Mon journal intime - 18 janvier 2008
Le 18 janvier 2008,
Bonjour,
Début de toute interaction, comme une lettre d'amour ou n'importe quel moyen de communication entre deux personnes. Oui, je parle du bonjour, une liaison de personnalité, j'appellerais ça. Oui, deux personnes qui se croisent, par courtoisie et convention, se disent bonjour. C'est fascinant.
Il y a quelques temps j'aurais dit un truc du genre : "désillusion humaine sur ce que nous ressentons vraiment de l'autre en face".
Mais aujourd'hui je vais plutôt vous dire que je commence à comprendre, il y a un code dans notre vie et nous devons les uns les autres communiquer par des conventions. Et je trouve ça extraordinaire qu'on arrive à s'entendre. Mais, cela ne résout pas tous les problèmes !
Je commence à comprendre mais la déprime est toujours là ! La fatigue sûrement. Certains essaient de m'expliquer qu'ils ont eu une vie très triste pour m'aider, pour me montrer qu'il y a pire. Je comprends leur intention, mais cela ne me rend pas plus heureux. La souffrance des autres n'efface pas la mienne.
Je préférerais parfois entendre quelqu'un me raconter qu'il se sent bien aujourd'hui, qu'il a passé une bonne journée, qu'il est heureux.
Pourtant il n'existe pas de formule magique pour réconforter celui qui souffre. Des fois on se sent simplement désarmé. Alors certains se taisent, d'autres réagissent par maladresse, et parfois même par violence.
Je me questionne, je me demande si je me sens vivre. Je travaille, je suis toujours à la fac, je fais des projets, je vis ... enfin, j'espère.
Que dire de plus ?
Je vis...
je vis...
je vis...
Ouaip, c'est de la balle...
Pas très intéressant de raconter quand on vit. J'ai mangé une pomme par-ci, une poire par-là. La tristesse est beaucoup plus facile à raconter. Bon, la joie aussi. Les romans d'amour aussi. Mais quand tout est calme, on raconte quoi ?
Qu'on est calme ?
Ma professeure de français me l'avait pourtant dit : s'il n'y a pas de tristesse, il n'y a pas d'histoire.
Aujourd'hui je me sens dans une neutralité des plus complètes. Rien ne me plaît vraiment, rien ne me dégoûte vraiment. Je ne suis pas heureux. Je ne suis pas malheureux.
Je suis là.
Je sais ce que mes éducateurs du foyer auraient dit :
« Benjamin, réagis, bouge ! Tu ne fais qu'aller à l'école, attendre le week-end pour voir ta mère et recommencer. VIS ! »
Bah je vis, merde !
Putain, je cherche tellement la stabilité que lorsque je la trouve, quelque chose cloche. Peut-être que je fais exprès de déprimer pour me compliquer la vie.
Hum !
Trois jours que je bosse chez Cdiscount.com et j'ai déjà l'impression qu'ils veulent me faire signer un CDI.
Merde...
Je ne serais pas en train d'aller bien par hasard ?
Allez, des défauts : je suis con... Je ne parle que de cul comme un obsédé. Fumer de la drogue ? Non, je ne me rendrais plus compte de ce que je fais, je pourrais pas rester con. En plus il se pourrait que je devienne meilleur (vous y croyez ?). En plus je parle à qui ? Ça t'ennuie si on se tutoie ?
Bon alors je te disais : oui, je me sens mal. Non, je disais que je me sens bien. Mais finalement je me rends compte que je me sens mal...
Ou alors peut-être que je ne suis ni bien ni mal. Peut-être que je m'ennuie simplement.
Le mal c'est quoi ? Le contraire du bien alors faut que je me sente bien pour contrer le mal... Ça marche, dingue mon cerveau....
Bon en vrai ce qui me manque c'est de la sociabilité. Faut que je sorte de mon trou à rat... Non, j'ai rien contre les rats (désolé Cana, c'est mon rat). Putain quelle merde cette télé !!! (Oui, je l'écoute en même temps).
Donc je disais, j'ai envie de sortir. Il y a pas moins de deux secondes je me réveille me voyant danser en boîte (tecktonik bien sûr) et puis je me dis que la sociabilité c'est la famille, les amis.
Non, moi j'ai envie de péter les plombs en boîte avec de la musique électro, dance, trance, hard. Petit hic : je prends pas d'exta, je suis pas gay, .... J'ai pas envie de me retrouver défoncé avec un truc dans mon verre, bordel de merde !
Bon allez, je prépare un business plan pour ouvrir une boîte électro bien sélecte (allez, soyons fous : obligation cuir pour tout le monde comme dans Matrix), oups mafia & co, merci beaucoup, encore un rêve tombé en désuétude avant d'avoir été lancé (est ce que cela s'écrit comme ça, j'en ai rien à foutre).
M'enfin des rêves j'en ai, j'adore ça...
Oups j'y arrive, dis rien c'est secret, je te parle qu'à toi...
Au fait la fatigue ça fait des ravages.... je vais dormir !

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