La pluie
La pluie m’évoque d’abord un ralentissement.
Comme si le monde acceptait enfin de parler moins fort. Les bruits deviennent feutrés, les pas plus pressés, les pensées plus profondes. Il y a quelque chose d’intime dans la pluie : elle crée une bulle. Derrière une fenêtre, on observe sans être vu. On se sent à l’abri, un peu hors du temps.
Elle me parle aussi de nostalgie. L’odeur de la terre mouillée, les routes brillantes sous les lampadaires, les souvenirs qui remontent sans prévenir. La pluie accompagne les au revoir, les débuts timides, les moments où l’on doute. Elle donne aux émotions une texture plus dense.
Mais elle n’est pas que mélancolie. Elle nettoie, elle apaise, elle prépare. Après la pluie, tout semble plus clair, plus net, presque lavé des excès d’hier. Elle rappelle que les passages gris ne sont pas des fins, mais des transitions.
La pluie, c’est une parenthèse. Un battement plus lent dans le rythme du monde. Un murmure qui dit : “Attends un peu. Respire.”

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