Chapitre 33

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Elle resta assise dans le noir durant des heures à penser que l’île lui manquait et qu’elle rêvait de sentir cette brise froide sur sa peau. Elle voulait retrouver la Laverna qu’elle avait quittée des semaines plutôt. Elle savait qu’en fouillant un peu, elle pouvait la retrouver sans difficulté. Elle quitta sa robe et vêtit sa vieille tunique. Elle attacha ses cheveux avec son vieux morceau de soi et rangea son sabre dans son fourreau. Elle se reconnut presque des mois en arrière à la recherche de nobles à dépouiller et retrouver Ylio pour partager un repas et des éclats de rire. Elle devait rester en vie et partager à nouveau ces moments.

Elle prit une longue inspiration à la recherche de quelque chose dans son regard. Elle n’y trouva rien. Seulement la détermination de faire plier ce royaume à son désir et le dépouiller à son tour.

Héra entra dans sa chambre sans frapper. Elle était vêtue d’une longue robe bleu nuit semblable à la couleur des tuniques des soldats. Ses cheveux avaient été tressés à la perfection et son maquillage presque forcé au niveau des yeux. Elle était simplement magnifique. Laverna la trouvait belle et bien plus forte qu’elle ne le serait jamais. Héra était celle qui la relevait toujours dans les moments difficiles et qui fonçait tête baissée dans les moments où la bagarre se faisait sentir.

Héra sentit aussitôt ce qui flottait dans la tête de Laverna, elle l’avait toujours su.

— Ne fait pas quelque chose que tu regretteras Laverna, intervint Héra en se dirigeant vers son armoire à la recherche de quelque chose.

Laverna eut un sourire.

— Je regrette déjà d’avoir mis les pieds sur tes terres, Héra. Tu avais finalement raison, dit-elle d’une voix franche. Ce monde n’est pas pour moi, je suis faible. Et je l’ai toujours été, mais sur l’île je suis un dieu vivant. J’aurais dû rester à ma place.

Héra soupira. Et tira une robe verte fade. Laverna grimaça. Cette robe méritait d’aller à la poubelle.

— Tu es bien plus forte que tu ne le penses, répondit-elle. Tu n’as jamais baissé les bras.

Laverna soupira.

Héra secoua la tête et reposa la robe et soupira.

— Il y a un début à tout. Je sais maintenant pourquoi les dieux ne veulent pas d’humains ici. Tout simplement parce que vous êtes destructeur et sans cœur.

Elle prit une longue inspiration.

— Je serais là pour te protéger, fini par dire Héra, comme au bon vieux temps.

Laverna sentit son cœur gonflé, mais elle soupira. Elle avait pris sa décision depuis un moment déjà, et ses heures de réflexion l’avaient confirmée. Elle voulait partir d’ici le plus vite possible. Mais une pointe de déception ne cessait de remonter à la surface. Elle n’était pas allée jusqu’au bout, elle savait qu’une part d’elle pouvait aller au-delà, mais Mercure avait raison. Elle avait peur de mourir, et aucune richesse ne pouvait la ramener à la vie. Elle avait rêvé en venant ici à toutes les richesses des dieux et elle rentrerait avec des robes, des bijoux et d’autres choses qui n’auront plus d’importance sur l’île. Elle glissa le regard sur la fenêtre sachant que sa décision était prise et qu’elle devait rentrer la tête haute, mais surtout bien accroché. Elle n’était pas morte, mais la déception la suivrait jusqu’à sa mort.

Héra lui tourna le dos et fouilla à nouveau dans l’armoire.

— Je pensais que tu avais dépensé tout ton argent en robes ?

Laverna soupira.

— Pourquoi aurais-je besoin d’une robe ? lança-t-elle. Nous partons à la guerre Héra.

Héra laissa échapper un petit rire en tirant une robe rouge. Laverna sentit ses yeux s’écarquiller face à la robe qui lui avait coûté une certaine somme. Elle s’avança pour toucher le tissu. Il était doux et fin. Tout ce qui lui plaisait. Un décolleté plongeant et une taille serrée. Elle savait qu’avec ce genre de vêtement elle ferait tourner toutes les têtes.

— Ce n’est pas encore la guerre, Laverna. Elle marqua une pause. Les conseillers sont juste des conseillers, justifia-t-elle. Ils ne sont plus rien dans la société et n’ont aucune force militaire. Ils seront retrouvés et pendus pour trahisons.

— Alors pourquoi a-t-on besoin de moi ? se lamenta-t-elle.

Héra eut un sourire.

— Simplement parce que Mercure te fait confiance et je suis même sûre qu’il veut t’avoir auprès de lui, ajouta-t-elle avec une certaine voix moqueuse. Tu lui as tapé dans l’œil, Laverna lança-t-elle en voyant que Laverna ne régissait pas. Je pensais que ça se voyait ! Il ne regarde que toi ! Même Apollo l’a percé à jour. Il continue à nier, mais c’est lui qui a sauté sur le cheval pour venir te chercher. Après tout, personne ne peut lui en vouloir, tu es belle et tu as ce caractère qui lui plaît. Il adore ce qui a le moindre caractère. Je pense même qu’il a commencé à s’intéresser dès les premiers jours, dit-elle d’une voix lointaine.

Laverna se sentit presque rougir. Elle fronça les sourcils et recula d’un pas. Héra éclata de rire.

— C’est bon Laverna, ne joue pas l’enfant ! C’est normal que tout le monde s’intéresse à toi ! Tu es nouvelle. Ça attise la curiosité !

Laverna grimaça.

Elle n’était pas un objet, encore moins, une convoitise.

— C’est ce qui s’est passé avec Diagon ? lança-t-elle en récupérant la robe.

Ce fut au tour d’Héra de rougir. Laverna prit son malin plaisir à rire.

— Mais voyons Héra…

Héra leva les yeux au ciel.

— Il s’est passé la même chose que toi quand je suis arrivé, avoua-t-elle en refermant l’armoire. Tout le monde a cru que j’étais une menteuse, pire, ils ont cru que j’avais assassiné le roi, que Liamos était mon amant. Elle grimaça avec Laverna. Ils m’ont beaucoup accusé et certains étaient prêts à me faire tuer. Personne ne voulait me faire confiance, et je suis arrivée en pleine crise. Tout le monde ne m’accordait aucune confiance, j’étais presque une arnaque, ici. J’étais exclu. J’étais prête à rentrer sur l’île, te rejoindre, admit-elle avec un faible sourire. J’avais même pris assez d’argent pour une belle vie pour nous deux. Mais Diagon était là, murmura-t-elle. Il a essayé de m’en dissuader, mais j’ai pris le bateau. Cet idiot est resté avec moi. Il est resté même lorsque je suis descendue sur l’île. Je suis restée pétrifier. Tu étais à quelques mètres avec Ylio à rire. Jamais, tu n’auras su à quel point ç’a été difficile de ne pas courir vers toi et te présenter mes excuses, mais j’ai compris que je ne serais plus la bienvenue. Nos anciens amis étaient prêts à me dépouiller et sûrement plus pour un simple titre. Je suis rentrée aussitôt en étant désolée pour notre amitié, mais je ne pouvais plus, admit-elle. Et il est toujours resté auprès de moi, même dans mes heures les plus sombres. Il savait toujours m’attendre au port pour une promenade. Il a toujours su rester auprès de moi, conclut-elle. J’ai appris à vivre avec sa simple présence et pour rien au monde je ne voudrais qu’elle disparaisse.

Laverna se sentit honteuse. Elle ouvrit la bouche, mais un coup retint son attention. Elle interrogea Héra du regard, mais elle haussait les épaules. Laverna ouvrit la porte. Mercure se tenait devant la porte. Il portait un costume qu’elle n’avait jamais vu. Tout en noir, excepté une chemise d’un blanc éclatant et une écharpe royale dorée. Il en était presque élégant. Elle haussa un sourcil à son attention.

— Quoi ? menaça-t-elle.

Il hocha la tête comme s’il acceptait l’insulte.

— Je suis venu discuter, il marqua une pause, en paix.

Héra passa derrière Laverna.

— Je vous laisse, souffla-t-elle.

Mercure hocha la tête à son attention.

Laverna laissa Héra passer, et s’effaça pour laisser passer Mercure.

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