Chapitre 8

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Elle hurla de joie malgré la mort qui pouvait l’attendre. L’adrénaline pétillait à travers son corps entier. Elle força son corps à rouler sur lui-même deux fois de suite et tendit ses mains droites devant elle pour plonger. L’entrée dans l’eau eut l’effet d’une gifle. Son corps entier ne fut pas épargné. La douleur la chauffait sur l’ensemble de sa peau.

Elle nagea malgré le manque d’air. Elle ne savait pas où aller, elle se rendit compte qu’elle était vite désorientée. La peur prit rapidement du terrain et l’air manqua à ses poumons. Elle ouvrit les yeux et aperçut de la lumière à travers l’eau bleue. Elle battit des mains et poussa le plus fort possible. Elle émergea rapidement. Elle ouvrit la bouche et l’air gonfla ses poumons. Elle leva la tête sur le sommet de la falaise. Elle se rendit compte que cette dernière était haute et dangereuse. Elle s’en était sortie. Elle se renfrogna malgré elle. Héra avait sûrement dû l’aider, une fois encore. Quelqu’un avait ralenti sa chute dans le vide. Elle reconnut les silhouettes des soldats penchés sur le toit. Elle ne perdit pas de temps et commença à nager pour rejoindre un endroit où toucher terre.

Elle nageait depuis trente minutes, elle commençait à perdre espoir. Son corps était froid et ses doigts commençaient à devenir bleus. Elle claquait des dents et son corps fatigué ne voulait plus avancer. C’était l’idée la plus stupide qu’elle eue. La nuit était tombée pour de bon. Le ciel était magnifique sur cette partie du monde. Des milliers d’étoiles étaient de sorties pour regarder la triste scène qu’elle menait.

Elle faillit pleurer en apercevant de la lumière devant elle. Elle continua d’avancer et s’arrêta. La lumière n’était pas celle des habitations, mais les torches des soldats qui l’attendaient de pied ferme. Elle reconnut le roi et ses deux acolytes. Héra se tenait plus loin.

Laverna sentit son corps fatiguer et sa tête comprendre que l’espoir n’était plus de la partie. Elle soupira et se coupa les lèvres avec ses dents. Elles claquaient tellement fort qu’elle était certaine que le roi l’entendait de là où il se tenait et devait bien rire. Elle leva les yeux sur les étoiles et pensa à Ylio. Il croyait en elle, bien plus qu’elle. Elle posa ses doigts affreusement bleus sur ses lèvres qui devaient bien avoir la même couleur. Elle se rappelait la chaleur et le goût du sel marin. Elle aurait dû en redemander un peu plus finalement.

Elle cessa de battre des pieds et des bras. Quitte à mourir autant le faire dignement. Elle lança un dernier regard à la cavalerie sur le sable. Ils semblaient l’avoir vue, eux aussi. Elle sentit l’eau toucher rapidement son cou, ses lèvres, son nez et le front. Elle se laissa ensuite guider dans l’eau froide. Son corps manqua rapidement d’air et la panique prit naturellement place dans son esprit, mais elle la repoussa. Elle garda les yeux fermés et pensa à toutes les richesses qu’elle aurait pu avoir.

Elle sentit rapidement la pression sur son corps et ses oreilles siffler. Elle se doutait qu’elle devait arriver au fond et faire face au point de non-retour. Elle s’imagina facilement glisser dans un endroit chaud et faire face à Ylio qui l’attendrait. Il lui offrirait son plus beau sourire et lui tendrait la main.

Puis, quelque chose la tira de son rêve, la chaleur resta et envahit son corps entier. Elle se laissa glisser en dehors de l’eau et oublia cette sensation de chaleur qui la quittait rapidement alors que son corps heurtait quelque chose de dur.

Quelqu’un l’avait sortie de l’eau, mais elle refusa de respirer ou du moins, quelque chose l’empêchait de remplir ses poumons d’air frais. Elle se laissa retomber dans l’inconscience de ses rêves chaleureux. Le froid resta, mais elle était certaine que les bras d’Ylio la réchaufferaient. Puis, une pression immense s’empara de son abdomen. Elle se redressa et recracha une quantité d’eau. Elle toussa et serra les mains. Elle respira malgré elle une quantité d’air. Elle resta à quatre pattes à respirer l’air glacial qui lui brulait les narines et faisait trembler son corps entier.

— Le suicide, une mort tragique pour une pauvre personne.

Elle releva la tête, la haine s’empara d’elle. La jeune femme en armure semblait amusée.

— Je ne me rappelle pas t’avoir demandé ton avis, cracha Laverna en grelottant de tous ses membres.

La jeune femme s’avança d’un pas déterminé et Laverna tenta de se redresser, mais quelque chose de lourd se posa sur son dos. Elle faillit s’écrouler sur le sol, mais se rattrapa de justesse.

— On rentre.

Les deux soldats la redressaient sur ses deux jambes tremblantes. Le roi partait déjà, aussi trempé qu’elle. Sa tunique bleue lui collait à la peau et ses cheveux retombaient lamentablement sur sa nuque. Laverna grimaça alors que les deux soldats la tenaient à chaque bras. Elle ne riposta pas et commença à avancer sur la route pavée qui devait mener au palais.

Personne ne parla durant la route. Laverna reniflait de temps à autre et continuait de claquer des dents. Elle garda la tête haute le long du chemin et tenta de mémoriser chaque route qui pouvait rejoindre le port à quelques mètres du palais.

— Tu n’aurais pas dû faire ça Laverna, tu ne te rends pas compte de la dangerosité, s’emballa Héra qui avançait aux côtés du soldat aux cheveux longs. C’est Liamos qui te l’a ordonné ? Les deux soldats serraient les deux bras de Laverna à la prononciation simple de ce prénom. Ou tu t’es simplement dit que voler cette couronne pourrait sier à la perfection avec une de tes robes volées ?

Laverna resta murée dans son silence.

— J’essaie de t’aider ! plaida Héra. Aide-moi.

Laverna finit par se tourner vers elle, la colère avait remplacé le vide qu’elle avait depuis son échec à mourir au fond de l’océan.

— Tu es partie avec ces monstres, Héra. Tu m’as abandonnée, mentit et pour couronner le tout, tu veux une seule attention de ma part ? Je ne suis pas Ylio. Tu as suivi ton chemin sans même me demander mon avis ou avoir eu la décence de me dire la vérité, ou simplement de me regarder. Non, tu es partie vivre une petite vie bien riche et en abandonnant celle qui t’a nourri depuis l’âge de cinq ans. Tu devrais avoir honte.

Elle renifla pour conclure sa colère qui commençait à la faire trembler à la place du vent. Pour qui se prenait-elle ? Elle n’avait besoin de personne pour se débrouiller. Elle savait le faire seule.

Laverna sentit le regard d’Héra sur elle.

— Tu pourrais comprendre.

— Mais tais-toi, hurla Laverna.

Le roi se retourna et la jeune femme ricana et glissa un mot au roi qui haussa les épaules.

Laverna fit un pas rapide en avant, mais fut rattrapée en arrière par les deux soldats. Elle se tourna vers Apollo.

— J’essaie de conclure la discussion.

Il leva les yeux au ciel, mais fit un pas en avant et l’autre fut obligé de suivre. Elle prit la décision d’avancer plus vite et les soldats suivirent sa cadence. Ils rattrapèrent le roi et ce qui devait être sa fiancée. Le roi jeta un coup d’œil derrière son épaule sentant leur présence.

— On ira décider de ton sort à la salle du trône, dit-il d’une voix râpeuse.

Il renifla sans élégance.

— Tu mérites la mort, pesta la jeune femme.

Laverna pouffa.

— Si je la méritai, le roi m’aurait laissé couler au fond de l’océan, conclut-elle.

Le roi ne répondit pas, mais finit par se tourner vers elle. Le défi flottait dans son regard.

— Non, je suis sûr que les habitants seront heureux de retrouver tout ce que tu leur as volé. Je suis sûr qu’après ça, tu pourras y retourner.

Laverna haussa les sourcils et ne se laissa pas démonter.

— Je peux vider mes poches maintenant, ça nous évitera toutes les politesses du monde.

Le roi eut un sourire qui sembla le surprendre lui-même, il passa sa langue sur sa lèvre inférieure.

Elle semblait prise au piège. Il s’arrêta et Laverna le percuta de plein fouet. Les deux soldats la reculèrent aussitôt. Le lourd manteau glissa de ses épaules.

— Vide tes poches.

Il ordonna d’un simple regard aux soldats de la lâcher.

— Ne cherche même pas à t’enfuir, siffla le soldat aux cheveux longs.

— Je pense qu’elle a compris Diagon, souligna Apollo. Elle n’aura jamais assez de force pour ça.

— Enfin un prénom, se moqua Laverna.

— Tes poches, insista le roi.

Elle soupira et fourra sa main dans la poche gauche, la même que Diagon avait fouillée. Elle laissa tomber d’autres bijoux et des pièces en or et en cuivre. Elle fit de même avec l’autre. Elle fourra sa main dans son corset et renversa d’autres bijoux en laissant de côté la broche. Elle fouilla dans ses cheveux qu’elle avait attachés sur le sommet de sa tête et fit glisser un long pendentif. Elle se baissa et retira d’autres reliques de ses deux bottes. Elle se releva et sa perruque pendit dangereusement dans son dos.

Diagon tira violemment dessus. Elle hurla de douleur et portait une main sur sa tête. Le vent souleva quelques mèches enfin libres sous cette couche de cheveux artificiels. Elle mourait d’envie de dénouer ses cheveux.

— Non, mais ça ne va pas ? Ça fait un mal de chien, abruti !

Il haussa les sourcils à son encontre et la perruque prit feu dans ses mains. Elle sentit sa bouche s’ouvrir de stupéfaction. Toute trace de liberté pour reprendre son rôle d’Ipolite prit fin avec les cheveux.

— Vous savez combien ce truc m’a coûté ?

— Non, répondit Diagon qui prenait enfin la parole alors qu’il lâchait les dernières mèches de cheveux.

— Moi non plus, mais quand même ! s’indigna-t-elle.

— Est-ce qu’on pourrait revenir sur ta pendaison ? demanda la jeune femme.

Laverna la toisa de toute sa hauteur et finit par hausser les épaules.

— Tu n’as aucun pouvoir Éva, saccada Héra d’une voix abrupte.

— Parce que toi oui ? demanda-t-elle en haussant les sourcils.

— Je suis de sang royal, affirma Héra.

Elle se tourna vers le roi.

— Je me tiens garante d’elle.

— J’ai le droit de refuser ? intervint aussitôt Laverna. Cette femme n’est pas digne de confiance.

Héra fit claquer sa langue et lui lança un long regard, ce même regard quand Laverna préférait une nouvelle robe qu’un pain entier.

— Je vais me tenir garant moi-même, conclut le roi.

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