Chapitre 21

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La tempête dura deux semaines entières. Laverna n’avait pas d’autres choix de rester au palais. Et elle n’avait pas l’habitude de rester enfermée des jours entiers dans un endroit, et aussi grand que le palais pût être. Elle ne supportait plus d’être enfermée dans cet endroit. Elle voulait sortir et faire les boutiques, mais Diagon lui avait dit qu’elles étaient toutes fermées. La tempête avait forcé tout le royaume entier à vivre reclus chez eux, coincé chez eux entre quatre murs.

Laverna était finalement sortie et Diagon n’avait pas menti. Il n’y avait personne dehors. Elle s’était contentée d’arpenter le village et se dégourdir les jambes à la recherche de quelque chose à faire. Mais elle ne trouva rien du tout à faire.

Elle rentra tremper jusqu’aux os dans l’immense palais. Elle renifla sans élégance et retira son manteau détrempé. Elle grimaça en voyant qu’elle avait créé une énorme flaque sous ses pieds. Elle repoussa ses mèches collantes de son visage pour les rejeter derrière son épaule. Elle monta jusqu’à sa chambre d’un pas lent. Il n’y avait personne. Absolument personne. Elle soupira bruyamment. Elle était presque tentée de courir et parler avec Héra pour faire passer son ennui ou simplement faire passer le temps. Elle avait même cherché Diagon, mais ce dernier se lassait vite d’elle, elle avait essayé à maintes reprises de le faire rire, et la seule chose qu’elle avait déclenchée était un sourire qui avait duré deux secondes. Et elle n’osait même pas penser à Mercure qu’elle voyait en coup de vent. Bien trop occupé à faire son devoir de roi. Même Apollo n’était pas encore revenu de l’île, et c’était le seul avec qui elle pouvait rire.

Elle poussa la porte de sa chambre et lança son manteau à terre qui laissait un bruit sourd. Elle claqua la porte derrière elle et renifla encore une fois.

— Sortir par ce temps ?

Elle hurla prise sur le fait.

Apollo éclata aussitôt de rire. Elle se tourna vers lui, la main posée sur sa poitrine. Il se tenait assis sur la chaise de sa coiffeuse. Les cheveux encore humides, se tenant machinalement droit sur la chaise peu confortable.

— Si seulement j’avais pu immortaliser ce moment ! Je l’aurais regardé jusqu’à ma mort.

— Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?! J’ai eu peur.

Il éclata une nouvelle fois de rire.

— Le palais entier le sait. Il rejeta ses cheveux blancs sur le côté et ricana encore une fois. Ça brise l’image que j’ai de toi.

Elle fronça les sourcils en prenant une serviette pour essuyer ses cheveux trempés.

— Oh et quelle image tu te fais de moi ? demanda-t-elle en reniflant.

— De cette humaine sans peur et peut-être culottée, mais tellement grandiose.

Elle pouffa.

— C’est ridicule.

Il haussa les sourcils.

— Tu as l’audace d’un soldat et la beauté d’un nouveau dieu, crois-moi tu fais de l’effet.

Elle rejeta ses cheveux en arrière et lui renvoya un sourire radieux.

— Si tu veux m’épouser et faire de moi la reine de ton royaume, c’est maintenant.

Elle s’avança, ne quittant pas son sourire des lèvres et en battant les cils.

— Tu n’es pas pour moi, claqua-t-il d’une voix amusée.

Le sourire de Laverna s’estompa. Elle savait que malgré son air amusé, il cachait autre chose. Ses traits s’étaient tirés et quelque chose d’étrange flottait dans son regard.

Elle haussa les épaules et fit mine d’être déçue.

— Tu sais que je n’ai pas oublié la façon dont tu m’as fait la cour sur le bateau ? lança-t-elle.

Il bascula sa jambe pour l’étirer.

— Je te soupçonnais Laverna, dit-il simplement.

Elle leva les yeux au ciel.

— Avoue que ma beauté légendaire t’a tapé dans l’œil.

Il leva à son tour les yeux au ciel et se leva pour lui tendre son sabre.

Elle lâcha aussitôt la serviette et accourut vers lui. Elle prit l’arme lourde et le serra contre elle.

— Il m’a tellement manqué, couina-t-elle. J’en ai vraiment eu besoin, maugréa-t-elle.

— Et tu as manqué aussi à Ylio, siffla-t-il.

Elle lâcha aussitôt le sabre pour porter son attention à Apollo.

— Il a dit quoi ? s’écria-t-elle, au bord de la crise cardiaque.

— Il m’a pratiquement menacé quand je suis arrivé sur la terre ferme, il t’a cherché et a même eu du mal à me faire confiance. Mais il a fini par comprendre que je venais en ami. Il a pris l’or et m’a chargé de te dire de rester ici pour ta sécurité.

— Ma sécurité ?

Elle fronça les sourcils.

— C’est bien le seul endroit où je ne suis pas en sécurité, cracha-t-elle en grimaçant. Ce petit con n’est jamais satisfait.

— Tu penses que Liamos pourrait s’en prendre à toi ?

Elle s’esclaffa.

— Apollo, je ne suis peut-être personne ici, mais sur l’île, je suis la meilleure qui soit. Liamos ne peut pas s’en prendre à moi, je suis bien trop importante pour ça.

— Mais c’est moi qui ai donné la couronne, tu ne penses pas que cet homme a pensé que tu étais de mèche avec le roi.

— Je suis de mèche avec le roi.

Il fit claquer sa langue, visiblement, elle l’énervait.

— Laverna tu dois comprendre que si ton Ylio te met en garde ça n’est pas pour rien. Il marqua une pause et plissa les yeux. Tu ne me fais pas confiance.

Elle haussa un sourcil.

— Non, affirma-t-elle, je ne fais confiance à personne qu’à Ylio ou moi-même.

— Alors, crois-le, je suis sûr que Liamos veut te nuire d’une façon ou d’une autre.

— Je rentrerais sur l’île quand la tempête se calmera.

Il éclata d’un rire franc.

— C’est un avertissement des dieux.

Elle perdit patience.

— Vos dieux, pas les miens, je ne fais confiance qu’à mon instinct.

Il secoua la tête.

— Alors ta vie sera courte.

— J’ai bien l’attention qu’elle soit courte, répondit-elle.

Il sembla surpris par ses paroles et la dépassa pour quitter la chambre.

— Tes choix te mèneront à ta perte.

Elle eut un sourire amusé, qui sembla malgré tout lui plaire.

— Ça, je le sais déjà.

Il quitta la pièce et elle quitta aussitôt son sourire. Ils étaient tous stupides. Elle devait rentrer pour sa sécurité et aussi pour son moral. Son rêve de voler le royaume et vivre une vie parfaite ici s’effritait depuis des jours déjà. Elle n’était pas chez elle ici. Comment avait-elle pu croire qu’elle s’y plairait ? Les nouveaux dieux étaient dangereux et avaient un ego bien plus dimensionné que le sien. Leur pouvoir ne lui plaisait pas. Ce n’était pas un endroit qu’elle voulait comme maison ou un endroit qu’elle appellerait chez elle. C’était une bonne aventure, mais c’était la fin.

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