Tournez manège
Eh bien… que dire ?
Entre moments ratés, la vie qui passe, l’ennui qui grandit… que je sois à l’initiative ou non, une chose demeure : ce n’est pas dans mon karma.
Il fait encore beau aujourd’hui, et le sourire me vient spontanément. Je ne nourris aucune amertume. C’est déjà ça.
Oublions un peu tout ça. Mettons de côté ces catastrophes et ces incompréhensions : il existe bien pire dans le monde.
Je suis encore à peu près en bonne santé, j’arrive encore à boire sans tomber par terre, mes insomnies sont toujours là — et oui, le contraire serait plus inquiétant —, j’écris toujours aussi mal, et l’univers tient encore debout.
Puis le cirque électoral reprend, comme toujours.
En les regardant, j’ai l’impression qu’ils parlent tous une langue que je comprends… sans jamais vraiment la saisir.
À croire que je suis bilingue en malentendus.
Est-ce que je pense à Valentin ? Oui. Dans la journée, comme ça.
Je revois son uniforme, son joli sourire… et j’imagine le croiser.
Oh Valentin… Valentin, Valentin.
Tu n’as pas eu de chance. Tu es tombé sur le contretemps ultime.
Rappelle-moi dans dix ou vingt ans. Peut-être me souviendrai-je encore clairement de ton sourire.
Ou peut-être serai-je alors disposé — ou simplement traversé par l’idée fugace… de faire du vélo.
Et cela suffira.
Pour rêver d’une histoire.

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