13.

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Une nouvelle nuit sans naturellement trouver le sommeil. Un nouveau cachet, comme si c'était la solution miracle alors que je fonce dans un trou béant qui s'élargit sous mes pieds.

J'ai chaud. J'ai froid. Je suis heureuse. Je suis impatiente. Mais je suis aussi dans un mood descendant. Je sens tout partir, comme si quelque chose était toujours aussi détraqué dans ma vie. Plutôt dans mon esprit.

Actuellement, tout va plutôt bien, même si c'est plutôt relatif. Et puis, alors que des choses pourraient avancer, cela revient.

La sensation de chute dans le vide, la volonté de pleurer, de me blesser, de sentir autre chose que cette sensation horrible de me sentir impuissante face à cette nouvelle vague. Le pire, sûrement, est que je ne saurais même pas décrire avec précision tout ce qui me traverse l'esprit et qui m'amène à me demander si je ne devrais pas provoquer ma propre fin.

C'est toujours étrange, pour moi, de penser qu'il serait aisé d'en terminer quand d'autres courent après la longévité. Ça l'est d'autant plus que je n'ai pas vraiment à me plaindre de ma vie actuellement.

J'ai été prévoyante, je m'en sors financièrement, je reprends contact avec l'extérieur tout en faisant des choses que j'aime. Pourtant, j'ai toujours l'impression que quelque chose sonne faux. Comme si ce n'était pas et que ça ne devait pas être ma vie.

Hier, je me suis présentée comme étant hypersensible. Je n'ai pas osé dire que j'avais, potentiellement, un problème plus grave dont j'ai l'impression d'être la seule à être consciente. Ce problème qui est à la fois ma force et mon alliée, mais aussi mon plus grand ennemi.

Je sais qu'il n'y a plus le deuil – ou presque – qui joue. Cela fait bien trop longtemps que cette option « END » trotte dans ma tête.

Et maintenant, en relisant mes derniers mots, j'ai l'impression d'écrire une sorte de lettre d'adieu qui n'en est pas une. Même si ça l'était, je n'aurais pas autant écrit.

Je me serais peut-être excusée, car des gens comptent sur moi. Peu, certes, mais il y en a. Pour le reste, je sais déjà qu'il serait inutile d'expliquer mon geste fatal, si je le faisais. Peu le comprendrait et ça ne servirait à rien.

Pourtant, pour moi, le fait de vouloir s'en aller avant l'heure a forcément une explication, un background et c'est l'ultime message avant un désespoir flagrant, mais invisible aux yeux de tous.


Je sais que ressasser des idées noires n'aide pas. Mais, quelque part, je ne peux faire autrement. Même si je ne sais pas si je publierai ces lignes (je doute qu'il y ait un public qui puisse accepter si facilement beaucoup de pensées que j'exprime), écrire noir sur blanc tout ce que je peux avoir en tête m'aide.

Après tout, il paraît que l'écriture est aussi une thérapie. C'est peut-être pour cela que j'en ai autant besoin dans ma vie.

Je n'avais aucune certitude en prenant ce carnet. Je savais juste que je risquais de passer d'un sujet à un autre, sans qu'il n'y ait de fil rouge. Pourtant, force est des constater qu'il y en a un. Ma mentalité, ma manière de raisonner, ma vision du monde, celle que je suis quand je me livre – partiellement ou totalement – avec comme seules aides un stylo noir, un carnet vierge et moi-même. Mes reculs, mes avancées, mes hésitations...

Si j'ai toujours cru que penser c'est forcément livrer une partie de soi, il n'a jamais été aussi vrai qu'avec ce carnet.

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