78 - 11 h 02
2 - 11 h 02
Quelque chose me gratte le nez. J’ouvre les yeux. Bouboule est assis à mes côtés et me lèche le visage. Sucette n’est pas très loin et attends, elle aussi, sa gamelle de croquettes. Cette nuit, j’ai dormi comme un bébé. Je ne me suis pas réveillée une seule fois pour faire pipi ou par un quelconque cauchemar. J’attrape mon téléphone et ouvre mes notifications. C’est la catastrophe. Dix-huit appels en absence d’Eddie et un SMS de Fanny. Je l’ouvre.
Fanny :
Bonjour à tous,
Je vous rappelle qu’à 12 h tout à l’heure, se tiendront les funérailles de Mathias Lacroix au cimetière de Montrouge. Vous êtes ensuite conviés à un repas chez M. et Mme Lacroix.
À tout à l’heure.
Merde. L’enterrement. C’est dans moins d’une heure et je suis encore dans les draps en culotte et débardeur. J’éjecte les chats du lit et fonce dans la salle de bain.
— ABBA, mets Alexa sur Spotify.
Rien ne se passe. Elle aussi n’est pas réveillée ?
— Alexa, mets ABBA sur Spotify.
— D’accord.
Sous la douche, je fais du trois en un : pipi, brossage des dents et nettoyage du visage. C’est la course. C’est moi ou un lutin s’amuse à faire tourner l’aiguille plus vite qu’elle n’est censée tourner ?
— Du noir… du noir… du noir…
Je fouille dans ma penderie, mais n’y trouve que de la couleur. Il n’y a pas une trace de noir dans cette penderie. Merci, Lou Dutint. J’opte pour un smoking bleu foncé qui est ce que j’ai de plus sombre. Alors que j’enfile mon collant, le téléphone sonne, c’est Eddie.
— Oui ? J’ai pas le temps, je suis en retard.
— T’es sérieuse ? Ça fait vingt fois que je t’appelle !
Encore une fois, Eddie est énervée après moi. Jamais, depuis le début de notre amitié, nous ne nous sommes brouillées à ce point.
— Qu’est-ce que tu veux, Eddie ?
— Je t’attendrai devant le portail du cimetière. Et je t’appellerai pas Kristelle, bien entendu.
— Appelle-moi Kristie, ça fera l’affaire. Je t’écris quand j’arrive, à tout !
Elle n’a pas le temps de rajouter autre chose que j’ai raccroché. Je cours dans la cuisine nourrir les chats, faire couler un café, commander un Uber et surtout, allumer une cigarette. Ce matin, j’en ai besoin. Un message de Fabio apparaît sur mon téléphone, je l’ouvre.
Fabio :
Salut charmante Kristie,
Je te souhaite une bonne journée, on se voit à 15 h.
Bises, Fab.
Je vais tout de suite mieux. Ma pression artérielle redescend, tout comme le stress qui ne me quitte pas depuis mon réveil. Je suis tout, sauf impatiente de voir ma sœur pleurer à chaud de larme dans les bras de ma mère. Extraite à mes pensées par une nouvelle notification, j’ouvre mon téléphone. L’Uber est là.

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