Chapitre 10 L'arrestation
Voilà tout à fin. J'avais perdu ma maison, mes animaux furent dans un refuge. Le meurtrier fut arrêté. On rapporta l'explication du jour du meurtre.
***
Nadia sonna chez Michel. Ulcéré, Michel protesta d'être dérangé. Nadia rentra. Le visage fermé, ronchon, elle arriva en trombe dans le vestibule, elle perçut Marlène sur le sol.
— Ah bah voilà du joli !
Michel lui barra le passage en la retenant par le bras.
— Mêle-toi de ce qui te regarde !
Nadia essaya de le repousser, Michel avait plus de force.
— Que fais-tu ici d'abord ? Ce n'était pas prévu que tu viennes ici.
— Ben si. Marlène m'a ...
Michel coupa.
— Tu n'as rien à faire ici !
— Bien au contraire ! Tu as du courrier !
Nadia lui donna les feuilles. Michel bougonna.
— Tu te permets d'ouvrir ...
— C'est quoi ce manège ? Nous n'étions pas sensés de parler au maire...
— Nadia, pas toi !
— Quoi ?
— Mais bon sang ! Avec elle, ce ne sont que des répétitions de demandes d'argent. Tu étais d'accord avec moi pourtant, tu as déjà oublié !
— Ah oui, je suis dans le même lot ? Dis carrément que je suis une rénégate !
Nadia fut vexée, Nadia chercha à s'introduire dans la pièce où Marlène était, il lui referma la porte.
— Tu reconnaissais pourtant...
— Michel, je ne pensais pas que tu mettrais ton idée en route.
— Des paroles en l'air ? Non. Elle est restreinte à se conformer à ses bêtes, ça va être quoi la prochaine fois ? Elle va rançonner et poursuivre la loi des séries de ces découverts ?
— Tu ne fais pas pour elle, mais pour ton propre intérêt.
Michel ne répondit rien. Nadia tourna la poignée de la porte.
— Elle a droit ...
— Non, Nadia.
Michel prit une barre de fer et assèna un premier coup sur la tête de Nadia. Elle cria de douleur.
— Aïe Michel !
— Je t'empêcherai de te mettre en toi et elle.
— Mais ...
Michel fut méreconnaissable, les plis de son visage se dessinaient par sa rage et sa détermination à ôter Nadia par n'importe quel moyen si elle ne taisait pas. Nadia se tenait la tête, accroupie, elle se plaignait.
— Enfin, Michel...
— Tais-toi !
Nadia tenta de sauver mais aucune issue ne fut possible.
— C'est usant à la fin. Elle a toujours des vélléités.
Il la roua de coups sur son crâne et au niveau du thorax. Elle le traita de taré, de dingue, de fou, d'aller en psychiatrie. Sa hargne augmenta au fil de ses mots. Nadia n'était pas de taille à se défendre. Il fallait qu'elle tombe. Ce serait sa victoire. Le sang coulait à flot sur la figure de Nadia, les yeux lui tournaient, puis un tournis, elle s'affaiblissait, elle ferma les yeux. Elle se sentit partir. Impossible de se retenir, elle chercha avec ses doigts de s'aggriper. Sa main désirait attraper le sachet de nem qui s'entrechoqua avec le flacon d'aromate. un coup fatal sur la tête puis elle dégringola. Le flacon roula sur le plan de travail et s'affala sur le carrelage. Elle flancha, son corps l'abandonnait.
Le bruit d'une voiture sur les gravillons.
Claquement de portière.
Un homme sonna.
Michel était dans sa furie. Il jeta un oeil par la vitre.
Le maire.
Il ne manquait plus que lui.
Une deuxième fois, il sonna.
Michel n'avait pas le choix. Michel ouvrit la porte brusquement.
— Vous ici ? Je ne vous ai pas invité !
— Vous avez déjà du monde. C'est inacceptable de me planter un couteau dans le dos. Nadia Bolcho est là, je le sais.
— Je n'ai rien à vous dire.
— Ah oui ? Vous combinez alors que je vous avais dit que la décision m'appartenait. Je suis prioritaire en tant que maire. Nous allons mettre les choses à plat, tous les quatre.
Victor bouscula Michel. Nadia agonisait dans la cuisine. Une traînée de sang dirigeait vers cette pièce, Michel avait du sang sur sa chemise par les projections. Victor suivit les traces. Michel fut impénétrable, la dureté dans son regard. Victor mit sa main sur sa bouche, ses yeux s'agrandirent et recula.
— Michel...
— Tout cela ne serait pas arrivé si je n'avais pas eu cette crevaison.
— Vous êtes complètement aliéné !
Victor se rapprocha de Nadia, tâta son pouls au niveau du cou.
— Il faut l'achever !
Michel lui sortit l'arme de Richard dans le tiroir.
— Je vous laisse l'honneur.
Indifférent, sans états d'âmes, ce rentier devint un scélérat. Il possédait une collection d'armurerie. Il tira, le sang gicla et s'étendit en une mare. Il emporta dans sa poche.
— Et l'autre ?
Admirant son flegme, Michel lui susurra en désignant où Marlène était.
— Je vous propose un marché, je suis prêt à fermer les yeux sur ce meurtre, si vous me laissez le terrain de Marlène Hérésie. J'ai les moyens pour le racheter. En l'inculpant de meurtre, ce ne sera qu'une formalité par la suite. Il suffit d'échanger les chemisiers avec le vôtre. Vous avez mis quelque chose dans sa boisson pour qu'elle ne se réveille pas ?
Désarçonné et tiraillé, Michel ne parvenait pas à réfléchir. Marlène pouvait se relever. Il n'aimait pas cela, il n'avait pas prémédité à l'avance et il fut au dépourvu. Il n'osa pas se mutiner contre lui. Pas le temps à la réflexivité et se retourner le cerveau dans de nombreuses stratégies.
— D'accord à condition d'avoir une part du gâteau, cinquante, cinquante.
— C'est moyonnable.
—Ne perdons pas temps, on va l'allonger dans la chambre d'ami.
Michel ouvrit la porte, à deux, un couteau rippa sur le sol, ils la trimbalèrent comme un sac de pommes de terre sur le lit. Michel se déshabilla et fit la même chose sur Marlène en lui troquant sa chemise.
—Mettez-lui un couteau dans la main avec du sang.
— Pourquoi ?
—Pour douter, son esprit sera confus. Quand elle reviendra à elle, désencombrez-vous de Nadia avec Marlène. Je vous piste, même si vous ne voyez pas.
Michel fit exactement comme il lui dictait.
Marlène sommeillait et elle commença à remuer à marmonner.
Le bruit sur le plancher.
— Pas un mot sur moi, je ne suis pas loin !
Victor se cacha dans la penderie.
***
Bruno était devant moi. Il avait demandé à me voir. Il m'expliqua en détail l'enquête. Par l'assassinat de Maryline, les empreintes digitales furent trouvées : sur la portière, sur le téléphone portable, sur le sac à main et sur foulard.
Les mêmes sur l'arme de Richard.
Anita avait subi une tentative de meurtre.
L'arme a été utilisée par Victor Rousselet.
Il était chez Michel Dumoulin.
Il était arrivé après Nadia.
Il était en colère contre Nadia avec la scène dans son bureau.
De même avec Michel Dumoulin, il ne voulait pas qu'il construise des logements.
Il voulait récupérer la maison de Marlène et ouvrir un parc d'attractions.
Victor Rousselet voulait que Marlène porte le chapeau pour Michel Dumoulin et Nadia Bolcho.
L'arme était chez Michel Dumoulin, Michel serait venu un jour pour voir Richard. Bruno l'aurait laissé monter. Michel l'aurait volé. Depuis quelques temps, quelqu'un rôdait autour de chez lui et il avait peur. Richard n'était pas là, ce jour là.
Victor Rousselet a suivi Michel Dumoulin et Marlène jusqu'à la forêt. Lorsque Marlène est partie, Victor a profité que Michel fut inconscient pour tirer sur lui. Une fois débarrassé de Michel, il se jeta l'arme à Creil . Le téléphone portable bornait partout où Marlène était passée.: chez Michel et à la forêt.
Victor avait peur que Maryline parle pour les emplois au noir à la police. Des mains courantes ont été déposées.
Moi qui attendais autre chose : un regard noir, des mots blessants.
Non, pas cela.
Je vis au contraire, des yeux émus. Nos mains étaient l'une dans l'autre. Il me toucha, c'était nos vingt ans qui revenaient. Celui que j'avais aimé. Nous avions tant de regrets . Et moi tant de souffrance pour ma famille. Je n'étais pas rancunière qu'il m'ait espionné. Le savoir encore amoureux me surprenait. Si je m'écoutais, je l'aurais même embrassé. Ce n'était pas raisonnable. Je pris conscience que durant dix années, je serais prisonnière de mes sentiments. Un voile sur mes yeux m'attrista. Je lui lâchai ses mains, si douces, si fortes. Je ne les mis plus en évidence, mais sous la table. Cela me frustrait, mais je renonçai à toute forme d'approche entre nous. Pas vraiment le choix. C'était déjà insupportable cette prison avec une vue sur la cour. Des lits superposés, une cellule sale avec des copines pas agréables, agressives, violentes. Ce n'était pas de leurs fautes, c'était l'environnement qui les rendaient comme ça.
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