Chapitre 2 Britanie

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1 an avant l'accident…

C’est l’été, il fait chaud et nous habitons près de l’océan. Aujourd’hui, c’est la journée parfaite pour une bonne trempette et prendre du soleil après. Barbara et moi sommes déjà à la plage, en train de nous installer, lorsque Spike et Cal arrivent à nos côtés, suivis de près par mon frère et Atlas sur les talons.

— Cette journée va finalement être un supplice, je le sens ! je grogne à Barb, qui rit dans sa barbe. On ne peut pas se plaindre : on a le soleil, la plage, l’océan et maintenant quatre dieux grecs qui seront du paysage tout l’après-midi. Pour moi, ce ne sont que trois beaux spécimens, un qui est mon frère, mais il reste bel homme pour les autres.

Je décide la première d’aller piquer une tête, puis dans mon élan, je remarque que mon amie m’a suivie et nous plongeons en même temps. L’eau est à une température parfaite, les vagues sont calmes et mon corps se détend. Je me laisse flotter quelques instants sur le dos jusqu’à ce que les mecs viennent me rejoindre, Spike flanqué de mon amie sur les épaules me demandant de choisir avec qui je voudrais combattre ?!?

Je coule un regard vers Callum, Atlas puis Josh. Avec Josh, ce serait un peu bizarre, alors je choisis Callum. Ayant un petit béguin depuis toujours pour Atlas, c’est plus prudent comme ça. Celui-ci me regarde avec un regard noir et il paraît se crisper lorsqu’il m’aide à grimper sur les épaules de Cal.

— À nous la victoire ! je crie pendant que Cal essaie tant bien que mal de courir dans l’eau.

Atlas et Josh sont de chaque côté de nous. Je réussis à donner une petite poussée à Barb, mais Spike se la joue en traître et pousse Callum et je tombe à la renverse avec lui. Josh me reprend en moins de deux secondes et, alors que je m’étouffe et ris en même temps, Atlas lance :

— Je prends la place de Cal et toi celle de Spike, dit-il à Josh.

— Sale traître, dis-je à Spike avec une petite pointe d’humour, ce qui le fait glousser et Cal le pousse à son tour dans l’eau.

— Atlas, tu me prends ou non ? je dis avec un air de défi.

En le regardant bien, je vois passer dans ses yeux un léger voile de désir et c’est à ce moment précis que je me rends compte du double sens de ma phrase. Je me sens rougir face à son regard qui se fait brûlant sur moi et heureusement pour moi, personne ne m’a entendue, trop occupés à faire les gamins avec Barb encore sur les épaules de Josh.

— Tu veux que je te prenne comment ? me répond-il assez bas pour que je sois la seule à entendre.

Je dois être dans un rêve, car on dirait que même sa voix a changé d’intonation.

— Sur tes épaules, je veux dire bien sûr ! Je n’ai pas pensé à autre chose que cela, ce serait mal ! répondu-je, mais évidemment on ne voit que ma confusion et j’ai le bas-ventre qui se tord sous la pression et putain, il fait trop chaud.

Il me sonde maintenant et il a ce petit sourire à faire craquer. Ce qu’il est beau, c’est pas possible.

— Tu es mignonne quand tu te mêles les pinceaux, tu sais ça ?

Je rougis de plus belle lorsque ses mains viennent agripper ma taille pour me soulever comme si j’étais une plume.

— Ça va Britt ? Tu es toute rouge, me demande Barbara, pensant sûrement que c’est juste le soleil. Et maintenant, c’est Josh qui m’observe. Super, manquait plus qu’il s’inquiète. Au moins, aucun d’eux ne se doute que mon trouble vient de celui qui me porte et me regarde en ce moment même.

— Tu veux qu’on retourne sur la plage ? Ce dernier me regarde avec cet air de défi, comme moi deux minutes auparavant. Je suis hésitante : si je repars sur la plage, ils vont tous s’inquiéter de moi, et si je reste…

— Non, non, ça va ! je m’empresse de dire, et Atlas a une petite lueur amusée dans le regard. Il sait ce qu’il se passe et on dirait bien qu’il a décidé d’en profiter, ce petit con. Il place ses mains sur mes cuisses en pressant le pouce sous ma cuisse, me faisant comprendre qu’il n’en a pas fini de ce petit jeu.

— Atlas, ça suffit ! lui chuchoté-je pour que lui seul comprenne.

Il s’élance alors dans l’eau vers nos deux amis(es).

— À l’attaque !!! crie-t-il, les prenant par surprise alors que nous fonçons vers eux.

Et voilà, maintenant ce sont nos camarades qui sont dans l’eau et nous qui crions victoire ensemble. Pour la blague, Atlas empoigne mes cuisses un peu plus fort, me soulève et nous balance à l’eau.

Sous l’eau, il est près de moi. Trop près. Face à face, il me transperce de ses yeux bleus et ses mains viennent glisser lentement tout le long de mes cuisses. Il m’aide à remonter, nous sommes face à face lorsque nos têtes reviennent au-dessus de l’eau et tout le monde est déjà retourné sur la plage.

— Allez, retournons avec les autres, petite créature, dit-il.

C’est nouveau, ça, le petit surnom. Bip…

Je nage un peu avant de pouvoir mettre les pieds dans le fond de l’eau. Même si l’eau était bonne, j’ai l’impression que ma peau est en feu. Bip…

Atlas a toujours été celui que je trouvais le plus séduisant, ensuite Cal et Spike. On dirait qu’il a marqué ma peau avec ses doigts et ce n’était pas la première fois qu’il me touchait, mais c’était la première fois qu’on aurait dit que je pouvais déceler une espèce de désir dans ses yeux.

Bip bip… bip, bip…

J’ouvre les yeux mais la lumière est tellement forte.

— Bordel, mais qui a mis la lumière aussi forte ? dis-je alors que je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé.

Je regarde autour de moi et remarque que je suis allongée sur un lit d’hôpital, puis ensuite je vois la petite lampe de chevet juste à côté de mon lit qui est allumée, le reste de la chambre étant plongé dans la pénombre.

— Aïe… je me plains lorsque j’essaie tant bien que mal de bouger un peu. Mais pourquoi ça fait aussi mal ?

Je sens une chaleur sur ma main, brûlante et douce, et je suis un peu prise de panique lorsque je me rends compte que c’est un certain petit blond qui la tient, tête couchée juste à côté, et il a l’air de dormir profondément. Je relève un peu la tête et je vois Spike et Josh à mes pieds, Barbara et Josh sur une chaise imbriqués comme s’ils étaient faits pour être comme ça. Peut-être bien que finalement ma plus grande amie se décidera enfin à sauter le pas.

Je bouge un peu les doigts. La seule partie de mon corps qui n’a pas l’air de faire mal.

— Atlas, réveille-toi, dis-je tout bas pour ne pas réveiller les autres.

Il ouvre des yeux ensommeillés, comprend que j’ai les yeux ouverts. Il se lève d’un bond et rapproche son visage si vite que je crois l’imaginer, prend mon visage en coupe et m’embrasse si violemment que j’en ai le souffle coupé. Je réponds à son baiser avec avidité… d’ailleurs c’est nouveau ça. Je n’avais jamais pensé avoir envie qu’il m’embrasse et mon corps semble parcouru d’une décharge électrique, si bien que j’ai des picotements jusqu’au bout des orteils.

Il relâche mon visage et rompt le contact, m’arrachant un gémissement. Ses yeux s’ancrent aux miens et il me dit un petit « désolé » presque imperceptible à l’oreille.

— De quoi ? je lui demande tout en vérifiant si les autres sont toujours endormis.

— Pour l’accident. Je n’ai pas été assez prudent et nous avons été percutés par un chauffard ivre qui roulait le double de la vitesse permise. C’est pour ça que tu es à l’hôpital. J’ai eu la frayeur de ma vie lorsque la voiture nous a foncé dessus. Tu as quelques côtes cassées et un trauma crânien et je m’en veux terriblement, je…

Je le coupe et reprends sa main dans la mienne.

— Ce n’est pas ta faute si ce chauffard a décidé de prendre le volant de sa voiture. Je tente de le rassurer mais je vois à ses yeux qu’il s’en veut tout de même.

— Voilà la belle au bois dormant, lance Spike à mes pieds.

Il ébouriffe les cheveux de mon frère pour qu’il se réveille et lorsqu’il ouvre les yeux et me voit éveillée, ceux-ci deviennent embués.

— Petite sœur, tu nous as fait peur ! dit-il en s’avançant vers moi pour me faire un câlin.

Spike en fait de même et Barbara, qui n’avait pas pipé mot depuis le début, me regarde et ses larmes coulent sur ses joues.

— J’ai cru que tu allais me laisser avec cette bande de machos, dit-elle sur le ton de la blague.

— Hey, faut pas se gêner, grogne Cal, une main encore enroulée autour d’elle.

Ils me font tous un câlin et merde, ça fait mal.

— Depuis combien de temps est-ce que je suis inconsciente ? Intriguée de savoir si ça ne fait que quelques jours ou une éternité, même si je sais qu’ils n’ont pas l’air d’avoir beaucoup vieilli.

— Trois longs et interminables jours, me répond Josh.

— Tu nous as tous fait très peur, dit Spike.

Ce qui, venant de lui, est rare : l’inquiétude, ce n’est pas vraiment son truc, alors ça fait chaud au cœur de l’entendre. Mon frère fait venir le médecin dans la chambre pour m’examiner. Il explique que j’aurai sûrement quelques maux de tête et des nausées pendant trois semaines et me dit que je dois être au repos autant de temps que j’en ai besoin.

Il repart de la chambre et Cal, Spike ainsi que Josh partent pour la maison.

— Tu as besoin que je te ramène quelque chose ? me demande mon frère.

— Oui, un pyjama pour ma sortie dans 24 h et… oh oui, ma brosse à dents, s’il te plaît. Trois jours sans se brosser les dents, je me sens poisseuse tout à coup.

Atlas et Barbara sont restés pour me tenir compagnie.

— Vous savez, maintenant que je suis réveillée et que tout va bien, vous pouvez rentrer vous rafraîchir.

— Moi je ne serais pas contre une bonne douche et je crois que je vais avoir un orgasme en entrant dans mon lit, dit Barbara. J'éclate de rire à sa dernière phrase et mes trois côtes cassé me rapelle rapidement leurs douleur. Elle vient me faire la bise sur le front avec un petit désolé et quitte ma chambre à son tour.

Chouette, il ne reste plus que lui et moi ! Être seule avec lui ne m’a jamais vraiment perturbée, même si j’ai toujours eu un faible pour lui, mais son baiser flotte encore dans mes pensées et je ne pense qu’à ça. Sa langue qui danse avec la mienne, ses dents qui mordillent ma lèvre et ses mains si chaudes et rugueuses sur mes joues. Je suis certaine que ma culotte est trempée.

Non, je ne dois pas penser à lui comme ça, c’est sûrement la culpabilité de l’accident qui a parlé pour lui.

— Atlas, tu… commencé-je.

— Britt… je… euh… désolé, je vais aller prendre une douche et revenir un peu plus tard, lorsque les autres seront de retour, dit-il de but en blanc.

Il quitte ma chambre, me laissant sans mot. Honnêtement, je suis soufflée. Est-ce que c’est parce qu’il regrette son geste qu’il a quitté si vite ? Mais qu’est-ce qui vient de se passer au juste ? Il est clair qu’on va devoir en rediscuter. Je ne peux pas laisser ça passer et je serais curieuse de savoir si j’ai le même effet sur lui que lui en a sur moi.

J'essaie de me rendormir mais c'est peine perdu. Je ne cesse de penser, me remémorant les dernières années, cherchant les signes ou n'importe quoi qui aurait pu changer entre nous. Peut-être est-ce seulement ma naïveté qui me met un bandeau sur les yeux, refusant de voir vraiment.

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