Chapitre 22

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La tempête se calma quelques jours plus tard. Laverna n’avait pas quitté son envie de partir et quitter ce fichu palais. Personne ne lui adressait la parole. Ils avaient passé la plupart de leur temps à venir la voir et lui parler sans lui laisser de temps libre. Et maintenant, elle s’ennuyait. Elle décida de vêtir sa nouvelle tunique bleue, un cadeau envoyé du conseiller qu’elle avait volé des années plutôt. Elle n’avait pu s’empêcher de rigoler en revoyant le malheureux chercher sa tunique. Elle tressa ses cheveux et les remonta sur le sommet de sa tête. Elle rangea ses derniers bagages et enfila son sabre. Elle finissait d’enfiler son manteau quand un coup lui fit relever la tête. Elle soupira et alla ouvrir la porte. Elle haussa un sourcil en voyant débarquer un des conseillers devant sa porte.

Il lui tendit une enveloppe d’un blanc éclatant.

— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle en prenant l’enveloppe dans ses mains, sur ses gardes.

Le conseiller prit une longue inspiration comme si lui parler lui demandait un effort considérable.

— Le roi souhaite que vous fassiez parvenir ce courrier au seigneur Pontos, situé dans le nord des terres.

Laverna fronça les sourcils. Déçue d’une telle mission. Elle soupira.

— Je suis supposée savoir où c’est ? demanda-t-elle en s’impatientant.

Les lèvres pleines du conseil se retroussèrent d’un sourire. Il fouilla dans ses poches et en sortie une boussole qu’il lui tendit aussitôt.

— Tenez-la droite devant vous et le chemin vous y sera indiqué, dit-il, vous le verrez comme un fil d’or, je suppose que c’est à votre portée ?

Elle leva les yeux au ciel.

— C’est ça ma dernière mission ? demanda-t-elle, surprise.

— Oui, affirma-t-il, et ne lisez pas la lettre ordre du roi.

Elle leva les yeux au ciel.

— Bonne journée.

Elle claqua la porte sans attendre la moindre réponse. Elle se laissa aller contre la porte en tentant de réfléchir. Elle devait simplement donner une stupide enveloppe, alors qu’il pouvait l’envoyer avec ses pouvoirs de dieu ? Il se moquait d’elle ? C’était certain. Elle fouilla dans l’un de ses sacs pour en tirer quelques affaires pour le voyage. Plus vite, cette stupide mission sera faite, et plus vite elle rentrerait botter le cul d’Ylio et chercher son or. Elle serra son sabre dans son fourreau et ferma la porte derrière elle.

Le conseiller n’avait pas menti. La boussole lui indiqua son chemin. Elle resta fascinée un long moment devant le fil d’or qui s’étendait devant elle. C’était presque facile, jusqu’à ce qu’elle soit obligée de marcher plus d’une heure. La fatigue tirait ses jambes et la ville n’en finissait pas. Ce royaume était-il infini ? Elle avait fini par abandonner son manteau dans la rue sans la moindre compassion. Les habitants la regardaient passer sans le moindre étonnement, elle avait caché ses cheveux sous un fin tissu d’un bleu nuit comparable à sa tunique. Elle voulait faire le chemin en sécurité. Elle ne voulait pas tomber sur un autre soldat qui la tuerait sur le champ pour un avertissement des dieux.

La ville prit finalement fin à son grand étonnement. Elle resta bouche bée sur la grande forêt qui s’étendait devant elle. Un chemin sinueux lui faisait face. Elle avait l’impression de rêver et d’être tombée dans une histoire de nymphes, ces mêmes histoires qu’une vieille femme et Térac aimaient raconter aux orphelins. Des histoires qu’elle connaissait par cœur.

Elle s’arrêta à la limite des pavés et de la terre et jeta un coup d’œil derrière elle. Elle allait encore une fois dans l’inconnue, sans protection cette fois-ci. Héra ou Mercure ne seraient plus là pour la protéger ou la rattraper. Elle allait devoir se fier à ses sens humains dans un monde de nouveau dieu.

La peur contracta son estomac, cette peur qui l’avait prise quand Liamos lui avait demandé de voler la couronne. Cette fois-ci, c’était différent, le seul danger potentiel était de se perdre ou tomber sur un soldat dangereux. Ses cheveux étaient cachés sous le tissu. Elle était certaine que dans ce genre de campagne, il y avait peu de chances de tomber sur un danger imminent. Elle prit une longue inspiration et posa un pied sur le chemin. Rien ne se passa, pas même un grondement de tonnerre ou une pluie de sang. Si les dieux avaient quelque chose à dire, ils l’auraient dit depuis son arrivée, or, ils avaient gardé le silence. Elle secoua la tête. Elle ne croyait pas aux Dieux. Elle leva la main pour faire apparaitre le fil d’or pour continuer son chemin.

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