132 - 17 h 47
9 - 17 h 47
Je cherche du regard le chauffeur de taxi que j’ai commandé depuis Paris. Un peu plus loin, je finis par apercevoir mon nom sur un iPad.
— Bonjour, monsieur.
Il me salue et m’accompagne à sa voiture. Quarante-cinq kilomètres me séparent de ma résidence secondaire. Je suis encore sur un petit nuage après ce premier voyage en avion. Le paysage était à couper le souffle et je ne parle pas de l’atterrissage. Impressionnant.
La voiture s’élance. Plus qu’une heure et je serais enfin posée autour d’un bon verre de vin.
Je me suis assoupie. Le bruit du frein à main me fait sursauter.
— On est arrivé, dit le chauffeur.
Je n’ai même pas pu profiter du paysage. Je sors de la voiture et c’est un bonheur de sentir cette si bonne odeur de la mer. Le soleil est au rendez-vous pour encore une heure et je tiens à en profiter.
— Merci, monsieur, je dis après qu’il ait descendu mes bagages.
Je récupère mes clés et entre. La maison est dissimulée derrière des arbres et un haut portail en bois. Elle est sublime. J’aperçois une piscine dans un coin du jardin et quelques poules qui se baladent.
— Madame Lalaide ! s’écrie une vieille dame à la porte. Je n’étais pas au courant de votre visite !
Bossue, âgée, elle se précipite sur mes valises.
— Laissez, je dis. Je m’en occupe.
Elle sourit. Je n’ai aucune idée de qui est cette vieille dame.
— Vous êtes ?
— Astrid, madame. La gouvernante, bien sûr. Allez, venez, entrer. Je vais vous ouvrir votre bouteille préférée.
Alors ça si ce n’est pas inattendu, je ne sais pas ce que c’est. Une gouvernante. J’ai ma propre gouvernante. Classe. Je monte mes bagages à l’étage, dans une sublime chambre avec vue sur mer. Je ne pouvais pas mieux rêver. Le temps d’une douche et du déballage des valises, mon verre de vin blanc frais m’attend sur la terrasse donnant sur la Méditerranée.
Couché de soleil, doux bruit de la mer qui s’agite, odeur de l’iode. Voilà mon quotidien pour les prochains jours.
— À la tienne, Kristelle, je murmure.

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