Chapitre 19 1/3

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Laverna n’avait jamais pris autant de plaisir qu’aujourd’hui. Elle pouvait s’autoriser à rentrer dans les boutiques et essayer tout ce qui lui passait sous la main. Avec autant d’effort, elle ne parvenait toujours pas à dépenser tout l’or qu’elle possédait.

Elle rentra au palais les bras chargés de sacs et le sourire aux lèvres. La voleuse vida leur contenu sur le sol impeccable de sa chambre en chantonnant. Posséder autant de choses faisait battre son cœur d’excitation.

On frappa à la porte alors qu’elle rangeait une robe noire dans son armoire, déçue de ne pas avoir retrouvé la robe de ses rêves.

Laverna grimaça et alla ouvrir la porte.

— Oh non !

Elle claqua aussitôt la porte et reprit son rangement. Sa dernière robe rentra avec difficulté dans l’armoire.

Héra entrait au même moment.

— Je ne suis pas là, lâcha Laverna en fermant la porte de l’armoire qui semblait ne pas vouloir fermer.

Elle jura et claqua la porte qui resta ouverte.

— À cette heure, Ylio doit avoir reçu ton message.

Laverna ne put s’empêcher de sourire comme une enfant. Le rejoindre au plus vite était l’une de ses choses à faire en plus de dévaliser le royaume.

— Il se passe quelque chose entre vous ? demanda Héra en regardant les bijoux étalés sur le sol.

— Je n’ai pas le temps, assura Laverna en ramassant chaque bijou pour les déposer sur la coiffeuse.

La voleuse avait vêtu des bagues différentes à chaque doigt. Le nouveau dieu ne bougea pas et l’humaine perdit patience.

— Nous ne sommes plus amis Héra et visiblement nous n’avons plus rien à se dire.

Laverna examina ses ongles. La peinture de ses ongles s’était totalement écaillée, après des heures passées dans son bain.

— Écoute…, commença Héra.

— Vous faites de la peinture pour ongles ? coupa-t-elle.

— Quoi ?

Elle lui montra ses doigts.

— Ça ?

Héra parut offusquée et soupira.

— Du vernis ?

Les yeux de Laverna brillèrent d’excitation.

— Vernis, répéta-t-elle. Génial !

Elle récupéra son manteau et l’enfila à la hâte. Elle ouvrit la porte, Héra sur ses talons. Diagon se tenait devant eux, prêt à frapper à la porte.

— Vous ne pouvez pas me laisser seule, deux minutes ? Vous faisiez comment avant que je n’arrive ?

Le soldat leva les yeux au ciel alors que l’humaine le dépassa pour rejoindre le couloir.

— Je dois te parler, dit-il en lui courant après.

Elle soupira bruyamment.

— La peinture pour ongles m’attend !

— Quoi ? demanda-t-il, perdu.

— Laisse tomber.

Il la retint par le bras.

— On a besoin de toi pour découvrir qui était l’interlocuteur d’Atlas.

Elle s’arrêta et pouffa.

— Vous ne l’avez toujours pas ? Il n’a pas encore fini de réfléchir ?

— Non.

Ils restèrent plantés dans le couloir. Héra arrivait à peine.

Laverna finit par le suivre dans les couloirs vides et froids du palais.

— Je ne pense pas que ce soit utile, lança-t-elle, ils sont tous coupables.

— Certains se sont fait influencer, dit Diagon.

— C’est ce qu’ils disent, dit-elle, amusée. Laissez-les réfléchir en prison, vous verrez que ce sera plus simple.

— Une humaine avec des idéaux.

Elle se figea aussitôt et fit aussitôt un pas sur le côté pour se cacher derrière Diagon.

Héra se pencha pour lui chuchoter à l’oreille.

— Voilà pourquoi je voulais te voir, idiote.

Elle lui donna un coup dans le tibia. Héra étouffa un cri.

— Je te rappelle que c’est ta faute, chuchota Laverna, ta faute à toi, nouveau dieu.

Un rire familier lui fit serrer les poings et la peur remonta dans sa gorge. Son corps entier était sous tension.

— Vous savez que je vous entends, intervint-il.

Laverna prit sur elle pour se montrer, tout en restant derrière Diagon.

— Salut.

L’homme ricana et la colère inonda son visage de nouveau dieu.

— Salut ? Tu me sembles bien plus petite ici, Laverna.

Diagon fronça les sourcils et Mercure apparut derrière l’homme. La moitié des soldats quittèrent leurs regards fermés pour les regarder tous les deux.

— C’est la faute d’Héra, protesta Laverna en la pointant du doigt.

La voleuse sentit aussitôt la présence terrifiante d’Héra grossir. La dernière fois qu’elles s’étaient accusées de la sorte devant cet homme, elles s’étaient battues et étaient venues à ne plus se parler et laisser Ylio faire la navette.

— Ma faute ? Tu étais dans le coup.

— Tu es la cousine du roi, marmonna l’humaine, il ne peut pas te tuer. Chacun pour soi.

Héra la bouscula et Laverna fut obligée de faire un pas en avant. Elle resta stoïque devant l’homme qui la dépassait de trois têtes. Un sourire espiègle étira ses lèvres pour dissimuler sa peur face à l’ennemi. Laverna se souvint avoir mené ce nouveau dieu à la baguette et qu’elle avait volé de nombreuses fois, jusqu’à le ruiner. Par sa faute, il avait dû arrêter ses affaires sur l’île pour rentrer chez lui.

Elle l’avait berné en beauté.

— Comme c’est surprenant de te voir ici, susurra-t-il.

— Comment allez-vous depuis le temps ?

Il grimaça.

— Bien.

— Et votre femme ?

Un long silence tendu prit place dans la salle, un silence dans lequel Laverna sentit son corps se tendre. Elle était certaine qu’il ne pouvait pas lui faire du mal. Mercure était le roi, et elle travaillait pour lui.

L’homme finit par éclater de rire.

— J’avais oublié votre culot, Laverna. Votre façon de vivre votre vie si simplement, et surtout de vous mêler de ce qui n’est pas vos affaires, claqua-t-il.

— J’étais là au mauvais moment. Et pour ma défense, dit-elle à l’attention du roi, c’était l’idée d’Héra.

L’homme ricana.

— Mais vous êtes intelligente, Laverna, assez pour savoir à qui vous mesurer. Vous avez peur de nous, ne mentez pas. On peut le voir dans votre regard et j’ai pu vous observer depuis votre arrivée. Vous êtes intelligente, mais tellement faible. Vous vous cachez derrière des paroles amusantes, mais vous savez qu’à une simple erreur de votre part vous êtes morte.

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