Chapitre 31

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Laverna leva les yeux et attendit. Mercure était le roi et il savait ô combien son pouvoir était immense. Au lieu de ça, elle entendit un gémissement de sa part.

« Une simple blessure peut nous nuire. », Apollo avait semblé rire mais visiblement ça n’été pas une blague.

— Ensuite, je tuerais l’humaine et brandirais sa tête sur le royaume entier et je la jetterais aux chiens et le peuple m’adulera pour avoir sauvé leur monde.

Elle tira doucement sur son sabre priant d’être aussi silencieuse. Elle lâcha doucement son geste et fouilla dans sa poche. La voleuse prit la broche qu’elle avait dérobée à Mercure des jours plutôt. La longue broche était lourde dans sa main et elle était certaine qu’elle était assez pointue pour blesser. Elle prit son courage à deux mains et s’approcha doucement des voix. C’était comme voler, voler demandait du silence et surtout une précision telle que ses mains devenaient invisibles. Elle était douce dans ses touchers et rapide dans ses gestes. Elle avait appris à être silencieuse et parfois invisible. Elle quitta doucement le chemin sablonneux pour marcher sur la terre humide qui camouflait ses pas.

Elle arriva à la rencontre du roi et de son conseiller. Mercure était agenouillé sur le chemin et Atlas se dressait fièrement devant lui, il le menaçait avec une dague enduite de sang doré. Elle chercha la blessure de Mercure à la lueur de la lampe à huile posée à terre. Le roi tenait sa cuisse et le sang dégoulinait de ses doigts.

Elle oublia le roi et posa son regard sur le conseiller. Il lui tournait le dos et continuait à donner un long discours sur ce qu’il ferait une fois sur le trône. Laverna ne l’écoutait plus. Concentrée sur chacun de ses pas et sur la broche dans sa main droite. Elle s’avança prudemment en quittant l’herbe humide. Elle n’était qu’à quelques mètres du conseiller. Avec un silence terrifiant, elle s’arrêta à quelques centimètres du conseiller. Il ne l’avait toujours pas remarqué. Une grimace glissa sur ses lèvres. Elle dut se mettre sur la pointe des pieds pour lui planter la broche dans l’épaule, mais il se retourna au même moment, comme s’il avait perçu sa présence derrière lui. La broche se planta dans sa gorge. Surpris, il lâcha la dague et chancela pour la regarder. La peur tira ses traits alors qu’il posait ses doigts sur la broche.

— Si tu veux rester en vie tu devrais ne pas la retirer, dit-elle aussitôt surprise par le geste qu’elle avait fait par mégarde.

La peur remplaça la colère et il tomba à genoux devant elle, elle posa un genou à son tour pour le regarder dans les yeux.

— Les humains sont dangereux, dit-elle, et tu ne l’avais pas vu venir celle-là. Elle posa sa main sur celle du conseiller pour maintenir la broche. Garde-le si tu ne veux pas mourir, ordonna-t-elle

Mais son geste semblait le révulser, il repoussa sa main violemment et la broche glissa et se délogea de sa gorge. Aussitôt, le sang coula abondamment et le conseiller hoqueta et tomba raide sur le sol. Elle fit quelques pas en arrière, grimaçant. Comment pouvait-il être aussi stupide ?

Elle prit une longue inspiration en regardant le sang doré s’éponger sur le sol. Elle avait commis une faute qui ne lui laissait plus les mains propres. Sur l’île, on lui avait appris à ne pas connaitre le regret de tuer parce que ceux qu’ils veulent tuer n’hésitent pas. Elle savait qu’un morceau de son âme n’irait pas au paradis, s’il y en avait un.

Elle ignora son âme et alla à la rencontre de Mercure. Il leva son genou valide et grimaça pour redresser l’autre. Elle pencha la tête sur le côté et le regarda, amusée. Il la fusilla du regard.

— Sûrement une punition de tes dieux pour m’avoir abandonné en plein milieu d’une forêt, trancha-t-elle.

Il ne répondit pas et grimaça de plus belle et se laissa tomber sur le sol.

Il la regarda d’un regard noir.

— Je t’ai sauvé la vie plus d’une fois, tu dois me rendre la pareille.

Ses lèvres s’étiraient d’un sourire amusé.

Elle se baissa et toucha la blessure. La cuisse de Mercure tressauta et il jura. Laverna l’ignora et examina son doigt souillé de sang doré à la lueur de la lampe. Il était de la même matière que le sien, mais semblait briller à travers la nuit.

— Je suis sûre que ça peut se vendre au marché de l’île, se dit-elle à elle-même.

— Quoi ? interrompit Mercure. Tu comptes vraiment vendre mon sang ?

Elle haussa les épaules et essuya son doigt sur le pantalon de Mercure.

— Qui sait ? Ton sang peut se vendre cher et rapidement.

Il roula des yeux.

Elle ricana et déchira un pan de son pantalon trop grand. Elle l’enroula autour de la cuisse et serra de toutes ses forces en ne manquant pas de faire saigner une autre de ses blessures. Elle noua le tissu par un nœud solide. Elle leva les yeux sur lui, il la fixait d’un regard étrange.

— Je n’ai pas de pouvoir, tu vas devoir te débrouiller avec ça.

Un sourire étira ses lèvres et il fronça les sourcils.

— Tu me tutoies, maintenant ?

Elle arqua les sourcils et haussa les épaules.

— Après tout ce qui s’est passé, je pense que je peux me le permettre.

Elle se leva et lui tendit la main. Il la posa dans la sienne et elle le releva de toutes ses forces. Il se redressa sur ses deux jambes en grimaçant. Il la lâcha presque aussitôt et posa son regard sur Atlas.

— Je ne t’ai même pas entendu arriver, avoua-t-il.

Elle renifla et haussa les épaules.

— C’est comme voler un objet, dit-elle, il faut savoir oublier le bruit et avancer le plus sereinement possible et dérober l’objet avec des gestes doux, mais rapides. Oublier de respirer l’espace d’un instant et frapper. J’ai appris ça avec le temps, admit-elle.

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