Chapitre 43

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Elle ne s’arrêta pas une seule fois, pas même quand le cheval commença à rechigner. Elle ne voulait faire aucune pause et se rendre au palais le plus vite possible. Elle fut rassurée lorsqu’elle tomba sur la ville. La nuit était tombée depuis des heures. Le cheval s’arrêta à la lisière, épuisé. Laverna descendit aussitôt.

— Merci, dit-elle en posant une main sur son pelage.

Elle le laissa s’asseoir sur l’herbe humide. Elle courut ensuite vers le palais à toute vitesse. De nuit, tout paraissait si simple. Elle avait appris à reconnaitre chaque passage pour rejoindre le palais et quels chemins prendre pour éviter les soldats. Elle arriva trente minutes plus tard devant le palais. Essoufflée et épuisée. Elle pouvait sentir la migraine revenir. Elle posa une main sur son front, le sang avait fini par sécher.

Elle tremblait de colère envers Éva et Vulcain. Elle s’était laissée avoir en beauté. Elle savait que c’était dérisoire de rêver d’une vie en paix ici. Elle chassa les images de la veille. Les promesses de Mercure ne comptaient plus, rien ne comptait à présent.

Elle passa la main sur son front couvert de sueur.

— Qu’ils aillent tous se faire voir.

Elle essuya ses mains sur son pantalon. Si elle était venue ici au début c’était pour un but précis.

Son sourire s’étira et elle rentra dans le palais. Elle fut surprise de constater que le palais était presque vide. Excepté quelques soldats en pleine ronde traversant le couloir d’un pas las. Elle les dépassa tous sans se faire remarquer. Elle s’infiltra doucement dans la salle du trône avec un petit sourire vainqueur.

Il n’y avait aucune lumière, seul le quart de la lune laissait apercevoir une faible lumière à travers les grandes fenêtres. Elle leva les yeux sur la petite table qui gardait la couronne. D’ici, elle pouvait voir la lune s’y refléter. Un sourire glorieux étira ses lèvres. Cette fois-ci, elle ne traiterait avec personne d’autre qu’elle-même. Elle prit son élan et sauta sur le trône pour atteindre le premier vitrail.

Elle monta facilement les vitraux. La colère semblait guider chacun de ses pas et rendre l’ascension plus simple. Elle arriva rapidement au sommet, elle ouvrit la porte avec effort et se glissa dans la salle aux trésors. Rien n’avait bougé. Elle ne mit pas longtemps pour remplir son sac à dos avec tous ce qui lui passait sous la main. Elle aurait voulu voir leurs têtes en découvrant ce qu’elle avait fait.

Elle reprit le sens inverse avec plus d’efforts. Le poids de son sac rendait ses mouvements lents. Elle rata plusieurs fois ses prises sur les rebords de la fenêtre. Elle mit presque quinze minutes pour descendre.

Elle attrapa la couronne en sortant, les couloirs toujours vides.

— Elle a dû rentrer, lança Mercure d’une voix pressée, sinon le cheval ne serait pas encore là !

Elle prit une longue inspiration et se cacha dans un recoin du couloir, la couronne entre ses mains. Elle ne devait pas perdre en si bon chemin.

— Dans sa chambre, lança Apollo.

— J’y vais, maugréa Mercure. Fouillez le reste, et je la veux vivante.

Elle entendit plusieurs soldats plaider le désaccord, mais Mercure montait déjà le grand escalier. Il courait à travers les marches, la sueur perlait sur son front et ses cheveux blancs lui collaient au front.

Plusieurs soldats passèrent devant elle sans l’apercevoir.

— Si vous la trouvez, vous la tuez, lança l’un des soldats.

Ils partirent en riant.

Laverna leva les yeux au ciel, elle attendit un certain temps avant de sortir. Elle laissa échapper un petit cri en voyant Héra les mains sur les hanches.

— Je le savais.

Laverna lui sourit de toutes ses dents.

— Qui d’autres ne le saurait pas ? dit-elle en haussant les épaules.

Héra eut un petit rire. Elle reprit aussitôt la mine grave.

— Dépêche-toi, le bateau part dans cinq minutes, ils ne penseront pas t’y chercher aussi vite.

— Quoi ?

— Dépêche-toi, Laverna. Tu connais le chemin du port. Part dépêches-toi, répéta-t-elle. Cette fois-ci, personne ne peut te sauver la vie. Un conseiller a été tué.

Laverna avala sa salive difficilement et prit le chemin de la sortie.

— Je ne l’ai pas tué, dit-elle.

Héra se tourna vers elle, avec un sourire.

— Je sais.

Laverna se sentit soulagée. Elle lui sourit une dernière fois avant de courir à travers le hall et la sortie. Elle ne tomba sur aucun soldat à sa grande surprise. Elle leva les yeux sur le ciel. Peut-être que les dieux étaient bien de son côté finalement.

Elle traversa les grandes places et les petites ruelles. Elle pouvait sentir la sueur perler sur son front et la fatigue tirer sur ses jambes. Le poids de son sac la ralentissait. Elle vola sur sa route un morceau de tissu séchant sur l’un des rebords de fenêtre pour cacher la couronne. Elle fut aussitôt rassurée en voyant le port se dessiner devant elle. Le navire se dressa à son tour, elle força son corps à courir plus vite.

Elle arriva à toute vitesse sur le pont du navire, essoufflée et fatiguée. Certains nobles la regardèrent surpris. Elle s’engouffra par l’une des portes alors qu’un marin criait que le départ était imminent. Elle cessa de courir que lorsqu’elle ferma la porte d’une des cabines.

Elle lâcha son sac et la couronne pour verrouiller la porte derrière elle. Elle resta quelques instants assise dos à la porte, le souffle court. Elle ferma les yeux et tenta de reprendre sa respiration. Elle allait rentrer chez elle et elle savait que les dieux la laisseraient passer sans encombre.

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