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Quand ils eurent épuisé ce que la ville avait à leur offrir, Davide marqua une pause dans l’ombre d’une porte cochère. Son t-shirt, un peu trop ajusté, collait à sa peau moite et le grattait. Il avait soif. Il voyait la chemise de Pierre trempée, dans le dos et sous ses aisselles, la trace des gouttes qui avaient perlé et séché sur son front. Et pourtant, jamais il ne l’avait entendu se plaindre.
Et surtout, l’odeur de transpiration que Pierre dégageait ne l’avait pas quitté.
— Je t’avoue que je commence à avoir faim.
— Moi aussi, on regarde ce qu’il y a dans le quartier ?
Ils s’assirent à la terrasse ombragée d’un restaurant italien. Le vin fut servi trop chaud et les pâtes trop cuites. Davide en plaisanta. Il soutenait toujours plus longtemps le regard de Pierre ; ne le détournant qu’après lui et le recherchant avant lui.
Pendant tout le repas, Davide avait senti sous la table le mollet de Pierre contre le sien. Le contact, d’abord bref, s’était rapidement intensifié, il devenait caressant. Davide n’avait jamais reculé, il avait laissé Pierre avancer.
Pendant qu’il parlait à Pierre des saveurs qu’il aurait dû retrouver dans son plat, il ressentait avec précision la chaleur humide de la peau de Pierre, le contact fin de ses poils sur les siens, le glissement de la peau quand il réajustait ses jambes sans jamais interrompre ce contact.
Après leur second café, Davide ne relança pas la conversation. Il sentait un mouvement léger, régulier, contre son mollet. Il se redressa, replia ses jambes en étirant la caresse le plus qu’il le put.
Quelques minutes plus tard, Davide marchait derrière Pierre qui lui avait semblé un peu plus distant depuis le restaurant. Il pensa que l’instant était passé et, non sans déception, commença à réfléchir à ce qu’il ferait de sa soirée.
Dans une rue un peu plus étroite, un peu plus calme, un peu plus fraîche, il vit Pierre s’arrêter quelques secondes, se retourner et le regarder, immobile. Derrière la moustache de Pierre, Davide pensait deviner un léger pincement, une retenue dissimulée sous une fausse décontraction.
Pierre s’avança vers lui et l’embrassa. Davide fut d’abord surpris et, très vite, il lui rendit le baiser, soulagé. Dans un souffle, il se dit à lui-même « finalmente… ». Il avait fermé les yeux.
Pierre se recula un instant, il ne souriait plus, son regard planté dans le sien ; Davide lui fit un léger signe du menton.
Alors, Pierre l’embrassa, plus fort. Davide sentit une main glisser sous son t-shirt. Tout son corps se contracta. Le désir qu’il avait contenu depuis la veille se transformait en une excitation brute sous les doigts de Pierre. Il ne chercha pas à la dissimuler.
Une pression sur sa cuisse lui confirma qu’elle était réciproque.
Le visage de Pierre était maintenant enfoui dans son cou, Davide sentait son souffle et l’odeur de sa peau. Il entendit, murmuré dans son oreille, « Viens chez moi ».
Il resserra son étreinte.

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