Chapitre 53

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Le navire tapait les vagues à toute vitesse et le vent fouettait les voiles sans remords. Laverna sentit son corps entier la faire souffrir, sa migraine était revenue à l’assaut et ne lui laissait aucun répit. Elle garda les yeux fermés savourant le vent frais et les caresses d’Héra dans ses cheveux. Elle avait l’impression d’être retournée en arrière l’espace d’une seconde.

La voix de Vulcain la fit sursauter. Il hurlait contre sa libération, et quelque chose en rapport avec son père. Elle garda les paupières closes, luttant contre la gifle que lui donnerait la vie. Elle ne voulait pas retourner dans le monde et affronter ce qu’elle avait encore à affronter. Elle n’avait pas connu de peine si intense, elle ne comprenait pas pourquoi son corps agissait de cette façon. Son cœur, elle pouvait comprendre, mais pas son corps il ne lui faisait jamais défaut.

Elle finit par ouvrir les yeux. La fatigue était encore présente et elle savait qu’au moindre mouvement son corps la ferait encore souffrir, mais à cet instant, elle avait l’impression d’avoir trop bu.

Elle constata qu’elle était allongée sur l’un des bancs sur le pont. Sa tête posée sur les genoux d’Héra. Son contact la rassurait, sans ça, elle se doutait qu’elle serait encore à pleurer dans la forêt. Elle vit Vulcain attaché sur le côté. Apollo accoudé au mât discutant avec Diagon et Mercure. Diagon pensait la plaie de Mercure qui n’était plus qu’une entaille à peine plus grosse que son index. Ils discutaient rapidement et semblaient frais et parés pour la prochaine bataille qu’ils allaient sûrement endurer avec Liamos. Elle ferma les yeux en sentant le regard de Mercure sur elle. Elle fronça les sourcils. Elle n’avait envie de penser à rien d’autre qu’un bain et à un lit au chaud. Elle voulait retourner dans sa chambre au palais et ne plus en sortir.

— Je sais que tu es réveillé, chuchota Héra.

Laverna hésita, mais finit par grogner comme simple réponse.

Héra ne cessa pas de caresser ses cheveux.

— Nous rentrons, dit-elle doucement, tu resteras vivre avec moi comme au bon vieux temps.

Laverna sentit son cœur se serrer.

— Si je ne meurs pas de la main de soldats paranos, répondit-elle d’une voix éraillée.

— Le premier qui te touche je lui casserais le bras, s’amusa-t-elle.

— Je suis sûre que tu as perdu le coup de main.

Héra pouffa.

— Un coup comme ça ne s’oublie pas, lança-t-elle fièrement.

Laverna sourit. Héra était la grosse brute et elle était la voleuse. Elles formaient une paire imbattable. C’était pourquoi elles étaient les meilleurs éléments de toute l’île. Les autres voleurs les détestaient pour ça, et certains venaient souvent les voler ou s’en prendre à elles et Héra était toujours là pour les remettre à leur place.

— Je suis fière de toi, finit par dire Héra, tu as sauvé le monde.

Laverna pouffa à son tour.

— Je lui ai simplement volé son poignard.

— Et tu as pris le royaume de Mercure, renchérit Héra.

Laverna laissa échapper un petit rire. Elle l’avait déjà oublié.

— J’espère que vous avez pensé à récupérer ma couronne.

Héra ne répondit pas et cessa de caresser les cheveux de Laverna.

— Je suppose que non, répondit Laverna en se moquant. Vous êtes vraiment nuls, souffla-t-elle.

Héra ne répondit pas, mais Laverna conclut qu’elle avait levé les yeux au ciel.

— Je suppose qu’on pourrait en créer une nouvelle pour toi.

Laverna eut un sourire. Elle garda le silence quelques minutes, prête à retourner dans son sommeil et récupérer assez de force pour faire face à Liamos.

— On arrive.

Laverna sentit toute énergie la quitter. Il avait finalement pu traverser l’océan sans couler. Laverna repensa à l’oracle, « Une dernière bénédiction des dieux, pour que ton voyage au royaume se passe sans encombre ». Elle lui avait donné une chance pour retourner au royaume. Elle fut presque tentée de lever les yeux au ciel et laisser un remerciement, mais elle n’était pas sûre que l’oracle soit morte. Elle était certaine qu’elle trainait encore sur le marché à vendre des bibelots en tous genres.

Elle prit une longue inspiration et se redressa péniblement. Aussitôt, son corps se tendit et fit ressortir toutes les blessures qu’elle avait accumulées ces dernières heures, jusqu’au coup d’Éva sur son crâne. Elle rouvrit les yeux. La nuit commençait tout juste à laisser place au jour. Elle pouvait apercevoir une mince ligne de nuages plus claire au loin, elle se doutait que le soleil ne viendrait pas aujourd’hui.

Elle toucha son front, elle avait l’impression que son cerveau menaçait d’éclater. Elle toucha l’une de ses plaies. Elle retira aussitôt sa main en grimaçant.

— Tu seras guéri au palais, lui dit Héra avec un petit sourire, il vaut mieux que nous gardions nos pouvoirs pour Liamos.

Laverna hocha la tête.

— Je doute que Liamos soit un réel danger, dit-elle en soupirant, sans Éris il n’est rien.

Héra haussa les épaules et leva les yeux un peu plus loin. Laverna suivit son regard, Mercure arrivait vers eux.

— On pense que Liamos s’est enfui avec des bracelets. Laverna, qu’est-ce qu’il y a en dehors des fleurs ?

Laverna se redressa et se racla la gorge alors que Mercure venait d’arriver.

— Il m’a dit que Liamos avait réussi à combiner trois choses précieuses. Le sang d’un bâtard, l’or et les fleurs.

— En quoi ces trois choses pourraient permettent d’avoir un quelconque pourvoir ? demanda Mercure en laissant un mètre de distance entre eux.

— Parce que les bâtards possèdent des pouvoirs aussi pauvres qu’ils soient. Liamos a su se poser les bonnes questions, ajoute-t-elle, il manquait l’or et la fleur pour accélérer le tout.

Héra fronça les sourcils.

— Pourquoi l’or ?

— Votre sang est doré, non ? Le leur était rouge. Je suppose qu’il fallait en être au contact ou quelque chose comme ça.

Mercure passa une main sur son visage fatigué. Sa tunique était aussi sale que la sienne, mais la détermination n’avait pas quitté son regard une seule seconde. Il était prêt pour une dernière bataille.

Il baissa les yeux pour la regarder.

— Je suis désolé, dit-il d’une voix solennellement

Laverna sentit Héra glisser de l’autre côté du banc et partir longeant le mât pour rejoindre Diagon en grimaçant. Elle captiva une dernière fois son attention en baissant les mains. Elle lui intimait d’y aller doucement avec lui. Décidément, elle la connaissait par cœur.

— Pourquoi ? lui demanda-t-elle.

Ses lèvres s’étiraient dans une grimace face au ton de sa voix.

— De t’avoir laissé tomber, dit-il simplement. D’avoir ordonné de te tuer. Il marqua une pause. Je n’aurais pas été jusqu’au bout. Je devais simplement apaiser mes soldats. Ils avaient réussi à me mettre la pression, et Éva et Vulcain n’ont pas aidé. Je suis désolé de t’avoir laissé tomber.

Laverna se mordit l’intérieur de la joue. Elle n’avait rien à lui dire d’autre qu’elle se détestait d’être tombée dans ses bras.

Elle préféra garder le silence et hocha la tête comme simple réponse.

— Tu as quelque chose à me renseigner sur Liamos ? demanda-t-il, pour combler le silence.

Laverna chercha un instant avant de lever les yeux.

— On m’a dit qu’il commençait à exercer sa création sur les humains, dit-elle, mais je pense que sans le sang des bâtards c’est impossible.

— Sauf s’il a su s’en procurer avant.

Elle se leva aussitôt et posa son bras sur le sien. Il fronça les sourcils.

— Quoi ?

— Les corps n’étaient plus au sommet de la montagne, mais à la lisière de la forêt.

Mercure fronça les sourcils, cherchant à savoir où elle voulait en venir.

— Liamos n’a pas pu prendre le bateau puisque ce dernier était déjà en mer, expliqua-t-elle, il a dupé Diagon en lui faisant croire qu’il était déjà parti en mer.

Mercure recula d’un pas en comprenant ce qui se passait. Il jeta un coup d’œil vers le palais, il se dressait déjà devant eux. Les lumières étaient déjà allumées alors que le jour peinait à venir.

Mercure tira son sabre dans un bruit de métal.

— Tu es certaine ?

Elle secoua la tête.

— Ça me paraît logique, dit-elle, il n’aurait jamais pu rejoindre le bateau à la nage sans que Diagon le voie.

Mercure semblait hésiter, il chercha à voir le moindre mensonge dans son regard, mais finit par se tourner vers Diagon et Apollo. Il siffla et les deux nouveaux dieux levèrent la tête d’un même mouvement. Mercure réalisa plusieurs gestes que Laverna ne comprit pas, mais Diagon partit d’un côté et Apollo de l’autre. Héra suivit Diagon sans broncher. Mercure se tourna vers elle.

— Reste avec Vulcain, je reviens.

Elle fronça les sourcils et tira sur son bras.

— Je ne vais sûrement pas rester avec Vulcain, avec qui tu veux, mais pas lui, s’exclama-t-elle.

Mercure ferma les yeux, la sueur perlait déjà sur son front.

— Laverna si Liamos est sur ce bateau alors c’est le meilleur moment pour l’avoir et le tuer, je ne vais pas attendre qui foule mon royaume. Fais ce que tu veux.

Laverna ouvrit la bouche et le laissa partir par la première porte qu’il vit. Laverna grimaça et se rassit sur le banc derrière elle, la main sur le manche de son sabre. Elle leva les yeux sur Vulcain. Il regardait devant lui, déjà vaincu.

Elle se laissa tomber sur le dossier et étira ses jambes attendant que l’un d’eux débusque Liamos, ce qui ne devrait pas mettre longtemps. Il était peu probable qu’ils sachent se servir des pouvoirs, si le bracelet fonctionnait bien sur les humains.

Quelque chose craqua sous le bateau. Laverna se redressa en alerte au moindre bruit. Vulcain se tourna lui aussi vers le bruit. Il n’y avait plus aucune démence dans son regard, seulement de la tristesse.

— Ça n’est pas fini, dit-il en riant, l’évènement doit se réaliser et il se réalisera que vous le vouliez ou non.

Laverna se leva et s’avança vers lui.

— J’emmerde la destinée, dit-elle avec toute la confiance qui lui restait.

Elle dégaina son sabre rapidement et pointa le cou avec la pointe de son sabre.

— Dis-moi la suite du plan.

Vulcain parut amusé, mais Laverna planta déjà son sabre, assez profondément, dans le cou pour lui montrer qu’elle ne plaisantait pas.

— Je pense que j’ai assez tué aujourd’hui, dit-elle d’une voix sournoise. Qu’est-ce que Liamos compte faire ?

Vulcain baissa les yeux sur la lame reflétant les premières lueurs du jour.

— Tu ne peux pas me tuer, Laverna.

Elle baissa la lame et eut un sourire mauvais.

— Merde, c’est vrai ! conclut-elle. Mais personne n’est à l’abri d’une tempête, grimaça-t-elle.

Vulcain fronça les sourcils, mais Laverna rangeait déjà son sabre. Elle fit le tour de la chaise et en agrippa le rebord pour faire trainer la chaise sur le pont.

— Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il sous le ton de la panique.

— Je compte te jeter par-dessus bord pour te faire parler, on ira faire un tour dans l’eau. On pourra nager ensemble dans l’océan. Elle marqua une pause pour rire. Tu vas être emmerdé avec tes liens, fit-elle remarquer. Tu sais nager au moins ?

Vulcain tenta de se défaire des liens, mais quelque chose passa devant eux en emportant les débris de la porte. Vulcain tomba sur le côté alors que Laverna recula d’un pas, la main posée sur son sabre.

Liamos apparut fier de lui et changé. Il dégaina son sabre et lui pointa la poitrine avec son sabre avec une rapidité que Laverna ne lui connaissait pas.

Il avait maigri, beaucoup maigri et avait la corpulence d’un soldat s’entrainant tous les jours au combat. Ses cheveux ternes étaient devenus brillants et souples. Ses yeux transpercèrent Laverna en plein cœur. Il était en colère et quelque chose d’autre flottait dans son regard.

— Laverna, dit-il d’une voix franche. En tuant la déesse, tu lui as permis de me donner une essence divine pour avancer vers ma tâche finale.

Il tourna la tête vers celui qui avait traversé la porte en bois. Laverna ne fut pas surprise de voir Mercure. Il saignait d’une blessure au front et tenait son bras contre sa poitrine.

— Je sais maintenant ce que vous ressentez, c’est exaltant !

Laverna eut un petit sourire crispé.

— Alors Éris n’avait pas d’emprise sur toi ? lui demanda-t-elle en posant sa main sur son sabre.

Il éclata de rire et se tourna vers elle.

— Laverna, chérie, je n’ai pas besoin d’être soudoyé pour commettre des monstruosités. C’est d’ailleurs pourquoi ta mère m’a quitté, ajouta-t-il en grimaçant.

Laverna laissa échapper un ricanement.

— On me l’a déjà faite celle-là, renchérit-elle.

Liamos baissa son sabre et s’approcha rapidement d’elle, il posa une main sur sa joue. Le geste paraissait tendre, mais Laverna pouvait sentir ses doigts s’enfoncer dans sa joue.

— Tu peux me croire Laverna, les chiens ne font pas des chats. Ta mère est belle, si belle. Il glissa une mèche derrière ses cheveux. Et tu lui ressembles, mais elle a décidé de partir avec ce nouveau dieu en sentant que je devenais incontrôlable, mais tu es revenue, tu es toujours revenue.

Laverna avala sa salive et se dégagea de l’emprise de Liamos qui la rattrapa par ses cheveux. Elle cria par surprise. Il la rapprocha de lui.

— Oh, tu peux crier. Les autres ne viendront pas te sauver, chantonna-t-il à son oreille.

Laverna lui donna un coup dans l’estomac, il ne bougea pas d’un pouce.

— Tu ne sais même pas quel bien Éris m’a offert, elle avait presque prédit que tu la tuerais, dit-il d’une voix pressée, c’est pourquoi elle m’a offert son essence divine. Je peux presque dire que je suis le dieu de la discorde, ria-t-il. Et je compte bien détruire le monde et créer mes propres dieux.

Mercure se releva en gémissant de douleur, il tira le sabre de son fourreau, mais Liamos riait déjà et leva sa main libre dans sa direction. Quelque chose de chaud envahit Laverna puis l’orage gronda haut dans le ciel. Mercure hurla de douleur alors que Liamos riait à gorge déployée.

— Ça fonctionne, je le sens, s’écria-t-il. Je suis un dieu !

— Tu es fou, rectifia Laverna.

Liamos ferma son poing et Mercure hurla de plus bel. Laverna sentit son cœur battre à la vitesse de l’éclair.

— Arrête ! Tu vas le tuer ! se débattit-elle.

— C’est le but.

Elle prit de l’élan pour taper son pied dans le genou. Il recula d’un pas et elle lui fourra son pied dans l’entre-jambes. Il hurla alors que Mercure tombait à terre. Laverna en profita pour se défaire de sa prise et reculer d’un pas.

— Tu seras la prochaine déesse Laverna, tu es mon unique fille légitime. Tu seras la première, dit-il en secouant une fiole d’un contenu dorée devant elle. Tu deviendras une magnifique déesse de la discorde et des voleurs.

Laverna continua de reculer vers Mercure. Il ne bougeait plus.

— Tu es fou et dépassé par le pouvoir.

Liamos serra son sabre entre ses mains et secoua la tête.

— Tu ne comprends pas ? Tu restes l’unique humaine sur cette terre. Tu seras la risée de ce royaume. Ils vont vouloir te tuer, toi Laverna, la dernière humaine. Ils voudront ce monde pour eux seuls et tu seras un insecte si faible qu’ils pourront te tuer facilement.

Laverna secoua la tête et recula jusqu’à toucher Mercure avec ses pieds.

— C’est toi qui ne comprends pas, lança-t-elle, tu joues avec le feu.

Il soupira et lui tourna le dos. Le palais n’était plus très loin.

Elle se baissa pour regarder Mercure. Il était étendu sur le ventre. Elle le fit rouler sur le dos. Les yeux mi-clos, il semblait mort. Affolée, elle colla son oreille sur sa poitrine, elle dut se concentrer pour entendre son cœur battre faiblement.

— Mercure ?

Elle le secoua légèrement.

Il grogna et finit par rouvrir les yeux. Laverna soupira de soulagement.

— Tu m’as fait peur ! s’énerva-t-elle.

Un sourire étira les lèvres de Mercure, de l’amusement malgré la douleur.

— Tu…

Laverna hurla malgré elle. Liamos venait de planter son sabre dans la poitrine. Laverna recula et tomba sur les fesses. Mercure était mort. Liamos éclata de rire et frappa dans ses mains.

— Par les dieux, c’est si bon. Il se tourna vers le palais qui arrivait à grande vitesse. J’ai réussi, nous avons réussi, Laverna.

L’humaine laissa échapper un sanglot. Mercure avait les yeux encore ouverts et la douleur imprimée sur son visage.

Elle leva les yeux sur Liamos lui tournant toujours le dos. Elle se releva et se jeta dessus. Elle atterrit sur son dos. Liamos chancela par surprise et ils tombèrent ensemble sur le sol. Liamos grogna et la frappa au visage. Elle gémit de douleur et se releva plus vite que lui. Elle lui cassa le nez avec son pied. Il lui attrapa le pied et la fit chuter violemment. Sa tête heurta le sol durement. Elle tenta de bouger, mais son corps refusa. Elle rouvrit les yeux, tout semblait flou autour d’elle. Liamos vient se montrer à elle. Un sourire crispé sur son visage.

— Tu as le choix Laverna, dit-il en secouant la fiole contenant l’essence d’Eris. Il lança la fiole en l’air et la rattrapa. À toi de voir.

Il jeta la fiole à la mer avec un sourire cruel. Il se releva de toute sa gloire et s’approcha du mât. Il donna un simple coup de pied dans ce dernier et le mât se déchira comme du papier. Il tomba doucement vers le pont puis vint finir sa chute dans l’océan. L’eau froide éclaboussa le visage de Laverna.

Liamos lui sourit, un sourire mauvais.

— Je te souhaite bonne chance, ma fille, mais moi je compte devenir un dieu. Et tuer tous ces nouveaux dieux.

Sur ses derniers mots, il partit sur le pont. Elle entendit quelque chose tomber dans l’eau et plus rien. Elle resta inerte sur le sol les yeux rivés sur le ciel. La nuit s’était enfin lassée de son spectacle et avait laissé place au jour. Des lueurs rose et jaune s’annonçaient au loin. Elle ferma les yeux sentant la douleur lui tenir le cœur.

— Qu’est-ce que tu attends ? Il va tout détruire, dit Vulcain.

— Qu’est-ce que ça peut te faire ? dit-elle d’une faible voix.

Vulcain ne répondit pas tout de suite.

— Je ne pensais pas qu’il tuerait Mercure, admit-il. Je te conseille de plonger et récupérer cette fiole, la boire, partir à conquête et récolter ta gloire.

Laverna ferma les yeux un instant. Elle n’avait plus le choix, elle devait continuer de suivre sa destinée aussi triste et honteuse qu’elle soit. Elle se releva doucement. Elle chancela un instant et regarda le corps inerte de Mercure. Il ne méritait pas la mort. Elle renifla et regarda en direction où Liamos avait jeté la fiole. C’était le moment pour sauver le royaume. Elle prit son élan et sauta dans l’eau glacée.

— J’espère que tu sais nager, souffla Vulcain.

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