Chapitre 42

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Laverna fronça les sourcils.

— Vous faites ça pour réaliser l’ambition de Liamos ?

Il hocha la tête.

— C’est comme ça Laverna, regarder les plus fous réaliser les rêves les plus dérisoires. La vision des dieux doit se réaliser.

— Pourquoi ? demanda-t-elle. Vous voulez mourir ? demanda-t-elle surprise.

Il sourit.

— Tu devrais le comprendre, Laverna ce monde mérite de voir les humains renaitre. Même toi, tu sais que ce monde est odieux avec vous. Tu devrais prendre les armes avec nous et te battre et arrêter de te faire duper. Soit bien plus qu’un pion. Je t’ai observé un bon nombre de fois. Je t’ai vue détruire des vies avec ton talent, voler, devenir si ambitieuse que les dieux auraient pu te tuer pour autant de pouvoir en une seule femme.

La détermination dans sa voix fit presque grossir son ego. Mais leur attention allait au-delà de la richesse et la gloire qu’elle voulait. Elle voulait être reine et non une tueuse.

— Vous êtes fous, scanda-t-elle, je veux être la reine des voleuses et être à la plus grande des gloires, pas tuer pour le plaisir. Les nouveaux dieux sont ce qu’ils sont. Je veux bien me venger, mais j’ai une certaine limite et une âme, argumenta-t-elle.

Alsane éclata de rire.

— Et Atlas ?

— C’était un accident, avoua-t-elle.

— Mais ça t’a fait plaisir.

Elle éclata de rire à son tour.

— Vous êtes fous ! Tuer n’est pas un jeu.

Alsane fit claquer sa langue.

— On t’a donné toutes les clés pour que tu réussisses. Je t’ai laissé toutes les clés pour que tu rentres dans les faveurs Mercure. Comment crois-tu que tu aies réussi à nous coincer ? Mercure devait te faire confiance, assez pour que tu travailles pour lui et que le reste du plan suive.

— Le reste était que Mercure pense que je sois fidèle, que je reste dans ses faveurs et qu’il tombe sous mon charme ? Qu’ils se mettent à dos ses soldats pour ça ?

Elle repensa à tous les soldats qu’il avait attaqués et certains qu’il avait tué pour elle. Il l’avait fait pour elle, pour la protéger. Alors qu’ils étaient rongés par la peur de regarder leur monde sombrer. Et c’était ce qui allait arriver. Le monde allait sombrer par la main d’un humain. Liamos avait été aidé par les conseillers et bon nombre d’autres nouveaux dieux. Elle avala difficilement sa salive. Ça allait au-delà de ce qu’elle avait pensé, et bien plus, elle était certaine qu’ils ne lui disaient pas tout.

— Je continue à penser que je resterais ici, lança Laverna en levant les yeux sur Éva. La suite est que je plonge à mon tour ?

Éva eut un sourire et fit un pas en avant. Laverna sentit son corps se tendre. Elle faillit faire tomber la bronche en diamant de Mercure. La corde était bien plus grosse qu’elle avait pensé. Elle ne pouvait pas aller plus vite sans se faire débusquer. Elle décroisa les jambes et les étira. Elle savait qu’elle misait gros.

Les soldats postés derrière eux se mouvaient et écartèrent quelque chose entre leurs mains. Elle avala difficilement sa salive. Ça pressait. Elle continua de couper la corde docilement avec la pointe de la broche. Éva fourra sa main dans sa ceinture et en sortit une dague pointue, si pointue que Laverna se demandait ce qu’elle comptait faire avec. Elle resta surprise quand elle la planta dans la gorge d’Alsane qui poussa un cri. Il n’était pas surpris au contraire, un sourire étira ses lèvres alors que le sang giclait autour de lui. Les soldats baissèrent leurs mains dans un même mouvement. Aussitôt, la pièce tourna et des cris se formèrent aussitôt, des bribes de conversations dans lesquelles elle crut même entendre sa propre voix. La dernière corde céda et elle se leva brusquement, mais quelque chose la poussa en avant. Elle se tourna pour voir Vulcain derrière elle. Elle se débattit aussitôt. Elle lâcha la broche alors qu’il lui donnait un coup dans le bras. Elle leva son genou pour lui planter dans l’estomac. Vulcain grogna et enroula son bras dans celui de Laverna. Aussitôt, Laverna plia son bras et fit un tour sur elle-même emportant Vulcain avec elle. Elle lui donna un coup dans le genou et il tomba sur ces derniers. Il tenta de repousser son bras, mais Laverna lui coinçait déjà derrière le dos en tirant bien haut.

Vulcain gémit de douleur à travers sa respiration rapide.

Laverna sentit sa propre respiration soulever les mèches folles. Elle pouvait presque ne plus sentir la douleur émanant de son crâne. Elle planta son pied dans la cheville de Vulcain qui s’écria par surprise.

— Les mains en l’air humaine.

Laverna leva les yeux sur les soldats. Mercure se tenait devant elle, la main sur son sabre. Diagon était penché sur le cadavre d’Alsane, il retira sa broche en diamant de son cou. Elle avala difficilement sa salive alors qu’Héra et Apollo tenaient en joue les autres conseillers. Elle ne distingua pas le nombre de soldats derrière eux. Ils étaient des dizaines. Les yeux fixés sur elle. Chacun avait sa main sur son sabre. Elle sentit la situation s’échapper. Elle leva les yeux sur Éva. Un sourire étira ses traits et l’émotion sur son visage fit enrager Laverna. C’était un piège. Elle serra un peu plus sa position sur Vulcain.

— Elle a tué d’Alsane ! grogna-t-il. Je vous l’avais dit.

Elle leva les yeux sur Mercure. Il ne portait aucune émotion. Elle sentit la situation devenir bien plus dangereuse. Elle était prise au piège. Elle serra un peu plus son appui sur le bras de Vulcain, c’était le point de non-retour.

— Laisse-le partir, ordonna Mercure d’une voix calme. Tout va bien se passer bien.

Elle sentit du coin de l’œil les soldats bouger derrière Mercure. Diagon se releva doucement et lui présenta la broche. Mercure la prit et leva les yeux vers elle. Elle avala difficilement sa salive et se retint de secouer la tête. Il était déjà trop tard.

— Tu ne le nies même pas.

La voix de Diagon avait été rauque et dure. Il semblait sur le point de lui sauter dessus. Elle prit une longue inspiration et baissa les yeux sur Éva. Elle ne quittait pas son sourire.

— On devrait la tuer, proposa l’un des soldats.

— Nous avions raison, mon roi, commença un autre, c’est bien l’humaine de l’oracle.

Les autres soldats murmuraient déjà et d’autres parlaient plus fort, la menaçaient ouvertement ou l’insultaient de nom d’oiseau. Elle soupira et ferma les yeux un instant. C’était peut-être la fin de sa vie, mais elle savait qu’elle l’avait bien vécu, elle avait pu salir les murs du palais royal par sa simple présence.

— Laverna, commença Héra.

Elle rouvrit les yeux pour la regarder alors que les soldats avaient déjà un pas d’avance sur elle, elle ne reculerait pas. Elle le savait.

— Désolée Héra, mais certains sont fait pour détruire.

Elle la regarda dans les yeux et lui sourit.

— Si j’avais su, je n’aurais pas volé cette foutue bague, dit-elle. Tu avais raison, elle était horrible. Si je ne l’avais pas volée, tu serais restée avec moi.

Héra eut un sourire triste l’espace d’un instant.

— Je sais, dit-elle.

— Mon roi, grogna un soldat en colère. Je suis prêt à la tuer, vous n’avez qu’un mot.

Elle leva les yeux sur le soldat qui avait parlé.

— Un pas et il meurt, grogna-t-elle.

— Va en enfer, s’énerva Vulcain.

Elle éclata de rire.

— Oh crois-moi, on s’y retrouvera bien plus tôt que tu ne le crois.

— Mon roi, pressa les soldats.

Mercure lâcha la broche qui tomba dans un bruit sourd. Laverna leva les yeux vers lui.

— Tuez-la.

Elle sentit son cœur se briser sous les ordres.

— Quoi ? s’étonna Apollo.

Héra sortit son sabre et repoussa les soldats. L’un d’eux la rattrapa et la désarma rapidement et la mit aussitôt à terre. Diagon se tourna rapidement pour s’attaquer au soldat. Laverna suivit le regard d’Héra derrière elle. Elle hocha la tête. Elle serra un peu plus le bras de Vulcain qui gémit un peu plus.

Elle se pencha pour lui chuchoter à l’oreille.

— Ne prends pas ça pour défaite, commença-t-elle. Je reviendrais pour toi.

Elle le repoussa de toutes ses forces, il chuta la terre en avant et s’écroula sur le sol en marbre. Elle fit un pas en arrière sous le regard assoiffé des soldats.

— Messieurs, il est temps pour la grande Laverna de semer le chaos.

Elle se courba et se détourna d’eux pour sauter dans le vide. Elle roula sur elle-même. Elle constata rapidement qu’Héra la soutiendrait jusqu’au bout. Elle se sentit plus légère et la chute ralentit. Elle roula sur la terre ferme en lâchant un gémissement sourd. Elle s’était cogné la cheville contre quelque chose de dur. Elle se redressa aussitôt oubliant toute douleur. Elle releva la tête un instant. Mercure se tenait au bord avec Apollo. Elle ne quitta pas les yeux de Mercure comme pour lui faire passer un message, mais elle détourna le regard. Il n’y avait aucun message à passer. Il avait ordonné de la tuer.

Elle prit aussitôt la fuite. Elle tomba sur le cheval, toujours attaché. Elle n’aimait pas cette bête, mais à cet instant c’était son meilleur allié sur cette terre. Elle le détacha rapidement et monta aussi vite qu’elle le put et partit au galop.

Elle posa un regard en arrière, les soldats n’étaient toujours pas sortis du palais, mais elle pouvait les entendre partir à sa poursuite. Elle encouragea le cheval à prendre davantage de vitesse.

Le tonnerre déchira le ciel et la pluie s’abattit aussitôt. Elle jura, mais garda cape sur le sud. Elle comptait rentrer chez elle, et régler ses comptes avec Liamos.

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