Chapitre 35

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La robe était presque une damnation. Laverna le savait, mais quelque chose au fond d’elle voulait marquer le coup pour sa dernière soirée. Elle prit une longue inspiration en marquant un peu plus son fard à joues. Elle sursauta quand un coup tapa contre la porte. Son cœur fit un bon et elle secoua la tête. Elle s’était laissée autoriser à quelque chose avec Mercure. Et tout ça à cause d’Héra. Elle avait laissé penser l’idée qu’elle et Mercure étaient une chose à envisager, que Mercure pourrait avoir un quelconque sentiment à son regard. Et elle ne pouvait pas le nier. Il y avait toujours eu un truc. Et ça n’était pas des sentiments seulement de l’attirance qui allait au-delà des sentiments, et elle ne comptait pas se laisser berner et passer une nuit avec lui. Elle savait qu’elle pouvait mettre cette attirance de côté. Elle n’y aurait jamais pensé si Héra ne lui avait pas fait penser. Elle ferma les yeux et repensa à Ylio. Ylio l’attendait et elle était prête à suivre son chemin avec lui, et non avec Mercure.

Elle soupira et glissa la broche de Mercure dans ses cheveux à peine attachés. Elle avait réussi à retenir quelques mèches avec l’énorme diamant. Un sourire étira ses lèvres. Il lui allait merveilleusement.

Elle finit par ouvrir la porte. Mercure se tenait presque ennuyé devant la porte, couronne sur la tête. Il finit par tourner la tête vers elle, prêt à lui dire qu’elle était en retard. Il ouvrit la bouche et resta à la détailler sous toutes les coutures.

— Je sais, pas la peine de le dire, dit-elle en passant une main dans ses cheveux.

Il cligna des paupières et releva les yeux de son décolleté. Elle serra les lèvres, peut-être qu’elle avait été un peu trop loin. Mais Mercure la regardait déjà dans les yeux. Ses yeux verts brillaient d’une lueur amusée.

— Tu vas faire sensation.

Elle lui sourit.

— C’est bien mon attention.

Il lui offrit son bras. Elle glissa son bras sous le sien et ferma la porte. Ils prient aussitôt le chemin du hall.

— Des recommandations ?

— Pas de vols.

Elle éclata de rire.

— Promis. Quoi d’autre ?

Ils descendirent le grand escalier doucement. Des fleurs avaient été accrochées ici et là. Les tapis avaient été retirés pour l’occasion. Des centaines de bougies avaient été allumées, laissant entrer une douce lumière festive. Le brouhaha de la soirée se faisait déjà entendre. Laverna sentit l’excitation de la soirée l’envelopper. Elle avait presque hâte de se montrer aux nouveaux dieux et peut-être même d’y laisser une jolie tempête.

Ses lèvres s’étiraient déjà.

— Je suis un bon parti.

Elle fronça les sourcils et s’arrêta malgré elle.

— J’ai déjà quelqu’un, avoua-t-elle rapidement. Ylio, je pensais que tu le savais déjà. Mais je tiens à lui. Et c’est vrai, avoua-t-elle, il y a aussi cette attirance entre nous, mais je me promets de ne pas franchir la ligne. Notre attirance reste purement, elle marqua une pause cherchant ses mots, mais Mercure la coupa.

— Je ne parlais pas de nous, Laverna.

Laverna laissa échapper un rire tendu.

— Ah non ?

— Héra me l’a déjà confiée avant même que je vienne te voir, et je comptais n’avoir aucune relation avec toi, coupa-t-il.

Laverna fronça les sourcils.

— Ah. Elle laissa échapper un petit rire honteux. Alors, c’est réglé ?

Il hocha la tête et reprit la marche.

— Je disais simplement que toutes les jeunes femmes à marier vont me sauter dessus et je n’en ai pas envie.

— Donc, je te sers de couverture ? demanda-t-elle faussement choquée.

Il rit.

— Oui, dit-il, mais je suis certain que cette soirée va te plaire.

Il la regarda d’un regard confiant et Laverna ne put s’empêcher de rire à nouveau.

— C’est exact.

Ils arrivèrent rapidement dans le hall. Des soldats se tenaient droits devant l’entrée d’une grande salle de bal. Laverna sentit sa bouche s’ouvrir devant la beauté de la salle. Les bougies allumées se reflétaient sur les murs d’ivoire. Des fleurs d’un bleu océan étaient posées sur toutes les tables en or. Des domestiques passaient d’un pas rapide, le plateau plein de nourritures et de boissons.

De loin, elle pouvait entendre, les discussions, les rires et bien d’autres. La musique à cordes semblait sortir tout droit d’un conte de nymphes. Elle pouvait déjà voir toutes les robes somptueuses.

— Prête ?

Elle se tourna vers Mercure et lui sourit.

— Prête.

Le couloir était vaste et les échos de la soirée étaient bien plus forts. L’adrénaline monta aussitôt dans le corps de Laverna soucieuse de faire une entrée fracassante. Elle en oublia même le danger de leur pouvoir.

Les deux gardes postés à l’entrée l’examinèrent avant d’interroger Mercure du regard, ce dernier hocha la tête. Laverna leur lança un clin d’œil pour savourer sa victoire et ils passèrent l’embrasure de la porte avec un petit air suffisant.

Des centaines de personnes se tenaient dans l’immense salle de bal. Laverna se sentit déglutir face à l’épreuve qui l’attendait. Jamais elle n’aurait pensé à autant de monde, elle avait l’impression que le nombre augmentait à vue d’œil. Elle sentit son sourire s’évanouir. Ils avaient déjà les yeux rivés sur eux.

Elle laissa échapper un petit rire.

— Ce sont tous vos amis, je présume ?

Mercure eut un petit sourire à son tour et se tourna vers elle.

— Je dois avouer que j’en connais très peu, mais j’aime me sentir aimer.

— Je ne pense pas que ce soit de l’amour, avertit-elle.

Mercure parut faussement touché.

— Ah non ?

Laverna laissa échapper un petit rire.

— Le retournement fera très mal, Mercure.

Elle se détacha de lui pour se fondre dans la masse. Elle lui lança un dernier clin d’œil avant de s’effacer dans l’immense foule. Elle s’amusa un dernier instant du regard de Mercure déjà accueilli par ses nombreux invités. Elle grimaça en faisant face elle aussi à tous les regards qui savait ce qu’elle était et qui elle était. Elle haussa un sourcil à l’intention d’Éros et Pontos sûrement entourés des autres seigneurs. Elle sentit la tension l’entourer. Elle prit une longue inspiration en sentant le tissu rouge de sa robe se tendre. Elle tenta de prendre une longue inspiration. Elle ne devait pas oublier qui elle était et qu’elle rentrerait à la maison. Elle pouvait encore les défier ce soir.

Elle regarda un instant autour d’elle. Certains dansaient au rythme des cordes, d’autres riaient et buvaient sans limites alors que d’autres se préoccupaient que de Mercure. Elle reporta son attention sur les seigneurs qui s’avançaient à travers la salle pour la rejoindre. Elle leur offrit son plus beau sourire. Elle s’avança à son tour, prête à les défier. Elle n’allait pas s’arrêter pour si peu, et de plus, ils ne pouvaient pas utiliser leurs pouvoirs. Elle en était certaine, ce serait un grand scandale.

Elle s’arrêta et les attendit de pied ferme. Éros arriva en tête de cortège ne quittant pas son regard furieux.

— Laverna.

Elle le salua d’un simple mouvement de tête.

— Éros.

Les quatre autres pouffèrent. Elle les fusilla du regard et se dressa de toute sa hauteur en gardant les mains jointes devant eux. Elle suivit leurs regards jusqu’à ses mains. Elle eut à nouveau un sourire suffisant. Ils la craignaient autant qu’elle les craignait.

— Que me vaut cette visite de courtoisie ? commença-t-elle en jetant un coup d’œil à Mercure qui lui tournait le dos. Je suis sûre que mon cavalier va se demander où je suis passé.

L’un des seigneurs serra la mâchoire et fit un pas en avant. La colère tirait ses traits.

— Tout ça, c’est votre faute, cracha-t-il.

— Par nos dieux ! Qu’est-ce que cette créature a-t-elle fait pour vous mettre de mauvaise humeur Bacchus ?

Laverna fronça les sourcils et elle dévisagea un élégant jeune homme. Il porta son verre de vin à sa bouche et but une gorgée en la regardant dans les yeux. Il semblait amusé d’avoir dérangé leur réunion.

Il lui offrit un sourire charmant.

— Mademoiselle, il se courba devant elle. Je suis le cousin de Mercure. Vulcain pour servir mademoiselle.

— C’est une humaine, cracha l’un d’eux.

— Communément appelé Laverna, renchérit-elle avec un sourire.

Vulcain laissa échapper un petit rire presque comparable à Mercure.

— Pas nos dieux, Éros. Les humains ne sont rien d’autre que de vraies personnes. Et je ne vois aucune démence dans le regard de Laverna.

— Non, mais dans ses mains, oui, conclut Éros.

Laverna laissa échapper un soupir.

— Dans votre moral, aussi.

Il fit un pas en avant, la menaçant d’un simple regard.

— Je n’oublierais jamais ce que vous m’avez fait subir, Laverna. Jamais. Et je ferais en sorte que ça se retourne contre vous. J’attendrais sagement dans mon coin.

Laverna lui répondit d’un sourire.

— J’en suis certaine. Elle marqua une pause en reculant d’un pas. Sachez que je repars chez moi demain à l’aube. Vous pourriez dormir sur vos deux oreilles.

Les cinq seigneurs la dévisagèrent chacun d’une manière différente, le dégout et la peur. Elle reprit une inspiration prête à se faire offrir à boire par Vulcain, mais Éros ne lui laissa pas cette chance.

— C’est votre faute, Laverna. Tout.

Elle hésita à rire ou seulement partir de son côté pour le laisser réfléchir lui-même sur ses paroles. Parce que ça n’était en rien sa faute.

— Pourtant c’était vos conseillers, non ? En tant que bons seigneurs, vous auriez dû en faire de bons conseillers, répondit naturellement Vulcain. Je me trompe ?

Son sourire semblait ravageur et semblait vouloir même être méchant.

Éros secoua la tête.

— Vous devriez la fermer tant que vous en avez l’occasion, Vulcain. Vos caprices de sous-prince commencent à nous agacer.

Vulcain parut faussement touché.

— Mais la famille royale peut encore exécuter, répondit-il en le menaçant ouvertement. Vous devriez faire attention, les têtes tombent comme des mouches ces jours-ci, et l’humeur de Mercure a été massacrante toute la semaine.

Éros leva la main pour le faire taire. Il fit un autre pas vers Laverna.

— Décidément, souffla Vulcain.

— Vous avez induit en erreur nos conseillers. Je présume que c’est pour ça que vous êtes venue. Pour détruire ce royaume.

Laverna laissa échapper un rire amusé.

— Loin de là, affirma-t-elle, je suis venue pour dépouiller le royaume. C’est différent.

— Sa Majesté.

Laverna fronça les sourcils et se tourna. Mercure se tenait droit, une grimace sur le visage.

L’humaine grimaça à son tour, prise en sandwich, elle lança un regard à Vulcain, mais il lui présentait un verre de vin qu’elle accepta aussitôt.

— Je pensais que le sujet était clos, Éros.

— Oui, c’est vrai, mais il y a d’autres pistes sur l’humaine.

— Laverna, répondirent en même temps Laverna et Mercure.

Vulcain leva les yeux derrière Mercure et finit son verre.

— Lesquelles ? demanda Laverna en prenant une gorgée de son verre.

Elle regretta aussitôt. Le vin était bien trop fort pour elle. Elle faillit presque s’étouffer. Elle se contenta de fermer les yeux en pensant que ça pouvait être pire.

Éros la dévisagea.

— Vous êtes sa fille.

Elle haussa un sourcil.

— La fille de qui ?

— Du dieu malin.

Laverna éclata de rire malgré elle, sous le regard tendu de seigneurs, de Mercure et Vulcain. Elle se tourna vers Mercure.

— Attends, non. Mais c’est une blague, j’espère ?

— Je l’ai envisagé.

Vulcain fronça les sourcils.

— Quand ?

— Quand elle s’est assise sur mon trône, la couronne sur la tête.

Laverna sourit à Vulcain pour cette victoire.

— Vous êtes la fille du dieu malin, cracha Bacchus. Il vous a mis au monde pour détruire le nôtre.

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