’était un beau réel, construit dans les jours ordinaires, dans les gestes simples, dans cette manière d’être ensemble sans avoir besoin de le prouver constamment.

Ils savaient rire.

Pas pour fuir.

Pas pour éviter.

Mais parce qu’il y avait, entre eux, une complicité qui ne dépendait pas des circonstances. Une manière de se retrouver même quand tout n’était pas aligné, une capacité à créer des moments qui n’appartenaient qu’à eux.

Ieva n’était pas seulement celle qui tenait dans les moments difficiles.

Elle était aussi celle qui apportait de la vie.

Une présence qui animait les espaces, qui rendait les choses plus intenses, plus vivantes, plus vraies. Elle ne laissait pas les jours passer sans les habiter, elle ne traversait pas le temps sans y déposer quelque chose d’elle.

Et Gabriel le voyait.

Même quand il ne le disait pas.

Même quand il ne le formulait pas.

Il savait ce qu’elle apportait.

Et il savait que cela ne se remplace pas.

Ils avaient construit quelque chose qui ne se résumait pas à une relation.

C’était une manière d’exister à deux.

Avec leurs excès, leurs différences, leurs oppositions parfois, mais aussi avec cette capacité à revenir, à se retrouver, à continuer malgré ce qui pouvait les éloigner temporairement.

Ils n’ont jamais été indifférents.

Et c’est précisément pour cela que tout comptait autant.

Parce qu’il y avait de la matière.

Parce qu’il y avait de la vérité.

Parce qu’il y avait, au fond, quelque chose de profondément aligné, même quand la forme ne suivait pas toujours.

Ieva apportait une intensité que Gabriel n’aurait jamais pu créer seul.

Et lui apportait une stabilité qu’elle n’aurait peut-être pas toujours trouvée ailleurs.

Ce n’était pas parfait.

Mais c’était juste.

Ils ne se sont pas choisis par hasard.

Et ce qu’ils ont vécu ne s’explique pas uniquement par ce qu’ils ont traversé, mais par ce qu’ils ont su maintenir au-delà de tout ça.

Parce que certaines relations ne tiennent pas grâce à l’absence de difficultés.

Elles tiennent parce que, malgré tout, quelque chose ne lâche pas.

Et entre eux, cela n’a jamais lâché.

Pas vraiment.

Būtų per lengva jų istoriją sumažinti iki to, kas buvo sunku, per greita prisiminti tik įtampą, per stiprius žodžius ar per ilgą tylą. Tai reikštų pamiršti svarbiausia. O svarbiausia tarp Gabrieliaus ir Ievos niekada nebuvo tai, kas lūžo, bet tai, kas išliko.

Nes nepaisant visko, tai buvo gražu.

Ne trapiai gražu, ne paviršutiniškai, ne tik tada, kai viskas lengva. Tai buvo tikras grožis, gimęs paprastose dienose, kasdieniuose gestuose, toje būtyje kartu, kuriai nereikėjo nuolatinių įrodymų.

Jie mokėjo juoktis.

Ne tam, kad pabėgtų.

Ne tam, kad išvengtų.

Bet todėl, kad tarp jų buvo ryšys, nepriklausantis nuo aplinkybių. Gebėjimas susitikti net tada, kai ne viskas buvo suderinta, kurti akimirkas, kurios priklausė tik jiems.

Ieva nebuvo tik ta, kuri laikėsi sunkiais momentais.

Ji buvo ir ta, kuri atnešė gyvybę.

Buvimas, kuris pripildė erdves, padarė viską intensyviau, gyviau, tikriau. Ji neleido dienoms praeiti jų neišgyvenant, ji neperėjo per laiką nieko jame nepalikdama.

Ir Gabrielius tai matė.

Net kai to nepasakė.

Net kai to neišreiškė.

Jis žinojo, ką ji atneša.

Ir žinojo, kad to neįmanoma pakeisti.

Jie sukūrė kažką, kas neapsiribojo santykiu.

Tai buvo būdas egzistuoti kartu.

Su jų pertekliumi, skirtumais, kartais susidūrimais, bet ir su gebėjimu sugrįžti, susitikti iš naujo, tęsti nepaisant to, kas galėjo juos laikinai atskirti.

Jie niekada nebuvo abejingi.

Ir būtent todėl viskas turėjo tokią reikšmę.

Nes buvo turinys.

Nes buvo tiesa.

Nes giliai viduje buvo kažkas suderinto, net jei forma ne visada sekė.

Ieva atnešė intensyvumą, kurio Gabrielius niekada nebūtų sukūręs vienas.

O jis atnešė stabilumą, kurio ji galbūt nebūtų visada radusi kitur.

Tai nebuvo tobula.

Bet tai buvo teisinga.

Jie nepasirinko vienas kito atsitiktinai.

Ir tai, ką jie išgyveno, negali būti paaiškinta tik tuo, ką jie patyrė, bet tuo, ką jie sugebėjo išlaikyti nepaisant visko.

Nes kai kurie ryšiai laikosi ne todėl, kad nėra sunkumų.

Jie laikosi todėl, kad, nepaisant visko, kažkas nepaleidžia.

Ir tarp jų tai niekada nepaleido.

Ne iš tikrųjų.

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