Chapitre 32

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Laverna ne fut jamais aussi heureuse que de retrouver le palais. Elle sentit un poids immense la quitter et réussit presque à se sentir à l’abri. Mercure glissa doucement de la selle, il se rattrapa aussitôt alors qui chancelait. Laverna imita son geste, mais resta droite alors que des soldats se pressaient vers eux, dont Diagon.

— Je savais que j’aurais dû te suivre, dit-il, avec une pointe de colère.

— On serait tellement mieux amusé à trois, lança Laverna faussement amusée.

Elle leva les yeux au ciel alors qu’il la fusillait du regard, aussitôt, son regard fut attiré par le bandage souillé à son cou.

— Qu’est-ce que tu as fait ?

Elle s’offusqua et ne fit rien d’autre que de lui sourire alors que les soldats prenaient le poids de Mercure avec eux et l’emmenait dans le palais.

— J’ai sauvé la vie du roi, crâna-t-elle. Et j’ai tué Atlas.

Il écarquilla les yeux et s’approcha d’elle pour lui parler à l’abri des oreilles indiscrètes.

— Tu as tué un conseiller du roi ? chuchota-t-il.

Elle hocha vivement la tête.

— C’est ça ou c’était le roi qui mourait, elle grimaça et mina deux balances avec ses mains, le poids était assez tendu, mais j’ai réussi à faire le bon choix.

Il ferma les yeux et laissa échapper un soupir.

— Je suppose que tu as finalement raison.

— Bien sûr que j’avais raison, la trahison prend du temps et compte beaucoup de personnes. Elle haussa les épaules. Prenez l’habitude de vous faire trahir, ajouta-t-elle en partant vers le palais d’un pas léger.

Il la rattrapa par le bras.

— Ne crie pas sur tous les toits que tu as tué Atlas, chuchota-t-il, là, les soldats prendraient l’avertissement au pied de la lettre.

Elle se tourna vers lui, incrédule.

— Qui irait dire au monde entier qu’il a tué une personne ? chuchota-t-elle. Ce crime vient de noircir mon âme. Je ne sais même pas si je pourrais à nouveau dormir sans voir cet idiot tourner la tête au mauvais moment.

Il la regarda stupéfait et lui lâcha le bras.

— Je suis désolé, dit-il d’une voix bien plus compatissante que le regard qu’il lui lançait. C’était le bon choix et je suppose que nos dieux te remercient pour ce sacrifice.

Elle hocha la tête et soupira en sentant son corps courbaturé la rattraper.

— Je suppose que vous n’avez pas de docteurs ? demanda-t-elle en grimaçant.

— Si, pourquoi ?

Elle plissa les yeux, certaine qu’il se fichait d’elle.

Il finit par ricaner.

— Tu vois ? commença-t-il. Elle ressemble à ça tes conversations.

Elle leva les yeux au ciel en le regardant partir vers le palais. Un sourire étira ses lèvres, ce genre d’humour ne lui allait pas, mais lui ajoutait un côté bien mystérieux qu’elle était sûre de ne pas vouloir découvrir sans s’en mordre les doigts.

Elle finit par le suivre dans le palais. Ils passèrent les étages inférieurs et débouchèrent dans un grand hall. L’odeur de l’alcool et d’autres choses lui piquèrent le nez.

— Tu vas pouvoir te débrouiller ?

Elle le regarda partir en grimaçant. Elle n’était jamais allée chez le médecin, celui de l’île lui faisait peur. Un jour, il lui avait proposé de lui soigner une petite coupure avec son sourire malicieux et ses grosses lunettes. Elle se souvenait être partie en courant et hurlée à plein poumon. Depuis, elle et Ylio n’y étaient jamais retournés, même pour aller se faire peur.

La porte s’ouvrit sur une jeune femme. Elle laissa échapper un gémissement malgré elle. Elle grimaça de plus belle en constatant qu’elle portait des lunettes sur son nez.

Laverna fit un pas en avant et avala difficilement sa salive. La jeune femme sursauta en la voyant arriver.

— Je peux vous aider ?

Laverna ne quitta pas des yeux la jeune femme et sa blouse blanche.

— Oui ?

Le médecin haussa un sourcil.

— Je suis blessée, mais je peux m’en occuper toute seule, assura-t-elle en faisant demi-tour.

La femme la rattrapa de quelques pas.

— Pourtant, vous tenez à peine debout.

La pièce était large et sentait l’alcool ce qui mettait Laverna sur ses gardes. Elle savait qu’elle n’y arriverait pas.

La jeune femme lui indiqua le lit. Elle prit une inspiration et prit place.

— Je peux ?

Laverna hocha la tête alors qu’elle se laissait tomber sur une pile d’oreillers.

Elle l’aida à enlever le haut de sa tunique et son haut. Le médecin fit claquer sa langue et secoua la tête.

— Vous auriez dû faire plus attention, protesta-t-elle.

Laverna grimaça à nouveau à la vue des bandages sales. Son corps entier était fatigué et elle se demandait encore comment il faisait pour fonctionner correctement après tous ces événements.

Le médecin retira chaque bandage délicatement et finit par laver chaque plaie. Laverna serra les dents chaque fois que le coton passa sur sa peau meurtrie.

— J’avais oublié à quel point votre corps mettait du temps à guérir, soupira-t-elle.

— Vous n’êtes pas à votre premier essai ? demanda Laverna, curieuse.

Elle secoua la tête.

— Je me suis portée volontaire pour aider les gens de l’île, répondit-elle.

— Je suppose qu’il n’y avait pas foule ?

— Tu as raison, admit-elle, pourquoi, d’ailleurs ?

Laverna eut un sourire amusé.

— Tout simplement comme vous, nous ne vous faisons pas confiance.

La jeune femme hocha la tête comme si elle comprenait le point de vue de Laverna.

— C’est vrai, murmura-t-elle.

Laverna laissa le médecin poser une pommade sur les plaies et finit par poser ses mains pour guérir la totalité de ses plaies qui disparurent aussitôt sans laisser une seule marque.

Laverna haussa les sourcils, stupéfaite.

— La dernière personne qui a touché mes plaies m’a assurée que ça laisserait des marques, lança Laverna en touchant son bras nu.

— Simplement parce qu’elle ne voulait pas perdre son temps, assura le médecin.

Elle posa une main froide sur son front.

— Vous avez de la fièvre, murmura-t-elle, votre corps est fatigué. Vous devriez vous reposer.

Laverna grimaça. Ça semblait si simple, mais elle savait qu’en sortant de la pièce, Héra ou tout le palais entier viendrait la voir. Et elle n’avait pas la force de les voir ou même de parler pour ne rien dire ou raconter sa désastreuse aventure.

Le médecin lui présenta un sachet.

— Qu’est-ce que c’est ?

Elle sourit.

— Quelque chose qui vous reposera et vous fera dormir le temps que votre corps récupère. Elle marqua une pause en se lavant les mains et jeta les bandages sales à la poubelle. Rentrez dans vos appartements et laissez-vous bercer.

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