Chapitre 16

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Elle le regarda partir, curieuse. Il avait dû se passer quelque chose d’intéressant. Et elle avait envie d’aller voir. Elle se leva, mais Apollo se dressait sur son chemin.

— Ta robe a été vendue.

Elle écarquilla les yeux.

— Quoi ? s’écria-t-elle.

Son air boudeur fit rire Apollo.

— Tu vas pleurer ?

— Oui, je vais pleurer ! s’indigna-t-elle. Cette robe était faite pour moi !

— Visiblement non.

Elle ouvrit la bouche et la ferma aussitôt.

— Tu veux un mouchoir, peut-être ?

Il s’avançait déjà vers elle, les bras ouverts. Elle roula sur les côtés.

— Ta gueule.

Il parut étonné, mais éclata à nouveau de rire.

— Comment tu parles à un roi !

— Futur roi, il y a une différence, chantonna-t-elle alors qu’elle partait rejoindre le palais.

Il la rattrapa par le bras et la força à s’arrêter.

— Quoi, tu comptes porter respect à Mercure et Diagon ?

Elle hocha la tête.

— Diagon me fait peur, avoua-t-elle en grimaçant.

Ses yeux brillaient d’amusement.

— Je veux voir sa tête quand il saura ça !

Elle écarquilla les yeux.

— Il ne le saura pas !

Il lui lança un long regard qui lui prouvait le contraire. Elle faillit lui sauter dessus et tout se serait conclu à une course-poursuite. Elle le faisait toujours vers Ylio, mais Apollo n’était pas Ylio.

— Tu es immature, Apollo. Je suis sûr que les rois ne sont pas immatures.

Il feignit d’être touché par ses paroles, il toucha son cœur.

— Mes excuses, Madame.

Elle leva les yeux au ciel et fit demi-tour. Elle sursauta et fit un pas en arrière quand quelque chose de gluant la frappa de plein fouet. Elle s’écria malgré elle et son corps prit sa position. Elle repoussa la chose gluante qu’elle prit pour de l’œuf. Elle s’avança d’un pas sans même voir le danger. C’était comme ça qu’elle l’avait appris. Le soldat montrait leur force par le début du combat, et donnait un signe de dominance. Elle aperçut un soldat planté devant elle, le même soldat qui l’avait attaqué avec l’ombre dorée. Il s’avança d’un pas déterminé, elle fit de même sauf qu’elle ne s’arrêta pas. Elle lui fonça dessus et porta une main à son sabre. Son corps se tendit. Elle ne portait pas son sabre. Le soldat profita de son moment d’égarement pour la toucher en plein abdomen. Elle gémit de douleur. Elle recula d’un pas et lui mit son point à la figure. Elle le toucha à la joue. Il se redressa aussitôt comme si le coup ne l’avait même pas touché. Elle roula sur elle-même et prit la plume en or dans sa poche. Elle la serra entre ses mains et la planta dans l’arrière de son genou. Il hurla de douleur et trébucha sur le côté. Il ne fut pas assez blessé pour arrêter le combat, il tourna sur lui-même et lui planta son pied sur sa joue. Elle tomba à la renverse. Le coup l’avait presque assommé. Elle jura et se redressa doucement. Le visage du soldat était plein d’amusement. Ses cheveux blancs tressés tombaient en mèche rebelle sur son grand front. Il n’était même pas essoufflé alors qu’elle était à bout de souffle et que son visage lui faisait un mal de chien. Elle se releva les poings serrés, prête à y retourner.

Elle s’avança, mais il resta debout sans bouger. Il claqua des mains, l’écho se fit entendre dans la grande place. Personne n’osait bouger ni parler. Les passants choqués les regardaient s’affronter sans bouger.

Laverna fit un pas en arrière sentant que le pouvoir des dieux allait l’engloutir. Elle avait raison, quelque chose vibra sous ses pieds. Elle baissa la tête pour regarder le sol.

— Laverna !

Elle leva la tête, le soldat se jeta sur elle sans pitié. Surprise, elle resta plantée sur place en attendant le coup fatal.

Le soldat fut aussitôt projeté dans les airs. Il hurla puis finit sa chute sur un mur en brique. Laverna laissa échapper un soupir en sentant son corps se tétaniser.

Elle tourna la tête, Apollo se débattait avec un autre groupe de soldats. Il donna un coup de pied à celui qui le tenait à gauche. Le soldat s’écroula en hurlant suivi d’un craquement sonore. Apollo l’assomma en un coup de pied violent. Il se retourna et prit son élan pour faire chuter l’autre. Laverna fulminait. La douleur était tenace et quelque chose la dévorait de l’intérieur qu’elle prit comme de la honte. Elle finit par pousser les passants encore interloqués, pour rejoindre le palais.

— On ne veut pas d’une humaine comme soldat.

Elle jeta un coup d’œil derrière son épaule et finit par l’ignorer. Elle savait essuyer les défaites et surtout ne pas commencer un combat perdu d’avance. Elle rattrapa aussitôt le centre-ville et aperçut au loin le palais qui n’attendait qu’elle.

Elle essuya du revers de sa main le sang qui coulait sa joue et le reste d’œuf. Elle sentait sa joue chauffée et la douleur accroitre. Elle s’était retrouvée un instant sonnée. Elle jura mentalement. Ce soldat, tous les soldats de ce continent étaient doués et dotés de magie, alors que ceux de l’île servaient de décoration. Ils ne savaient pas se battre et encore moins se défendre. Elle avait perdu son temps à les regarder se battre comme des enfants. Elle se sentait stupide et en colère.

Elle entendit des pas derrière elle. Elle accéléra le pas. Elle arriva rapidement devant le palais, passa le grand portail puis la grande porte. Elle dépassa les deux soldats et monta l’escalier en vitesse. La colère la forçait à aller plus vite et se rendre au plus vite à l’abri, même si elle doutait qu’une porte en bois puisse la protéger.

Elle arriva finalement au couloir qui menait à chambre, elle s’y enferma aussitôt. Elle ferma les yeux et prit une longue inspiration en sentant son cœur battre comme il n’avait jamais battu. Non, il avait battu de cette même façon quand on avait failli lui couper les mains. Quand elle s’était sentie dans un danger mortel et faible. Elle avança et fit couler l’eau dans la baignoire. Héra avait finalement raison. Elle était faible et irréfléchie. Elle ferma les yeux. Sa pauvre île lui manquait et tous ses gens normaux aussi, et surtout Ylio. Elle avait visé trop haut, son audace ne pouvait égaler les pouvoirs des nouveaux dieux.

Elle s’approcha pour se regarder dans le miroir. Sa joue était rose avec d’autres nuances violettes. Elle posa son doigt et essuya le sang qui commençait déjà à créer une croute qui lui laisserait sûrement une fine cicatrice. Elle repoussa les cheveux collés sur sa blessure. Il s’en était pris à elle parce qu’elle était humaine. Elle eut un rire sans joie. Ils étaient bien plus pitoyables qu’elle ne l’aurait cru.

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