Mon journal intime - 19 novembre 2007 ma paranoïa
Le 19 novembre 2007 à
J'ai trouvé une introduction, chose rare dans tout ce que j'ai pu écrire jusqu'à maintenant.
Je n'arrive pas à voir l'évolution de mon esprit au fil du temps ! Ce qui, en soi, est un problème puisque je ne sais pas si j'évolue dans la bonne direction.
Il faudrait peut-être que je relise mon journal pour essayer de me comprendre, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui je suis en pleine réflexion. Dans un moment de solitude, au cours de ma journée de travail, je me suis surpris à repenser à certaines paroles que j'avais prononcées.
Le problème étant toujours Internet, je crois que pour que les choses soient claires, les MSN, Yahoo Messenger et autres messageries instantanées devraient être bannis de nos vies.
Je me sens assailli d'informations et privé de quelque chose d'essentiel : l'expression du visage des personnes. Je n'arrive pas à interpréter correctement les messages. Je ne perçois ni les regards, ni les sourires, ni les hésitations. Je ne me rends pas compte du second degré et j'ai beaucoup de mal à interagir uniquement par écrit.
Derrière quelques lignes de texte, chacun projette sa propre interprétation. Une phrase qui se veut drôle peut paraître agressive. Une remarque anodine peut devenir blessante. Un silence peut être interprété de mille façons différentes.
Je suis également très frustré de ne pas avoir de réponse quand j'écris. Je me sens ignoré et mis de côté. Quand une personne ne répond pas, mon esprit se met immédiatement à réfléchir. Ai-je dit quelque chose de mal ? Est-elle occupée ? Ne veut-elle plus me parler ? Je me retrouve à imaginer des dizaines d'explications alors qu'il n'y en a peut-être aucune.
Derrière un écran, le silence prend une importance démesurée. Quelques heures sans réponse peuvent parfois provoquer plus de questions qu'une discussion entière. Nous attendons, nous interprétons, nous imaginons, sans jamais réellement savoir.
Peut-être qu'Internet ne crée pas les problèmes. Peut-être qu'il ne fait que révéler notre incapacité à comprendre les autres lorsque tout ce qui fait de nous des êtres humains disparaît.
Mais les questions réelles que je me pose sont là,
Est-ce normal de ne pouvoir se vider l'esprit que fictivement ?
Et est-ce que pour pouvoir vivre une vie paisible et calme, nous devons éviter toute forme de stress, de question, de réflexion et de tracas plus ou moins intenses ?
Devons-nous être simples d'esprit pour être heureux ?
Parfois je me le demande. À force de réfléchir, de tout analyser, de tout remettre en question, je finis par envier ceux qui semblent vivre sans se poser autant de questions.
Devrais-je céder à la tentation et m'assommer de drogues pour devenir bête ?
Certains semblent le penser. Ils diraient sans doute qu'il faut apprendre à hiérarchiser ses problèmes. Déterminer une échelle des tracas. Pourquoi pas. Alors dirions-nous que tout ce qui se situe en dessous de 3 sur 10 est supportable. Le reste devrait être réglé rapidement afin de ne pas rendre fou celui qui doit le supporter.
Certains diront qu'il faut relativiser mais le problème de cette solution est qu'elle atteint rapidement ses limites. Quand on n'arrive plus à relativiser, les conséquences sont bel et bien là, le stress monte deux fois plus et c'est de pire en pire.
Ce que je ne comprends pas, c'est que certains événements qui semblent insignifiants peuvent toucher une personne profondément. À l'inverse, des événements bien plus graves peuvent parfois nous laisser complètement indifférents.
Comme d'habitude, bon nombre de questions m'envahissent et je me retrouve à jouer au psychanalyste. Alors que je ne suis personne et que je ne connais rien. Comme d'habitude je ne comprends toujours rien à ce monde qui nous entoure.
Ce qui m'inquiète dans mon état actuel, c'est la manière dont mon esprit analyse tout. Chaque parole prononcée par une personne devient un calcul complexe. Chaque phrase entraîne une interprétation, puis une autre, puis encore une autre. Et parfois je me demande jusqu'où ces analyses peuvent me mener.
M'enfin bref, j'arrive même à calculer mes paroles pour ne pas faire en sorte que les personnes puissent interpréter ça d'une manière ou d'une autre. À mon habitude je n'ai sûrement pas été très clair mais je ne me relirai pas. Après tout c'est mon journal intime et je ne force personne à le lire !
Mes théories sont fondées sur une expérience de vie d'un gamin de 20 ans. Et comme d'habitude je ne vous dirai que je vous emmerde !
Et je me ferai traiter de petit con complètement irrespectueux et je vous redirai que je vous emmerde.
Et on dira que je suis anarchique.
Oups, j'analyse et j'interprète encore ! Tout est différent, tout change mais les habitudes restent !
Qui je suis ?

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