Le festin de Dorian
Dorian l’enfant d’Oscar,
Lui même un brin faustien,
Fit par coquetterie,
Par amour des regards,
Un pacte avec le diable
Pour changer son destin..
Il devint immuable ,
Pour goûter au festin,
Savourer le nectar,
Et le suc de sa vie,
De sa propre existence..
Pour siroter sans fin,
Et ce jusqu’à l’ivresse,
La subtile quintessence,
Qu’incarnent la jeunesse,
Et la santé du corps ,
Dont il put se soûler,
Pour garder sa beauté,
Pour préserver son sort..
Il en fut insatiable..
Mais au fil des années,
Dans son éternité,
Il biaisa cette table,
Transformée en prison..
Il se mua peu à peu,
En un monstre sans feu,
Poussé par le démon..
Il engloutit une femme,
Et dévora sa flamme..
Il abusa du temps,
Et il jouit goulûment,
Sans honte et sans complexes,
Des agapes du sexe,
Comme des friandises,
Utilisant les gens,
Comme des gourmandises ..
Il cachait son portrait..
Ce dernier seul montrait,
La débauche de son âme,
Hideuse, grise et infâme,
La vieillesse de sa peau..
Il tua son ami,
Qui voulait gentiment,
Le sauver du tourment,
Puis ruinant le tableau,
Sombra dans le néant,
Dans l’abîme de l’oubli..

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