88 - 10 h 24
3 - 10 h 24
La lumière qui englobe la pièce me réveille. Fabio, encore endormi, ronfle comme un bébé. Je me tourne et l’observe. Je passerais des heures à le regarder dormir. J’ouvre mon téléphone : 10 h 25. Merde, j’ai roupillé près de trois heures. Je passe une main dans mes cheveux pour les remettre en place, me nettoie les yeux et attrape une pastille de menthe fraîche. Je n’attends pas plus longtemps, je le réveille.
— Hum, hum.
Il ne bouge pas. Son ronflement perdure.
— Hum, hum, hum.
— Quoi ? il dit.
Surprise, je sursaute.
— Tricheuse ! T’as pris une pastille de menthe et pas moi.
— Tu ne dormais pas ?
— Dormir ? Alors que la plus belle femme du monde est couchée à côté de moi ?
Il m’attrape dans ses bras et me fait glisser jusqu’à lui. Il sent aussi bon que la veille, peut-être plus encore. Son corps est chaud et je me fiche de savoir si pastille de menthe il y a eu, je l’embrasse.
— Bien dormi ? il demande.
— Comme un bébé.
— Prête pour une journée patinage ?
Non. Toujours non.
— À ce propos…
— Ah non, on ne se dégonfle pas !
— Je ne me dégonfle pas ! C’est juste que…
— C’est juste que quoi ?
Il me serre un peu plus dans ses bras et m’embrasse, encore et encore. Nos mains se baladent sous la couette et pour la quatrième fois, Fabio va me faire l’amour.
WOW.
— Un café ? je propose.
— Avec plaisir. La douche, c’est par là ?
— Au fond du couloir ! Tu trouveras des serviettes dans le placard. Fais comme chez toi, je prépare le petit-déj !
Ce mec est une machine à sexe, ce qui est nouveau pour moi. Oui, je le dis, Mathias ne l’était pas. Nos relations sexuelles étaient aussi tristes qu’un week-end passé à Center Parcs avec sa belle-famille. Ce qui me déroute, c’est de devoir être à la hauteur de ses attentes (que moi seule évalue). Je dois devenir la meilleure machine à sexe que l’on trouve sur le marché si je veux tenir le coup. C’est con, j’ai oublié de réclamer cette option à Lou Dutint, ce qui m’oblige à me contenter de ce que j’ai appris ces vingt dernières années.
Les cafés, les biscottes et les confitures sont prêts et j’ai fait griller du pain. Depuis la salle de bain, Fabio se dirige vers moi, une simple serviette autour de la taille. J’ai envie de le croquer sur place. Son torse musclé et son bidon sont recouverts de quelques poils grisâtres. Ça me plait beaucoup.
— Pardon, j’ai pas prévu de change.
— Tu peux rester comme ça. J’aime bien.
Je souris et lui lance le regard le plus sexy que j’ai en magasin. Après quelques secondes et quelques baisers, sa serviette se soulève d’elle-même.
— Encore ? je demande, surprise mais contente.
— Quoi, encore ? C’est à cause de toi.
Et oui, c’est parti pour une cinquième.

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