Chapitre 19 2/3

4 minutes de lecture

Il n’avait pas tort, tout ce que cet homme disait était vrai. Elle n’était pas à l’aise ici. C’était pourquoi elle désirait rentrer sur l’île au plus vite. Et comme il l’avait dit, elle était intelligente et sa façon de réfléchir était parfois stupide et cruelle. Mais le roi l’avait rassuré, bien plus qu’il ne l’aurait dû. Seuls les soldats avaient peur d’elle, pas le reste des habitants. La voleuse pouvait continuer de se pavaner dans les rues et y dépenser tout son argent, elle userait tout l’argent qu’on lui donnerait sans même poser un genou à terre. Puis, elle rentrerait avec tout l’argent que Mercure lui donnerait à nouveau. La grande Laverna poserait les pieds sur l’île avec la fortune de Liamos et une partie de celle du royaume. Elle deviendrait cette légende adulée et ne penserait pas aux conséquences de ses actes. Elle restait et resterait une humaine fragile, irréfléchie, mais intelligente. Et cette humaine allait mener les nobles à la baguette.

— Alors, votre femme ?

L’homme eut un sourire.

— Toujours aussi irréfléchie, même la mort ne vous fait pas peur, Laverna ?

Ce fut à son tour d’éclater de rire.

— Vous pensez réellement que la mort fait peur aux humains ? Elle fit claquer sa langue. Il n’y a qu’à vous les rois que la mort fait peur. Nous, nous la côtoyons tous les jours comme une vieille amie.

Il la toisa du regard, une lueur menaçante éclairait son regard brut.

Ce fut Mercure qui brisa le silence et fit un pas en avant, aussitôt la pièce fut remplie de sa présence. Il ne semblait même pas affecté par leur discussion.

— Vous vous rappelez de la voix ? lui demanda-t-il.

— Bien sûr.

Elle découvrit une autre facette du palais. Une facette sombre et humide. Plus ils s’enfonçaient, plus la lumière manquait, les obligeant à allumer des torches. Laverna resta derrière Diagon, Héra à ses côtés. Personne ne parlait. La voleuse ne cessait de frissonner malgré son manteau. Quelque chose de surnaturel semblait s’être approprié de l’endroit. Le couloir s’étendait de plus en plus sans la moindre lumière. Les ombres des soldats se reflétaient sur les murs gris et humides. Puis, vient l’odeur nauséabonde d’humidité et de moisissure. De l’eau croupie s’étendait sur le sol et avait créé de petites crevasses autant sur le sol que sur les murs.

Ils s’arrêtèrent devant une porte. Mercure sortit une énorme clé et l’inséra dans la serrure. Un écho énorme résonna dans le couloir alors que le roi ouvrait la porte. Ils débouchèrent dans un autre couloir, cette fois-ci illuminé de torches. Laverna fut étonnée de découvrir des milliers de cachots enterrés dans la pierre humide et odorante.

L’humaine sentit sa peau se couvrir de chair de poule. Cet endroit ne lui plaisait pas du tout. Quelque chose attira son attention à sa droite. Un cachot rouillé s’y trouvait. L’obscurité ne lui disait pas si un prisonnier s’y trouvait. Elle avala difficilement sa salive et finit par suivre le groupe.

— Tu vas bien ? chuchota Héra.

— Cet endroit ne me dit rien qui vaille.

— Sûrement parce que c’est notre juste place, répondit-elle.

Laverna fronça les sourcils et se tourna vers elle pour l’interroger du regard.

— Nous avons tellement volé et ruiné tant de personnes, dont la famille de ce seigneur…

— Cet homme est un seigneur ? s’affola la voleuse. Si j’avais su… On aurait pu aller plus loin !

Héra lui fit les gros yeux.

— Imagine un peu sa tête quand il a découvert que j’étais la cousine du roi. Elle s’esclaffa. Je lui ai dit que c’était ta faute, d’ailleurs.

Laverna s’étouffa alors qu’Héra avançait plus rapidement.

— Menteuse !

Héra lui lança un clin d’œil.

— C’est mon rôle ça, pas le tien ! s’énerva-t-elle.

Le nouveau dieu ne lui répondit pas et suivit le reste du groupe devant un cachot.

Une faible lumière brillait dans le grand cachot. Cinq hommes y étaient assis. Laverna reconnut aussitôt Atlas assit fièrement à terre. Sa posture était peut-être fière, mais les traits de son visage étaient fatigués. Il leva aussitôt les yeux sur elle, une lueur menaçante y brillait.

— C’est moi qui suis enfermé ? s’indigna-t-il.

Un autre homme ricana.

— Une putain d’humaine.

Laverna sourit.

— On se connait, non ?

Le roi leva les yeux vers elle, mais ce n’était pas l’homme qu’elle avait entendu parler dans la bibliothèque.

— Tu m’as volé ma valise, cracha-t-il.

Elle ricana.

— C’est vrai, rien d’intéressant. Je vous l’ai rendue.

— Sans mon argent, répondit-il en serrant les dents.

— C’est des choses qui arrivent.

— Taisez-vous, ordonna Mercure, impatient.

Ils obéirent tous les deux.

Laverna était certaine qu’elle tomberait sur la plupart de ses victimes, mais des conseillers ? La voleuse ne l’avait pas vu venir. Même si elle l’avait su, elle ne s’en serait pas privée. Mais aujourd’hui, elle partageait leur air à des kilomètres de la sortie de cette foutue prison ce qui la rendit mal à l’aise. Ces hommes étaient pleins de pouvoirs et pouvaient la tuer en un rien de temps. Quelque chose fusa dans son esprit. Bon nombre d’humains et bâtards les avaient volés, mais jamais les nouveaux dieux n’avaient utilisé leur pouvoir sur eux pour se venger. Jamais. Ils avaient donc l’interdiction d’utiliser leur pouvoir sur eux.

Laverna jeta un coup d’œil au seigneur qu’elle avait fait chanter pour de l’or et de la nourriture. Il n’avait jamais osé se servir de ses pouvoirs, ce qui les rendait à ses yeux comme de simples nobles pleins de richesses. Elle était douée sur l’île, mais ici, elle n’était rien d’autre qu’une faible humaine avare d’or.

Elle reporta son attention sur la cellule, sachant que Mercure avait les yeux posés sur elle. Il voulait savoir qui d’autre pouvait le trahir. Et la voleuse était certaine qu’ils l’avaient tous trahi, mais le roi restait campé sur sa décision.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire littexastronaut ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0