Chapitre 20 : Les étoiles du passés (Deuxième partie)
Pour ce chapitre je vous propose : Milion Tears de Da Tweekaz et Groove Coverage
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Plusieurs jours sont passés, plusieurs jours durant lesquels je n’ai fait que taire mes sentiments. Même si j’avais l’impression que chacune de mes cellules criait son nom en permanence. J’avais beau passer mes journées avec lui, je ne parvenais pas à lui dire ne serait-ce que le commencement d’un début de quelque chose en lien avec ce que je ressentais pour lui.
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Plusieurs semaines sont passées, je ne me suis toujours pas lancé. Comment aborder la chose ? Comment lui dire, je t’aime ? Je ne sais même pas ce qu’il pensait d’un gosse comme moi… On est amis, enfin, je le pensais, mais en réalité, à ce moment je voulais bien plus que cette simple amitié que l’on semblait avoir.
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Un mois vient de s’écouler et je me satisfais de ces petits moments de bonheur passés avec lui. C’est de plus en plus dur, cacher mes sentiments devient presque mission impossible. Les blagues graveleuses sur l’homosexualité sont de plus en plus lourdes, les questions sur les filles que j’aime sont de plus en plus nombreuses. Niels se doute de quelque chose, je le sens, je le sais.
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C’était un jour de pluie, dehors les gouttes battaient à tout rompre, dans la chaleur du garage qui nous servait de refuge après une course effrénée, les éclats de rires se sont transformés en un silence que je ne saurais encore expliquer. L'adrénaline de notre course s’était mué en une drôle de symphonie deux cœurs qui battaient à l’unisson. Comme à l’approche de l’horizon d’un trou noir, le temps semblait se dilater, la notion même du temps semblait devenir floue et les secondes devenaient des minutes, les minutes des heures. Seuls les battements de mon cœur semblaient garder le rythme immuable de l’horloge de l’existence.
C’est lui qui finit par briser le silence, un pas, un seul pour effacer la distance et décider que ce moment ne serait pas qu’un simple jour de pluie. Ses lèvres se sont posées sur les miennes, les miennes ont répondu sans hésitations.
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Le lundi matin, c’était comme si ce trou noir, qui dilatait le temps autour de nous, venait de m’absorber dans son abîme. L’horizon des événements venait de se briser.
Quand nos regards se croisaient, ce moment hors du temps n’était qu’un lointain souvenir, plus aucune pluie, plus aucun trou noir. Seulement Niels et l’armure d’indifférence qu’il s’était forgée. Petit à petit, celui que je considérais comme mon meilleur ami, voir bien plus que cela, à tout-fait pour se laver de tout soupçon.
Ça a commencé par des rires, puis des moqueries lancés pour amuser la galerie. Niels riait plus fort que les autres, mais Niels restait Niels et derrière son côté badboy, je voyais le garçon que j’avais embrassé.
Les jours ont passé, les mots sont devenus des lames, des insultes, des railleries. Plus rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Chaque coup qu’il me portait me rappelait que je n’étais qu’un PD, chaque coup qu’il me portait me rappelait que j’étais à lui.
Son emprise sur moi s’est refermée de plus en plus, devant les autres, il gardait la face : le meilleur ami à la fois protecteur et moqueur. Au détour d’un couloir ou quand l’on se retrouvait seul, il devenait à la fois un bourreau et un amour. J’étais sa chose, son punching-ball, son défouloir… Les coups marquaient ma peau comme une encre indélébile, plus fort les uns que les autres.
Mais après s’être acharné sur moi, son regard changeait, ses lèvres se rapprochaient et attrapaient ma bouche comme si au fond, ce jour de pluie n’avait jamais disparu.
Malgré ce qu’il faisait, je ne pouvais m’empêcher de l’aimer…

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