Chapitre 41
J’avais tort. Une nuit de repos n’était pas la solution.
Je sens quelque chose d’humide sur mon front. J’entrouvre les yeux et distingue Adrian penché au-dessus de moi. Ses lèvres bougent, mais sa voix me parvient étouffée, lointaine. Mes oreilles bourdonnent sous une pression sourde, presque douloureuse. Mon corps est trop lourd pour le moindre petit mouvement. Des frissons me traversent par vagues violentes, me donnant l’impression de recevoir de brèves décharges électriques.
— Catelyn, tu m’entends ? Ta fièvre ne baisse pas.
Ses doigts s'attardent sur ma chemise de nuit. Un instant plus tard, un filet d’air frais effleure ma peau. Mes yeux balayent la pièce, et s'arrêtent sur lui.
— Ap… appelle Camilo…
Il disparaît de mon champ de vision, puis réapparaît, les bras chargés de linge.
— C’est la cinquième, dit-il en étalant une serviette froide sur mon ventre. Je dois les passer sur tout ton corps. Tu es brûlante, Catelyn.
Je sens un contact glacé sur mes jambes, et le tissu sur mon front est rapidement remplacé par un nouveau humide.
— J’ai déjà appelé le médecin. Il sera bientôt là.
Ses mains s’agitent avec précaution. Il continue à parler, mais déjà je ne l’entends plus.
Je suis dans un jardin, le soleil brûlant caresse ma nuque. Une brise légère fait danser ma petite robe autour de mes jambes. La terre, encore humide de la pluie de la veille, colle doucement à mes pieds potelés. L’air est chargé de cette odeur de sol mouillé, douce et fraîche. Accroupie, je tends la main sans oser toucher, fascinée par une petite bête rose qui se tord et se faufile laborieusement sous la terre.
— Caty… te voilà enfin. Nous te cherchions partout.
Je me tourne vers l’homme qui se tient derrière moi et lui souris. Il bloque la lumière du soleil qui m’éclairait, projetant son ombre sur mon petit corps. Un véritable soulagement brille dans ses yeux.
— Ver, dis-je, en lui montrant la petite créature qui rampe sur mon pied recouvert de sable.
Il s’accroupit à mes côtés et observe avec moi la lente progression de l’invertébré, qui est loin d’être flatteuse.
— Oui, ma chérie, c’est un ver. Ils sont essentiels à l’écosystème des plantes.
— Plantsss, répété-je en désignant les pots de fleurs devant moi.
Il rit doucement de ma mauvaise prononciation, puis me soulève du sol et me cale contre sa hanche. Je lève la main vers son visage pour lui montrer le trésor niché dans ma paume, un peu de sable du jardin. Il approche son doigt mais déjà je verse le contenu dans ma bouche.
— Non, non, Caty. Recrache ça tout de suite.
Il glisse son index dans ma bouche et en retire le sable d’un geste rapide.
— Ta mère va me tuer.
Je lève un doigt vers les plis de son front, amusée par la drôle de texture sous mes mains. J’attrape sa barbe, tire dessus, et éclate d’un rire clair, presque chantant. Mon père me fixe un long moment, le visage faussement sévère, puis son expression se brise et il sourit en voyant mes joues devenues toutes rouges à force de m’esclaffer.
— Tu seras ma fin, ma petite Catelyn. Allez viens, allons rejoindre maman. Elle est sur le point d’appeler les flics.
Je reste blottie dans les bras de mon père tandis que nous traversons le dédale des couloirs vers ma mère, dont j’entends déjà les pas précipités se rapprocher.
— Mama, murmuré-je. Maman…
J’entrouvre les yeux, aveuglée par une lumière orange qui filtre à travers mes paupières.
— Elle délire. Il faut la déplacer sans tarder.
Le brouillard dans ma tête se dissipe légèrement, et je parviens à reconnaître Camilo. Son visage se dédouble un instant avant de se fixer. Il porte sa chemise bleue et son pantalon noir habituel. Ses lunettes glissent sur son nez tandis qu’il m’examine attentivement,
— Emmenez-la à l’infirmerie, dit-il en se tournant vers Adrian.
— Non, protesté-je en tentant de me redresser.
Un vertige me coupe aussitôt le souffle. Le matelas semble se dérober sous mon corps, et mes bras ne me répondent plus comme je le voudrais. Adrian apparaît à mon chevet et me force à me rallonger, une main ferme sur mon épaule.
— Je ne veux pas y aller. Je t’en supplie…
Son regard est confus, et il semble hésiter entre la raison et la détermination qu’il lit dans mes yeux. Il se penche vers moi, suffisamment près pour que nos regards s’ancrent l’un dans l’autre.
— Catelyn, nous ne savons pas ce que tu as.
Sa main chasse les mèches collées à ma tempe. Je baigne dans ma propre sueur, et le tissu de mes vêtements semble adhérer à ma peau.
— Cette chambre n’est pas adaptée pour des soins. Tu ne peux pas…
— S’il te plaît, coupé-je en resserrant ma prise autour de ses doigts.
Je rassemble ce qu’il me reste de forces pour rendre ma voix aussi claire et ferme que possible.
— Je n’irai pas à l’infirmerie.
Les mots sortent sans trembler, mais l’effort vide le reste de mes forces. La pièce vacille autour de moi et je retombe lourdement sur le lit.
Un silence lourd suit ma déclaration. Adrian me fixe longtemps, puis petit à petit, son visage devient flou. Sa voix me parvient encore, mais son corps n’est plus qu’une silhouette flottante.
— Elle n’est plus elle-même.
— Adrian…, murmuré-je en me penchant vers lui.
Mais à la place, je sens des mains me surélever du lit.
— Ne la touchez pas !
Le temps d’un souffle, Adrian n’est plus à mes côtés. Autour de moi, des formes s’agitent, leurs gestes saccadés trahissant une discussion que je n’entends plus. Mes oreilles bourdonnent si fort que tout le reste disparaît. L’air devient soudain glacial, et mon corps se fige, raide comme une planche. Une vague incontrôlable me traverse, me secoue de part en part. Une douleur que je n’ai jamais ressentie me transperce tout le corps. Mes muscles se crispent, se relâchent, puis se contractent à nouveau, sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Je tremble de tout mon être, secouée par des spasmes qui me coupent le souffle, tandis que la pièce continue de tourner autour de moi. Des mains me maintiennent immobile. Plusieurs visages défilent sous mes yeux, leurs lèvres remuent dans tous les sens. Puis l’obscurité m’engloutit.
Je suis devant une fenêtre. Un parc verdoyant s’étend sur des kilomètres à l’horizon. Au-dessus de ma tête, une ampoule en néon éclaire vivement la pièce. La porte sur le côté s’ouvre, et Adrian entre, un nouveau-né endormi dans ses bras, les poings serrés.
— Que fais‑tu debout ? Et où sont les infirmières ?
Il referme la porte derrière lui et s’approche. Arrivé à ma hauteur, il me détaille de la tête aux pieds, l’émotion à peine contenue dans sa voix.
— J’ai eu si peur, dit-il en me prenant dans ses bras.
Il me serre fort, longtemps, puis finit par me lâcher. Mes yeux restent fixés sur l’enfant entre nous. Adrian le remarque aussi.
— Il est si paisible, n’est-ce pas ? On ne dirait pas qu’il a frôlé le pire.
Je relève vivement la tête vers lui. Son regard s’attarde sur le bébé avant de croiser le mien.
— Tu dois t’allonger.
Il me dirige vers le lit derrière moi. C’est alors que je remarque la chambre. Deux bouquets de fleurs reposent sur la table de chevet. De l’autre côté du lit, un moniteur émet un bip régulier. Je m’assois et lève les yeux vers la télévision en face, qui diffuse une émission muette. Je remarque alors le cathéter maintenu dans mon bras par un adhésif. Je m’allonge dans les draps frais et propres. L’odeur de la chambre est agréable, douce, très différente de celle persistante des hôpitaux. Adrian tire une chaise que je n’avais pas vue, s’assoit et commence à défaire le bandeau où repose le nouveau-né.
Il lève les yeux vers moi et, face à mon immobilité, murmure doucement.
— Il faut que tu déboutonnes ta chemise.
Je le fixe, confuse.
— Pour le peau à peau, explique-t-il.
Mes sourcils se froncent, les plis de mon front se creusant davantage.
— Tu n’as pas pu le faire tout à l’heure… Le docteur devait s’occuper de toi. On a failli te perdre, Catelyn.
Sa voix se brise sur la fin. Mes traits s’adoucissent en lisant la peine et la peur sur son visage, même si je ne comprends pas tout ce qui se passe. Ses yeux sont embués lorsqu’il s’approche de moi, le bébé serré contre lui.
Je fais ce qu’il me demande et déboutonne les trois premiers boutons de ma chemise, laissant ma poitrine à découvert. Adrian pose délicatement le bébé contre moi, et instinctivement, mes mains l’enlacent. Il sent bon. Il a l’odeur d’Adrian.
— C’est notre fils, murmurai-je dans un sanglot.
Il étire légèrement ses minuscules doigts, son petit corps emmitouflé dans du coton, et pousse un petit gazouillis, comme pour me faire croire qu’il va se réveiller.
— Oui, c’est notre fils, Catelyn. Il est magnifique.
Je dépose un baiser sur sa tête, ronde et fragile. Je ferme les yeux et fredonne un petit air, laissant la chaleur de ce moment m’envahir. Tout est si calme dans ma tête. C’est la première fois que je ressens une telle sérénité.
— De l’adrénaline… elle est en arrêt cardiaque.
Je lève la tête vers Adrian, mais il a disparu. Le vide dans mes bras me pousse à baisser les yeux, et mon fils aussi s’est volatilisé. Toute la pièce se défait autour de moi, les contours s’effilochent. Peu à peu, le noir m’envahit, et je me sens glisser dans un vide silencieux.
Chapitre 41
J’avais tort. Une nuit de repos n’était pas la solution.
Je sens quelque chose d’humide sur mon front. J’entrouvre les yeux et distingue Adrian penché au-dessus de moi. Ses lèvres bougent, mais sa voix me parvient étouffée, lointaine. Mes oreilles bourdonnent sous une pression sourde, presque douloureuse. Mon corps est trop lourd pour le moindre petit mouvement. Des frissons me traversent par vagues violentes, me donnant l’impression de recevoir de brèves décharges électriques.
— Catelyn, tu m’entends ? Ta fièvre ne baisse pas.
Ses doigts s'attardent sur ma chemise de nuit. Un instant plus tard, un filet d’air frais effleure ma peau. Mes yeux balayent la pièce, et s'arrêtent sur lui.
— Ap… appelle Camilo…
Il disparaît de mon champ de vision, puis réapparaît, les bras chargés de linge.
— C’est la cinquième, dit-il en étalant une serviette froide sur mon ventre. Je dois les passer sur tout ton corps. Tu es brûlante, Catelyn.
Je sens un contact glacé sur mes jambes, et le tissu sur mon front est rapidement remplacé par un nouveau humide.
— J’ai déjà appelé le médecin. Il sera bientôt là.
Ses mains s’agitent avec précaution. Il continue à parler, mais déjà je ne l’entends plus.
Je suis dans un jardin, le soleil brûlant caresse ma nuque. Une brise légère fait danser ma petite robe autour de mes jambes. La terre, encore humide de la pluie de la veille, colle doucement à mes pieds potelés. L’air est chargé de cette odeur de sol mouillé, douce et fraîche. Accroupie, je tends la main sans oser toucher, fascinée par une petite bête rose qui se tord et se faufile laborieusement sous la terre.
— Caty… te voilà enfin. Nous te cherchions partout.
Je me tourne vers l’homme qui se tient derrière moi et lui souris. Il bloque la lumière du soleil qui m’éclairait, projetant son ombre sur mon petit corps. Un véritable soulagement brille dans ses yeux.
— Ver, dis-je, en lui montrant la petite créature qui rampe sur mon pied recouvert de sable.
Il s’accroupit à mes côtés et observe avec moi la lente progression de l’invertébré, qui est loin d’être flatteuse.
— Oui, ma chérie, c’est un ver. Ils sont essentiels à l’écosystème des plantes.
— Plantsss, répété-je en désignant les pots de fleurs devant moi.
Il rit doucement de ma mauvaise prononciation, puis me soulève du sol et me cale contre sa hanche. Je lève la main vers son visage pour lui montrer le trésor niché dans ma paume, un peu de sable du jardin. Il approche son doigt mais déjà je verse le contenu dans ma bouche.
— Non, non, Caty. Recrache ça tout de suite.
Il glisse son index dans ma bouche et en retire le sable d’un geste rapide.
— Ta mère va me tuer.
Je lève un doigt vers les plis de son front, amusée par la drôle de texture sous mes mains. J’attrape sa barbe, tire dessus, et éclate d’un rire clair, presque chantant. Mon père me fixe un long moment, le visage faussement sévère, puis son expression se brise et il sourit en voyant mes joues devenues toutes rouges à force de m’esclaffer.
— Tu seras ma fin, ma petite Catelyn. Allez viens, allons rejoindre maman. Elle est sur le point d’appeler les flics.
Je reste blottie dans les bras de mon père tandis que nous traversons le dédale des couloirs vers ma mère, dont j’entends déjà les pas précipités se rapprocher.
— Mama, murmuré-je. Maman…
J’entrouvre les yeux, aveuglée par une lumière orange qui filtre à travers mes paupières.
— Elle délire. Il faut la déplacer sans tarder.
Le brouillard dans ma tête se dissipe légèrement, et je parviens à reconnaître Camilo. Son visage se dédouble un instant avant de se fixer. Il porte sa chemise bleue et son pantalon noir habituel. Ses lunettes glissent sur son nez tandis qu’il m’examine attentivement,
— Emmenez-la à l’infirmerie, dit-il en se tournant vers Adrian.
— Non, protesté-je en tentant de me redresser.
Un vertige me coupe aussitôt le souffle. Le matelas semble se dérober sous mon corps, et mes bras ne me répondent plus comme je le voudrais. Adrian apparaît à mon chevet et me force à me rallonger, une main ferme sur mon épaule.
— Je ne veux pas y aller. Je t’en supplie…
Son regard est confus, et il semble hésiter entre la raison et la détermination qu’il lit dans mes yeux. Il se penche vers moi, suffisamment près pour que nos regards s’ancrent l’un dans l’autre.
— Catelyn, nous ne savons pas ce que tu as.
Sa main chasse les mèches collées à ma tempe. Je baigne dans ma propre sueur, et le tissu de mes vêtements semble adhérer à ma peau.
— Cette chambre n’est pas adaptée pour des soins. Tu ne peux pas…
— S’il te plaît, coupé-je en resserrant ma prise autour de ses doigts.
Je rassemble ce qu’il me reste de forces pour rendre ma voix aussi claire et ferme que possible.
— Je n’irai pas à l’infirmerie.
Les mots sortent sans trembler, mais l’effort vide le reste de mes forces. La pièce vacille autour de moi et je retombe lourdement sur le lit.
Un silence lourd suit ma déclaration. Adrian me fixe longtemps, puis petit à petit, son visage devient flou. Sa voix me parvient encore, mais son corps n’est plus qu’une silhouette flottante.
— Elle n’est plus elle-même.
— Adrian…, murmuré-je en me penchant vers lui.
Mais à la place, je sens des mains me surélever du lit.
— Ne la touchez pas !
Le temps d’un souffle, Adrian n’est plus à mes côtés. Autour de moi, des formes s’agitent, leurs gestes saccadés trahissant une discussion que je n’entends plus. Mes oreilles bourdonnent si fort que tout le reste disparaît. L’air devient soudain glacial, et mon corps se fige, raide comme une planche. Une vague incontrôlable me traverse, me secoue de part en part. Une douleur que je n’ai jamais ressentie me transperce tout le corps. Mes muscles se crispent, se relâchent, puis se contractent à nouveau, sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Je tremble de tout mon être, secouée par des spasmes qui me coupent le souffle, tandis que la pièce continue de tourner autour de moi. Des mains me maintiennent immobile. Plusieurs visages défilent sous mes yeux, leurs lèvres remuent dans tous les sens. Puis l’obscurité m’engloutit.
Je suis devant une fenêtre. Un parc verdoyant s’étend sur des kilomètres à l’horizon. Au-dessus de ma tête, une ampoule en néon éclaire vivement la pièce. La porte sur le côté s’ouvre, et Adrian entre, un nouveau-né endormi dans ses bras, les poings serrés.
— Que fais‑tu debout ? Et où sont les infirmières ?
Il referme la porte derrière lui et s’approche. Arrivé à ma hauteur, il me détaille de la tête aux pieds, l’émotion à peine contenue dans sa voix.
— J’ai eu si peur, dit-il en me prenant dans ses bras.
Il me serre fort, longtemps, puis finit par me lâcher. Mes yeux restent fixés sur l’enfant entre nous. Adrian le remarque aussi.
— Il est si paisible, n’est-ce pas ? On ne dirait pas qu’il a frôlé le pire.
Je relève vivement la tête vers lui. Son regard s’attarde sur le bébé avant de croiser le mien.
— Tu dois t’allonger.
Il me dirige vers le lit derrière moi. C’est alors que je remarque la chambre. Deux bouquets de fleurs reposent sur la table de chevet. De l’autre côté du lit, un moniteur émet un bip régulier. Je m’assois et lève les yeux vers la télévision en face, qui diffuse une émission muette. Je remarque alors le cathéter maintenu dans mon bras par un adhésif. Je m’allonge dans les draps frais et propres. L’odeur de la chambre est agréable, douce, très différente de celle persistante des hôpitaux. Adrian tire une chaise que je n’avais pas vue, s’assoit et commence à défaire le bandeau où repose le nouveau-né.
Il lève les yeux vers moi et, face à mon immobilité, murmure doucement.
— Il faut que tu déboutonnes ta chemise.
Je le fixe, confuse.
— Pour le peau à peau, explique-t-il.
Mes sourcils se froncent, les plis de mon front se creusant davantage.
— Tu n’as pas pu le faire tout à l’heure… Le docteur devait s’occuper de toi. On a failli te perdre, Catelyn.
Sa voix se brise sur la fin. Mes traits s’adoucissent en lisant la peine et la peur sur son visage, même si je ne comprends pas tout ce qui se passe. Ses yeux sont embués lorsqu’il s’approche de moi, le bébé serré contre lui.
Je fais ce qu’il me demande et déboutonne les trois premiers boutons de ma chemise, laissant ma poitrine à découvert. Adrian pose délicatement le bébé contre moi, et instinctivement, mes mains l’enlacent. Il sent bon. Il a l’odeur d’Adrian.
— C’est notre fils, murmurai-je dans un sanglot.
Il étire légèrement ses minuscules doigts, son petit corps emmitouflé dans du coton, et pousse un petit gazouillis, comme pour me faire croire qu’il va se réveiller.
— Oui, c’est notre fils, Catelyn. Il est magnifique.
Je dépose un baiser sur sa tête, ronde et fragile. Je ferme les yeux et fredonne un petit air, laissant la chaleur de ce moment m’envahir. Tout est si calme dans ma tête. C’est la première fois que je ressens une telle sérénité.
— De l’adrénaline… elle est en arrêt cardiaque.
Je lève la tête vers Adrian, mais il a disparu. Le vide dans mes bras me pousse à baisser les yeux, et mon fils aussi s’est volatilisé. Toute la pièce se défait autour de moi, les contours s’effilochent. Peu à peu, le noir m’envahit, et je me sens glisser dans un vide silencieux.

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