Chapitre 28

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— Je devrais y aller seul, juste pour voir ce qu’ils avaient prévu.

Mercure sembla y réfléchir. Il se tourna finalement vers elle et tira sur le tissu qui cachait ses cheveux. Il retira l’épingle qui retenait la totalité de ses cheveux. Sa tresse retomba lourdement sur son dos.

— Je…

Il la coupa en retirant le haut de sa tunique. Laverna aperçut une bande de peau, elle jeta un coup d’œil alors qu’il lui donnait le haut de sa tunique. Elle battit des yeux et l’interrogea du regard. Il était vêtu d’un simple t-shirt alors que la température chutait.

— Je ne comprends pas.

— Il faut que les soldats ne se doutent de rien, dit-il, enfile ça. Ils ne verront pas tes blessures.

Elle retira son sac et le laissa aux pieds de Mercure. Elle enfila le tissu bien trop grand pour elle. Aussitôt, une odeur de savon et de pêche l’agaça presque. Elle releva sa tresse pour la faire passer par-dessus la tunique.

— D’accord.

Elle fit un pas en avant, mais Mercure la retint.

— Je serais juste derrière, promit-il.

Elle lui répondit d’un sourire et s’avança. Le long chemin menant à la porte fut bien plus fatigant que sa balade dans la ville du seigneur. Les soldats reconnurent aussitôt Laverna par ses cheveux noirs. Ils se redressèrent d’un coup et posèrent leurs mains sur le manche de leur sabre.

— Messieurs, commença-t-elle, je suis envoyé par le roi pour remettre une lettre au seigneur.

Ils tirèrent aussitôt leur sabre et Laverna tira aussitôt le sien.

Aussitôt, les soldats se courbèrent et rangèrent leurs sabres à une vitesse fascinante.

— Sa Majesté.

Mercure les examina quelques instants avant de prendre une longue inspiration.

— Je veux voir Pontos, commença-t-il, c’est un ordre.

Ils se courbèrent et ouvrirent la porte non sans se lancer un long regard.

Mercure la devança et passa la grande arcade en pierre d’un noir qui laissait Laverna surprise. Elle leva la tête collée à la beauté de la pierre, alors qu’elle passait à son tour la porte. Le soldat à sa droite bougea si vite qu’elle recula par instinct. La lame de son sabre fendit l’air plus vite qu’elle ne l’avait cru. Le sang gicla aussitôt et elle tomba à la renverse. Le sol dur fit trembler tous ses os et la douleur semblait minuscule face celle qui émanait de son cou, de sa poitrine et de son bras. La panique prit son corps entier. Elle saignait abondamment de toutes ses blessures. Elle toucha son cou d’où son sang coulait. Lui avait-il tranché la gorge d’un simple coup de lame ? Pourquoi avait-elle levé la tête ? Elle lui avait offert sa mort sur un plateau en argent.

Elle releva la tête alors que le soldat aussi vif qu’un éclair brandissait son sabre au-dessus d’elle. Une alarme se déclencha dans son corps entier. Elle leva son pied par instinct et l’abatis sur le sabre. Par chance que Laverna avait cru perdre, le soldat chancela. Il ne lâcha pas son sabre pour autant. Elle leva les yeux sur un second sabre sorti de nulle part, elle écarquilla les yeux alors que la lame transperça le soldat.

Son corps entier se détendit, elle commençait presque à ne plus rien ressentir. Elle prit une longue inspiration alors que la coupure semblait la déchirer de l’intérieur. Elle posa une main sur son cou une nouvelle fois. Si elle pouvait respirer, alors la blessure n’était pas si profonde qu’elle le pensait, mais le sang coulait si vite qu’elle savait qu’elle perdrait son sang avant même d’avoir fait le moindre mouvement.

Elle essaya de se redresser, mais son corps refusa le moindre mouvement. Elle ne pouvait pas le blâmer, elle l’avait fatigué et brutalisé toute la journée. Elle se demandait même comment elle pouvait encore avoir du sang dans ses veines.

Elle prit une longue inspiration pour reprendre le contrôle de son corps, mais ce dernier était en état de choc. Ce même état lorsqu’on avait failli lui couper les mains.

Elle commença à haleter. Respirer demandait plus d’efforts et le froid s’empara d’elle brutalement. Son corps entier tremblait, elle pouvait sentir ses dents claquer et lui couper la langue. Elle ferma les yeux, tentant de retrouver son calme. Mais son esprit comme son corps ne voulait rien savoir. Elle tentait un dernier effort pour lever sa main, mais cette dernière resta coller au sol maculé de sang.

Elle sentit des larmes de colère et de déception couler sur ses joues froides.

— Laverna, tout va bien.

La chaleur s’empara de son corps entier, son corps se détendait au prix d’un effort considérable. Deux mains semblaient se poser sur son cou, puis son bras et son abdomen. La chaleur qui émanait des deux mains semblait parcourir son corps à une vitesse fulgurante. Elle se sentit partir, l’esprit presque tranquille. Les deux mains quittèrent ses blessures pour se poser derrière sa tête et sous ses genoux. Elle se sentit soulevée du sol et atterrir contre quelque chose de dur et chaud. Elle avait l’impression de retrouver une ancienne sensation familière.

— Tout va bien.

Elle avait déjà vécu ce moment. Un sourire étira ses lèvres.

— Ylio ? murmura-t-elle, dans l’inconscience.

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