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On dit souvent qu’on se souvient de son enfance. Moi, je crois surtout qu’on s’en souvient quand ça nous arrange. Quand ça sert un texte, une phrase, un souvenir qu’on veut faire briller comme un caillou poli.
Quand j’écris, je fais exactement ça : je fouille dans mes poches, je cherche un truc qui scintille, même un peu. Un mot, une image, un bruit. Le claquement d’une porte. Le rire d’un cousin. Le goût du chocolat chaud trop sucré. N’importe quoi qui me ramène quelque part.
Parce que c’est ça, écrire : pas aligner des phrases, mais retrouver des chemins.
Et parfois, ces chemins sont en bordel. Parfois, ils n’existent même pas. Alors je les invente. Mais je le fais avec sincérité — si ça a du sens.
Quand j’étais enfant, je rêvais de choses simples. Être heureuse. Être tranquille. Être quelqu’un qui se réveille le matin sans avoir peur de la journée.
Aujourd’hui, j’écris pour ça. Pour retrouver cette version de moi qui croyait que tout était possible, même les trucs idiots. Je ne cherche pas à faire joli. Je cherche à faire vrai. Et parfois, le vrai est moche, maladroit, ou complètement fou.
Mais au moins, il respire.
Alors oui, je me souviens de mon enfance. Pas parce qu’elle était parfaite, mais parce qu’elle me sert de boussole quand j’écris. Elle me rappelle ce que je voulais : raconter des histoires qui tiennent debout, même quand moi, je vacille.
Et si un prof de français veut me mettre un “mal dit” dans la marge, qu’il le fasse. Moi, je continue. Parce que mes mots, même tordus, sont les miens.

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