Fragment X :... Trois semaines plus tôt
Samedi 14 mars 2026. Creac'h Ar Bolloc'h. Là où finit la terre.
Il y a des samedis qui se ressemblent, et il y a ceux qui se ressentent.
Il s'était passé trois jours depuis que j'avais raccompagné Gwenaël sur le continent. Trois jours que nous échangions, sans une minute d'arrêt, des textos, des vocaux. Trois jours que mon cœur brûlait de ne pas revoir son visage.
Oui, trois jours.
Si j'avais eu le pouvoir de bloquer le mouvement du temps, je l'aurais immobilisé le mercredi onze mars aux alentours de dix-sept heures trente, lorsque nous étions dans cette rue vide et froide – photo instantanée en gris et blanc, où seuls les cheveux bleus avaient le droit de séance – où nos cœurs étaient au chaud, imbriqués l'un dans l'autre.
L'un pour l'autre.
Le baiser avait duré longtemps.
Pas suffisamment.
Trop, si j'en juge la course folle qu'il m'avait fallu effectuer pour attraper la dernière vedette du retour, après n'avoir squatté que dix minutes chez la copine où je devais aller initialement.
Heureusement que je sais courir.
Depuis mercredi dernier, Gwenaël s'était libéré. Avant, il ne communiquait que peu via son téléphone. Juste pour me dire qu'il venait dans l'île ou non. Mais, depuis ce jour-là, les messages affluaient au fur et à mesure de la journée. J'avoue que ce n'était pas pour me déplaire.
Après avoir répondu aux messages du docteur Zeitoun, qui avait pour habitude de m'écrire assez tôt le matin ou dans la nuit, je me préparais pour aller aider ma voisine, Mamie Soizig, à faire son ménage et ranger des affaires, quand un petit bruit se fit entendre dans le salon.
Je passais la tête par l'embrasure de la porte.
Je reconnus immédiatement celui des ongles tapotant contre un carreau. Bruit caractéristique, type cliquetis des doigts contre l'un des pans de la double fenêtre.
Au travers, je distinguais le hoodie, les cheveux que j'avais moi-même teints et cette bouille incroyable qui n'était plus apparue que dans mes rêves. Gwenaël, à l'extérieur, le visage et les mains aux doigts écartés, collés contre la baie, la bouche et le nez tordus par la pose, faisait une grimace déformante, comme seuls le font habituellement les enfants, façon Scream.
Je souris. Pas pour sa petite blague. Quoiqu'un peu.
Non, mon sourire était surtout réapparu parce qu'à l'intérieur de moi, la lumière était revenue.
J'approchai alors, et déposai un baiser, de mon côté, sur sa joue que je ne pouvais atteindre au travers du triple vitrage. Gwenaël avait alors reculé, tourné son visage vers moi en souriant, et avait déposé, tout en écrasant la pointe de son nez, un baiser, de son côté.
Deux idiots, chacun d'un côté de la baie vitrée, s'embrassaient.
Trente-six millimètres, selon le constructeur, séparaient les empreintes des deux bouches.
Images tendancieuses, entités paranormales, dont les baisers entrecroisés et les salives respectives restèrent ancrés, l'un en face de l'autre, sur les carreaux.
C'était une sacrée et gentille surprise de le voir débarquer ce samedi. Trois jours qu'on discutait en ligne et voilà que je l'avais de nouveau en face de moi. Un matin, en plus, alors qu'habituellement, il ne venait que l'après-midi.
Ce qui est drôle, c'est que nous avions parlé de tout et de rien par textos, sans aborder le sujet de cette soirée où nos lèvres qui s'étaient rapprochées et touchées dans cette rue un peu sombre de Roscoff. Comme si cela avait été normal, ou alors comme s'il s'agissait d'un tabou, ou d'une erreur, et puis comme si personne ne devait le savoir, y compris, nous-même.
Étrange.
Un couple classique, la seconde fois qu'il se rencontre, l'un attiré par l'autre, n'hésiterait pas à s'embrasser sur les lèvres, et même à franchir l'étape suivante, mais là non.
Certes, ses lèvres avaient été douces, un peu pulpeuses, chaudes et humides ce mercredi-là. J'avais ressenti, au travers des micromouvements de ses avant-bras, que j'avais aidés à m'entourer, qu'il avait pris du plaisir au premier baiser romantique de sa vie, mais était-il pour autant disponible à aller plus loin ?
Plus profondément.
Dans l'exploration, j'entends.
Rien n'était pressé. Sept ans de jachère, je pouvais encore attendre.
Les signes étaient pourtant apparus ; le raccompagnement que j'avais voulu, sous un prétexte un peu tiré par les cheveux d'aller voir une amie, sa tête qui s'était appuyée contre mon épaule lors de la traversée en vedette, puis sa main glissée maladroitement dans la mienne.
Nos doigts entremêlés.
Sa chaleur se capillarisant avec douceur dans ma main gelée par la pluie.
(✿♥‿♥✿)
J'ouvris la baie vitrée, et l'attirai vers moi.
Tout contre moi.
Le vent avait saisi l'occasion de s'engouffrer, faisant voler ses cheveux contre mon visage.
La vitre n'était plus là pour faire semblant. Le réel était revenu sur l'avant-plan. Déclenché dès qu'il avait franchi le pas.
Nos yeux bleus plongés l'un vers l'autre. Fixes, presque dans un combat à la loyale. Lequel allait s'abattre sur l'autre ? Le faire flancher ? Je décalais les miens sur ses taches de rousseur, éparses dans un chaos épidermique qui me faisait presque rougir tellement je trouvais cela sexy. Sa peau diaphane qui ensorcelait mes pensées intimes, nos mains jointes qui s'échangeaient leur moiteur. Tout cela rendait mon corps fiévreux.
Nous étions restés quelques instants dans cette position. Savourant en silence nos retrouvailles.
Au loin, une mouette cria, me sortant de ma rêverie. j'ouvris un instant les yeux. Les bateaux balançaient, la mer s'agitait. Toujours ce vent, et toujours ce fond d'écran en noir et blanc, accompagné de l'odeur caractéristique du bord de mer ; le pioka. Un court instant, le cri du volatile me fit penser à Zeitoun.
Je souris.
Gwenaël n'osait pas, n'initiait pas. Il restait là, stoïque, dans l'attente que je fasse le premier pas. Alors, je l'embrassai, sur le front, puis la tempe.
Lui, sur mon menton, l'endroit qui lui était accessible dans cet immédiat.
Puis, ça a dérapé ; sa joue, mon nez, son oreille, ma mâchoire, sa joue encore, ma joue, sa lèvre supérieure entre les miennes, mon inférieure entre les siennes, nos nez frôlés, nos souffles synchronisés, nos lèvres jointes bouches fermées.
Baiser entre deux mondes. Fort, passionné, mais encore un peu distant.
Bruyant silence, oxymore dans nos têtes.
C'était notre second contact. Proche et encore un peu lointain.
Le Kiss sans le French.
Gwenaël était venu pour la journée, mais je ne pouvais pas annuler tout ce que j'avais prévu de faire. Il s'en moquait m'avait-il répondu. Il voulait juste être là, passer du temps au calme.
Passer du temps avec moi.
Nous étions donc allés chez Mamie Soizig, ensemble.
Tout le monde l'appelait ainsi, sauf moi, elle n'était pourtant mamie de personne. Elle n'avait même pas eu d'enfant.
— Bonjour mon petit, comment tu vas ?
Mamie Soizig tutoyait, elle pouvait, elle était âgée. Cela n'empêchait pas le respect. Elle appelait aussi tout le monde ; mon petit.
— Et vous, Soizig ?
— Oh, mais c'est qui ce petit-là ? Il a les mêmes plumes que toi sur la tête, dit-elle, amusée.
— Mon petit ami, répondis-je, fièrement, en jetant un œil vers l'intéressé.
Soizig tourna ses yeux vers moi, puis vers lui et encore vers moi, dubitative.
— D'accord, lança-t-elle. Il n'est pas du pays ?
Le pays, pour elle, c'était le village. J'ai mis du temps à comprendre cette subtilité de langage des anciens. Alors, non, il n'était pas du pays. Il était de celui d'en face.
Gwenaël tendit sa main poliment vers elle.
— Pas de ça entre nous, mon petit, dit-elle avant de l'attraper, presque violemment, et l'attirer pour lui déposer un gros pok, ce bisou bien breton, sur la joue.
L'attitude de Soizig dessina un sourire franc sur le visage de mon complice.
(✿♥‿♥✿)
À peine la porte maudite du restaurant poussée, j'entendis la voix tonitruante de Max rebondir en écho.
— Purée... les gars, regardez-moi ça ; deux korrigans qui nous font l'honneur de venir boire un verre chez nous.
— Manger, on vient manger, dis-je, souriant à sa bêtise, tout en installant Gwenaël ; à une de mes places favorites, près de la fenêtre. Tu veux une complète ?
Il acquiesça d'un hochement de tête, se demandant bien dans quel endroit je l'avais emmené.
Les habitués me saluèrent au moment où je passai devant eux pour me rendre en cuisine.
Il n'était que onze heures et quart. Le cuisinier n'est pas encore arrivé. Je mis le billig en chauffe. Il fallait attendre un bon quart d'heure pour qu'il soit prêt. Je nous servais deux Cocas Zéro et allai rejoindre Gwenaël.
Je m'adossai à la vitre et admirai le spectacle. Le même que tous les jours, depuis près de vingt et un ans que j'habitais au village, et l'air de rien, j'aimais ça. J'aimais ces tranches de vie, ces fragments temporels découpés à la hache.
À l'arrache.
Le matin, vers sept heures quarante-cinq, passaient ceux qui se rendaient à Roscoff pour travailler. Ils venaient prendre un petit café, rarement un remontant, avant d'embarquer sur la vedette. Un peu plus tard, le lundi uniquement, c'étaient les employés municipaux chargés de la collecte des déchets ménagers ; ils venaient prendre un remontant, rarement un café.
Le midi, le restaurant faisait souvent salle comble. En plein sur le passage des touristes débarquant de la vedette, je leur faisais, sans trop me vanter, les meilleurs crêpes du village. En tout cas, les plus garnies.
Dans l'après-midi, c'était le tour des glaces, des cafés, des thés, l'été.
Puis le soir, on remettait en marche le restaurant.
Oui, j'aimais ça. Sincèrement.
Point commun entre tous les horaires de la journée, la présence constante des copains de Max. Immuables, gros, rougeauds, les yeux embrumés, le regard perdu en direction d'un destin hypothétique qui ne verrait jamais le jour.
Breton quoi.
Tous avaient des rêves, de marine, de pêche, d'aventure, mais leur corps leur disait non, il est trop tard les gars.
Par moments, je regardais Gwenaël. Il me regardait aussi, amusé par tout ce cinéma intemporel qui n'en était pas un. C'était la vie, celle d'un village, d'un petit endroit paumé dans une île.
Je lui lançai un clin d'œil qui le faisait systématiquement sourire et rougir puis lancer un regard discret vers l'intérieur de la salle pour voir si on l'avait remarqué ou non.
Nos deux verres de soda sur la petite table, nos mains proches l'une de l'autre, je n'avais qu'une envie, prendre la sienne dans la mienne, mais il y avait les artistes de notre spectacle vivant, qui, même avec leur air livide, aurait remarqué toute anomalie dans leur espace visuel.
(✿♥‿♥✿)
Max s'était calmé.
Il avait moins de spectateurs pour faire son show, mais il ne put s'empêcher de nous appeler les Pokémons en partant. J'acceptais volontiers. C'était le jeu, notre petit jeu.
Une sorte de spectacle imbriqué dans un autre plus dense.
Pas méchant, juste un peu pénible, mais j'avais l'habitude.
Gwenaël s'adapterait.
Malgré tout, j'aimais beaucoup Max, cet ami de mon père, beauf en chef, mais qui, l'air de rien, prenait soin de moi en m'offrant un peu de travail et le couvert, presque tous les jours, y compris ce midi, pour mon petit ami. Dans le même temps, c'est moi qui avais fait les galettes.
Alors oui, c'était un petit jeu ; le clown blanc, et la clown bleue.
Après un gros dessert ; glaces au chocolat pour les deux, nous étions rentrés, repus.
Il s'était mis à pleuvoir. Pas fort. Du crachin breton évidemment, pas de quoi accélérer le pas. En tout cas, pas pour un breton.
Gwenaël était comme moi, il aimait sentir l'eau fraîche picoter son visage et le vent le sécher immédiatement après. Alors nous avions pris la direction du Creac'h, en nous demandant quand même si nous n'allions pas remettre en question le footing que nous avions prévu.
À un moment donné, sa main avait rejoint la mienne. Comme dans le bateau, il y a trois jours. Personne dehors, même pas une mouette rebelle dans le ciel pour nous observer.
J'étais fière et heureuse.
Tout était imprévu, mais c'était une bonne journée.
Arrivés chez moi, et après avoir retiré nos chaussures détrempées, Gwenaël était venu me rejoindre dans la cuisine où je me préparais un expresso.
— Je peux te dire quelque chose, Lana ? demanda-t-il, tout bas, presque gêné, en se tenant tout près, et comme si mes murs avaient des oreilles.
Son visage avait un peu rosi. Le bonheur et le malheur des peaux diaphanes.
Je ne le savais que trop.
— Dis-moi, mon chéri.
Je crois que ma façon de répondre eut raison de lui. Première fois que je l'appelais ainsi, presque naturellement. C'était venu tout seul.
La dernière fois que j'avais utilisé ce mot, c'était il y a bien longtemps, avec Théo. Ce n'était donc pas sur le coup de l'habitude. C'était instinctif. Comme si celui que je chérissais, ne pouvait être autre que lui.
Il avait rougi très franchement, puis s'était lancé, timidement.
— Tu sais, quand je... t'embrasse,... je ne sais pas... faire autre chose. Je ne sais pas quoi faire d'autre,... je veux dire... pour faire mieux,... pour que tu m'aimes pl...
— Je sais, Gwen. Ce n'est pas grave. Avais-je alors répondu en le coupant brusquement en posant un index sur ses lèvres. Il n'y a pas besoin de plus. Je t'aime. Tout court. Tel que tu es. Tel que tu me proposes tes sourires, tes yeux, et ton envie de passer du temps avec moi.
Je savais – ô combien – il peut être difficile de parler de l'intime, de ce que l'on ressent, de ce que l'on ne connaît pas encore de l'autre, et de ce qu'on se connait peu de soi-même.
Son honnêteté me fit fondre. Je m'étais alors approchée de lui et avais posé mes avant-bras par-dessus ses épaules. Nous étions face à face. La seconde fois de la journée.
Machinalement, je faisais se caresser les pulpes de mon index, celui qui avait été posé sur ses lèvres humides, et mon pouce, comme si ce mouvement me permettait de le sentir lui. Ces microgrammes de lui contre mes doigts.
J'hésitais.
Pourquoi ?
Je ne sais pas. Puis, sans un mot, j'approchai mes lèvres des siennes.
Évidemment, il ne recula pas.
Nos lèvres se touchèrent pudiquement.
Troisième fois, mais ce serait la toute dernière fois – si chastement.
On ne le savait pas encore.
Quoique.
Je me remémorais ce qui faisait son essence primitive, ce que j'aimais de lui ; son visage, sa peau, ses yeux, sa voix, sa grâce naturelle, et évidemment son intelligence et son autonomie. Plus symboliquement, ce qu'il représentait au monde, et à mes yeux ; la gentillesse et la pureté, telles que je les avais connues dans mes premiers amours décalés avec Théo.
Ce que je recherchais en permanence chez l'autre ; le décalage.
Je pris l'initiative d'aller au-delà, pour avancer, pour lui apporter finalement, ce qu'il attendait de moi.
Ma langue pointa alors entre ses lèvres, longeant la limite du vermillon, prudemment. J'appuyai le mouvement pour m'immiscer. Mon délai de réflexion était terminé.
Je validais mes propres choix pour l'avenir.
À cet instant, son corps vibra. Je le ressentis à un micromouvement de ses épaules qui fit un écho sur ses lèvres qu'il entrouvrit.
Mon corps aussi entra en vibration. Sans que je ne puisse rien y faire. Inconsciemment. La chair de poule qui débuta dans mon cou se propagea rapidement le long de ma colonne vertébrale, en passant par mes seins, pour s'arrêter à la taille et en faire le tour.
Les papillons étaient là, presque visibles, presque palpables, dans le creux de mon ventre et de mon aine, à quelques millimètres de ce qui les aurait fait battre des ailes encore plus fort pour ne pas se noyer, et qui m'aurait sans doute fait exulter, bruyamment.
Images symboliques que je me créais des réactions de mon corps.
Quoi de plus excitant que l'attente, l'impatience, ce premier instant, ce premier vrai goût de l'autre que l'on demande à avoir au bout de soi pour s'abreuver de ses sensations, pour vibrer ensemble.
Sans forcer plus, j'avançais ma langue en lui.
Il vint à ma rencontre.
Maladroitement.
Mais, c'est ça qui me plaisait. Ce décrochage temporel entre nos deux conditions. Les hésitations, les maladresses, et les scrupules. Cela m'en coupait presque le souffle.
Je ne pensais plus. Je vivais.
Je revivais.
Muscles chauds, humides, doux, immobiles, en stand-by, collés l'un à l'autre, qui tout d'un coup, entrèrent dans un combat léger, lent, se cherchant, se jaugeant, et qui, de plus en plus entreprenant l'un envers l'autre, se trouvèrent, et se goûtèrent.
S'acceptèrent.
Les présentations faites, je reculais quelques instants, me détachant de Gwenaël, puis le regardais ; ses lèvres encore légèrement entrouvertes brillaient, imbibées de moi, de lui, de notre écume commune.
Je me rapprochai rapidement de nouveau pour l'embrasser.
Plus férocement.
Puis me reculai, tout aussi hâtivement, et le regardai encore, avec cette envie de le pénétrer à nouveau et à tout jamais.
Cette fois, c'est lui qui n'a pas su attendre.
Il avait appris. Son esprit s'était ouvert. La timidité envolée.
Il s'est alors jeté sur mes lèvres. Corps et âme perdus à tout jamais.
Était entrée en lui, la graine du désir et de l'envie
La graine du besoin.
Oui, le besoin, celui dont il y a encore quelques minutes, il ne savait pas qu'il existait. En tout cas, pour ce genre de moments.
Nos langues reprirent leur danse interdite.
Plus sauvagement.
Le temps ne passait plus, ou alors avançait-il trop vite, que l'après-midi avait tout d'un coup disparu. Les heures s'étaient envolées. La météo au beau fixe.
Nous ne vivions que pour ces moments de grâce découverts. Nous ne nous lâchions plus.
Je n'avais qu'une envie ; que ce moment, le tout premier, celui dont on se rappellera toujours, comme des milliards d'amoureux se souviendront tout au long de leur vie, dure le plus longtemps possible, afin d'en conserver son authenticité et son goût.
Il y aurait d'autres moments, d'autres découvertes.
Charge à nous, à moi, de prendre le temps de les faire désirer et accepter.

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