Partie 2

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Elle venait de rencontrer une fée. Elles existaient vraiment. Et pas que dans les livres de contes. Et visiblement, elles semblaient posséder leur propre langage.

Qu’elle chance elle avait !

  • Qu’est ce que tu fais ici, toute seule ? demanda-t-elle.

La fée se désigna avant de désigner la ville. Elle mima ensuite se qui ressemblait à une bataille avant de se placer devant en une attitude de protection. Puis elle se désigna à nouveau du doigt avant de montrer les immeubles.

  • Tu... Tu protèges la ville ! lança la jeune fille après un léger temps de réflexion. Mais... Depuis combien de temps ?

La petite créature regarda autour d’elle, cherchant de quoi illustrer ces mimes avant de désigner le soleil. Elle fit ensuite plusieurs arcs de cercle dans le vide. Puis elle fit plusieurs moulinets de ses mains avant de regarder celle qui lui faisait face.

  • De... Depuis si longtemps ? Mais, d’où viens tu ?

La fée resta immobile. On aurait pu croire qu’elle réfléchissait. Quand elle se remit à bouger les mains, elle se tenait droite, comme si elle était face à quelque chose. Elle agita ses doigts avant de désigner quelque chose en bas, dans la rue.

Lentement, pour ne pas l’effrayer, la jeune fille se pencha par dessus le muret. En regardant dans la direction indiquée, elle vit un petit jardin avec un portail. En regardant attentivement la direction que pointait la créature, elle se rendit compte qu’elle désignait le portail.

Elle revint à sa place initiale et la petite fée reprit son manège. Elle ouvrit grand ses bras avant de les faire descendre vers le bas. En l’associant avec le portail, on pouvait se dire qu’elle ouvrait quelque chose.

Qu’elle ouvrait un portail ! Ensuite, elle prit son élan et sauta. Elle atterrit quelques centimètres plus loin.

Mais elle avait donné l’impression de franchir le portail. Puis elle désigna la ville et secoua vigoureusement la tête de gauche à droite. A tel point que la jeune fille crut qu’elle allait se détacher de son cou.

Elle désigna ensuite l’endroit ou elle avait mimé le portail avant de montrer de nouveau la ville, puis elle même.

  • Tu as... traversé un... portail ? Avança la jeune fille. Et tu as atterri dans cette ville. Et, si j’ai bien

compris, tu ne viens pas d’ici ?

La créature secoua une nouvelle fois la tête. Son interlocutrice s’était trompée et elle semblait le lui faire savoir.

  • Tu viens... Tu viens... d’un autre... Monde ? Non, ce serait étrange, comment pourrait-il y avoir un autre monde ?

Mais la fée approuva avec la même vigueur. Il existait bien un autre monde. Et ce n’était sans doute pas plus bizarre que de rencontrer une fée en pleine ville, en haut d’une église.

  • Mais, si tu est une fée, comment fais tu pour protéger la ville ?

Cette fois, la petite créature étira ses lèvres en ce qui ressemblait à un sourire et elle sortit quelque chose de sa poche. Un minuscule bout de bois, encore plus fin qu’une aiguille.

C’était une réponse facile comparé aux mimes qu’elle avait fait un peu plus tôt.

  • Tu peux vraiment faire de la magie avec ça ? Tu en fais au moins ? Se rattrapa-t-elle.

Nouveau hochement de tête de la petite créature. Elle babilla quelque chose dans sa langue d’une voix si faible qu’on aurait cru à un infime sifflement.

A la surprise de la jeune fille, des étincelles sortirent du bout de bois avant de s’évanouir en touchant le muret.

  • Wouah, c’est formidable !

La fée rangea son bien avant de se mettre à marcher sur la pierre la tête haute. On aurait pu croire qu’elle était fière d’elle. Elle venait d’impressionner une humaine.

Alors que la jeune fille allait ouvrir la bouche pour poser une autre question, du bruit se fit entendre à l’entrée de l’église, puis dans les escaliers. Elle et la fée échangèrent un regard.

Quelqu’un venait !

La petite créature se posa devant son trou et montra la pierre. Avant de disparaître à l’intérieur de son refuge, elle mit un doigt sur ses lèvres. La jeune fille devrait garder le silence.

Puis elle disparut dans les ténèbres du mur. Son interlocutrice se saisit vivement de la pierre et prit soin de la remettre à sa place. Plus aucune trace ne subsistait du passage de la fée.

Comme si elle ne s’était jamais trouvée là.

Alors que la jeune fille se redressait pour reprendre sa contemplation de la ville, le soleil se coucha, illuminant le clocher de l’église d’une merveilleuse lumière orangé.

Et l’intrus termina sa montée, arrivant derrière elle, achevant de faire disparaître les dernières traces de ce moment magique et hors du temps.

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