85 - 22 h 22
9 - 22 h 22
J'ai besoin de vos avis sur la scène qui se déroule ici. Pourriez-vous me dire, après lecture, si tout ne se déroule pas un peu vite ? Je veux dire par là, dans la description de la scène. Après un peu de recul, je réalise que mon plus gros défaut dans l'écriture, c'est d'aller trop vite. Avec ce roman, ça colle avec le rythme, certes, mais pour ce chapitre, n'est-ce pas trop rapide ? Les descriptions, le récit se suffisent-ils ?
La playlist arrive à sa fin. Assis sur le canapé l’un en face de l’autre, un verre de vin à la main, nous refaisons le Monde. Fabio pense que la France manque de compassion envers les pays les plus pauvres, je pense que l’on en fait bien assez. Je préfère le vin français à l’italien, il affirme que l’italien est bien meilleur que le français (pour des raisons qu’il est incapable de citer).
— Alors, on est à court d’arguments ?
— Pas du tout ! C’est juste que…
— Que quoi ?
— C’est toi.
— Quoi, moi ?
— Tu me déconcentres.
— Hein ?
— Tes yeux, ton sourire, ton rire, tout. Oui, ça me déconcentre.
Je souris, mes joues rougissent de timidité et mes mains deviennent moites.
— Je ne sais pas l’expliquer, mais j’ai l’impression de te connaître depuis toujours Kristie et…
Kristie. Oui, c’est de Kristie qu’il tombe sous le charme, et non Kristelle. Un sentiment de tristesse m’envahit, mais disparaît dès que ses lèvres entrent en contact avec les miennes. Elles sont chaudes, douces et délicates. Notre premier baiser, enfin. C’est la première fois depuis des mois que je me sens si libre, si heureuse. Si je dois abandonner Kristelle pour continuer de me sentir ainsi, alors faisons-le.
— Pardon, c’était plus fort que moi, il dit.
— Tu peux continuer.
On s’embrasse et on ne s’arrête plus. Le temps se fige, plus rien n’existe autour de nous. Il y a lui et il y a moi. Ce moment, je le sais, je l’attends depuis ce jour où il s’est présenté à ma porte pour s’excuser de l’excès de bruit. J’ai su que cet homme serait lié à moi, d’une manière ou d’une autre.
Nous continuons de nous embrasser et ma température corporelle augmente, je le sens. Ses mains se baladent sur ma peau, sur mon dos, sur mes cuisses, sous mon t-shirt, dans mes cheveux et sur ma poitrine. J’ai chaud. Ses lèvres effleurent mon cou, mes joues, mes lèvres, ma poitrine. Elles ne perdent pas de leur douceur. Je suis sur un petit nuage dont je ne veux plus jamais redescendre.
Fabio approche ses lèvres de mon oreille.
— J’ai envie de toi.
Moi aussi, j’ai envie de lui. Plus qu’il ne l’imagine.
— Je suis sincère…
Je l’attrape par la main et l’entraîne jusqu’à la chambre. J’allume la pièce, car oui, pour la première fois, j’ai envie de voir. Je veux que nos regards se croisent, que nos peaux se touchent et que nos corps ne fassent qu’un. Il m’allonge sur le lit, se penche sur moi et continue de m’embrasser.
— Tu es si belle, il murmure.
L’un après l’autre, on se déshabille vêtement après vêtement. Il enlève mon pantalon, je retire sa chemise. Il dégrafe mon soutien-gorge, j’enlève son jean. Mes mains le caressent, se baladent sur son corps imparfait. Des poils sur le torse, des poignées d’amour, des jambes généreuses… J’aime tout ce que je vois et tout ce que je sens.
J’ai chaud. La température de la pièce avoisine les vingt-neuf degrés, mais plus rien d’autre n’existe. Plus rien d’autre n’existe à part lui.

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