Chapitre 17

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Laverna s’était levée tôt et avec une immense faim. Elle avait surpris Annette lui proposer de lui servir à manger dans sa chambre, elle accepta gracieusement et s’empiffra aussitôt. La nuit avait été paisible. Elle s’était malgré tout endormie comme un bébé et son sommeil avait été réparateur. Peut-être que le comportement des soldats lui importait peu, non, il lui était égal. Elle se lécha les doigts pleins de miel et sortit de sa chambre.

Un calme froid trainait dans le couloir. Elle descendit l’escalier et s’aventura dans le palais sous le regard des soldats, qu’elle ne manqua pas de saluer d’un sourire chaleureux.

Elle finit par se trouver dans un couloir qu’elle ne connaissait pas. Elle s’y aventura malgré elle, prête à vivre d’autres aventures et sûrement tomber sur quelque chose d’important comme un trésor, mais surtout tomber sur Atlas. Elle tomba sur un autre de ces immenses halls. Le plafond vouté l’impressionna par ses vitraux colorés, mais elle fut vite attirée par la porte double battante. Elle ouvrit la porte et la ferma derrière elle. Elle siffla d’admiration. Des étagères se dressaient à perte de vue. Elle s’approcha et descendit quelques pas pour s’aventurer au milieu de la pièce circulaire. Des livres par milliers prenaient la poussière fièrement. Elle toucha du bout des doigts les reliures en cuir. Si elle savait lire, elle était certaine qu’elle vivrait ici. Elle s’aventura dans les entrailles de la bibliothèque qui semblaient plus profondes qu’elle ne l’aurait cru. Les torches suspendues éclairaient toute la bibliothèque dans son ensemble, même entre les petites et étroites rangées. Elle s’aventura dans l’une d’elles et prit un livre au hasard. Les lettres lui semblaient fades et sans buts. Elle soupira et referma le livre sans digne d’intérêt pour elle.

— Et l’humaine ?

— Elle finira par partir, siffla une voix qui semblait appartenir à Atlas.

Elle fit un pas en arrière et se baissa pour se faire plus petite.

— Comment en être sûr ? souffla une voix étrangère.

— Parce qu’elle est humaine. Personne ici n’aime les humains. Ils finiront par la chasser eux-mêmes et le roi sera obligé de se plier à leur condition.

Il se passa un long silence.

— La prochaine réunion ?

Atlas soupira.

— Je pense que le roi se laissera charmer par cette humaine, siffla-t-il, encore un peu et elle pourra lui soutirer plus d’or qu’il lui en a déjà proposé.

— Mercure est un roi réfléchi, scanda l’interlocuteur.

Atlas rit.

— Le roi est inconscient et aussi irréfléchi que cette humaine qui eut l’idée de lui voler sa couronne. Le roi est cupide et je réussirais à le mener à sa perte. Je monterais sur le trône et le royaume sera à mes pieds.

— La réunion, pressa la voix.

Atlas rit encore une fois.

— Personne ne vient ici, détendez-vous. Il marqua une pause et Laverna sut qu’il se déplaçait.

Elle se releva et s’avança doucement. Elle jeta un coup d’œil vers eux, ils prenaient le chemin de la sortie.

— La réunion se tiendra à la tour de l’horloge.

Laverna les regarda quitter l’immense bibliothèque. Elle se laissa tomber contre la bibliothèque qui grinça sous son poids.

Elle trouvait tout à coup la mission futile et facile.

Elle se perdit trois fois, et elle l’était toujours. Son sens de l’orientation lui faisait défaut pour la première fois depuis des années. Elle ne trouvait plus ce stupide escalier. Elle jura et posa un genou sur le sol. Elle devait garder l’esprit libre, mais Atlas refaisait toujours surface.

Elle finit par se relever et jeter un coup d’œil à l’une des immenses fenêtres. Elle montrait l’infini de l’océan. Elle était plus haut qu’elle ne l’avait imaginé. Elle quitta la fenêtre. Elle avait cru que cette dernière l’aiderait à trouver son chemin ou simplement sortir par la fenêtre. Elle soupira et finit par courir à travers un autre immense couloir. Elle déboucha dans un autre couloir. Elle jura.

— Combien ce palais a-t-il de couloirs ? s’énerva-t-elle.

Elle s’avança malgré tout. La fatigue tirait ses jambes et un mal de tête comprimait son esprit et elle n’osait même pas parler de sa joue qui avait enflé dans la nuit. Un bleu s’était formé et laissait des nuances de violet et de roses.

Elle arriva enfin devant le hall au plafond vouté, elle faillit pleurer. Elle quitta le hall pour rejoindre le hall principal. Elle était en sueur et son corps entier lui pesait.

— Laverna.

— Je n’ai pas le temps, Héra, je dois parler au roi, s’énerva-t-elle. Il est où d’ailleurs ?

— Là.

Elle sentit le soulagement de partir à sa recherche s’estomper.

— Je dois vous parler, dit-elle, sérieusement.

— Moi aussi.

Il la dépassa et prit le chemin de son bureau. Ils passèrent par l’immense couloir plongé dans le soleil de l’après-midi. Laverna se laissa tomber sur sa chaise manquant de tomber en arrière. Elle savoura les rayons du soleil sur son visage meurtri.

— À la tour de l’horloge, dit-elle fièrement.

Il releva la tête alors qu’il prenait place sur son fauteuil.

Voyant son regard interrogateur et sa mine fatiguée, elle prit de nouveau la parole en levant les yeux au ciel.

— Atlas l’affirme, il n’y a même pas trente minutes ou plus, il veut votre place et sera en réunion à la tour de l’horloge, affirma-t-elle en étirant ses deux jambes sur la chaise voisine.

Les traits de Mercure se tendirent. Sa révélation lui faisait de l’effet. Il prit une longue inspiration et se pencha pour lui parler.

— Comment le savez-vous ? chuchota-t-il.

Laverna regarda autour d’elle. Il n’y avait personne d’autre qu’eux. Elle posa son regard sur le roi, ce même regard brulant de défis et peut-être même un regard dangereux qui lui donnait envie de reculer.

Elle s’humidifia les lèvres.

— Je suis allée dans la bibliothèque, magnifique en passant, raconta-t-elle, il est arrivé et je l’ai simplement attendu parler avec un autre homme. Sûrement à un autre conseiller. Il a avoué qu’il voulait votre place et que la prochaine réunion se tiendrait à la tour de l’horloge, répéta-t-elle.

Mercure plissa les yeux sur un point fixe.

Il leva brusquement en renversant sa chaise. Elle le suivit et lui barra la route, il s’arrêta au dernier moment. Sa respiration semblait rapide et la colère peignait rapidement ses traits. Ses yeux verts si semblables aux champs ressemblaient maintenant à l’eau croupie de la mer.

— Attendez, vous ne trouvez pas sa louche ?

Il haussa les sourcils.

— Non.

— C’est trop facile ! s’étonna-t-elle. Même pour moi ! Je n’ai jamais rempli les missions de Liamos aussi vite. C’est comme s’il m’attendait !

Il secoua la tête.

— Atlas n’est pas assez intelligent pour ça.

— C’est un homme rusé, rectifia-t-elle, on a tous pensé la même chose à propos de Liamos et regardez le résultat.

Il perdait patience devant elle, la colère semblait le faire trembler. Elle posa sa main sur son bras. Une étrange sensation la fit frissonner et elle retira sa main aussitôt, la peur la dévorait. Il n’avait pas tort, elle avait peur d’eux. Leur pouvoir la dépassait.

Elle avala difficilement sa salive, mais Mercure quittait déjà le bureau.

— Je n’ai pas le temps Laverna, dit-il dans le couloir, je ne laisserais personne renverser mon trône.

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