Postface

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Il y a des voix qui traversent les siècles sans perdre de leur éclat, des plumes qui, à peine posées sur le papier, deviennent des flambeaux. Étienne de La Boétie, né en 1530 à Sarlat, en est une. Ami intime de Montaigne, magistrat humaniste, il nous a laissé, à seulement dix-huit ans, un texte fulgurant : le Discours de la servitude volontaire. Ce jeune homme, mort trop tôt à trente-deux ans, a osé poser une question qui résonne encore comme un défi : pourquoi les peuples acceptent-ils si souvent leur propre oppression ? Son génie fut de montrer que la tyrannie ne tient pas seulement par la force, mais par l’assentiment même de ceux qui la subissent. À travers les siècles, sa voix nous rappelle que la liberté commence par le refus de se soumettre, même quand les chaînes sont dorées.

Petrov est un personnage de fiction mais La Boétie est bien réel et il nous lègue une leçon d’une actualité brûlante : la servitude est d’abord une affaire de complicité. « Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres », écrit-il. Son message est simple, radical, libérateur. Il ne s’agit pas seulement de renverser les tyrans, mais de refuser, chaque jour, les petites compromissions qui étouffent notre dignité. Dans un monde où l’on nous habitue à l’obéissance par la peur, la distraction ou l’illusion du confort, son appel à la lucidité et au courage résonne comme un écho lointain, mais tenace. La Boétie nous invite à regarder en face notre propre responsabilité : la liberté n’est pas un don, mais une conquête quotidienne.

Aujourd’hui, la pensée de La Boétie nous accompagne. Elle nous murmure que la révolte ne commence pas par les barricades, mais par le moment où l’on cesse de croire que l’injustice est une fatalité. « Il ne faut qu’un seul homme, un seul, pour dire non », semble-t-il nous souffler. Puissions-nous, à notre tour, être ce grain de sable dans les rouages de l’oppression, ce souffle qui ranime la flamme de la liberté. Car c’est là, peut-être, le plus bel hommage à rendre à ce jeune homme qui, il y a cinq siècles, nous a appris que le plus grand pouvoir des tyrans, c’est notre silence, notre complicité ; et que le premier acte de résistance est d'oser les briser.

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