Électrochocs
Pauvre garçon… je devrais lui expliquer ou pas ? Il va prendre peur ou me trouver zarb, encore.
Et si j’essayais quand même ?
Y a un truc que je n’ai pas dit. Malgré mes fails monumentaux, j’ai eu aussi de belles réussites, mais… y a quand même autre chose. Et pas d’ordre psychologique ou de maladresse sociale. Non, un truc réel. Qui allait mieux, y a 20 ans.
En fait, j’ai toujours eu une peau de merde. Rougeurs, vulnérabilité au soleil, desquamation… et surtout sensibilité. Physique.
Je ne parle pas des frissons qui parcourent le corps. Non, ce serait bien trop facile. Mais plutôt de mini courants électriques. Ou ressenti comme tel. De quoi provoquer sursauts, tremblements et crispations.
Alors bon… quand j’ai commencé à baiser y a 25 ans, et si les premières fois… c’est jamais extra, ça allait mieux. Sauf à certains endroits dont je préférais déjà m’occuper seul.
Puis après, le boulot, le stress, plus le temps, plus l’envie… plus personne. Je m’éloignais, volontairement. Et aujourd’hui, un contact, même fugace, sur le bout des doigts, et la petite décharge peut arriver. Au sens propre. Pas tout le temps. Et pas avec tout le monde.
Passé cet état de crispation, l’amélioration survenait progressivement. Puis comme on dit, faut forger pour être forgeron.
En plus, on me dit souvent que j’ai les mains douces… comme un goût de revenez-y.
Je lui en parle ou pas ? Il va se foutre de moi ? On verra.
Comment je lui dis ?
Coucou, désolé, mais en fait, tu peux me servir de cobaye pour que je me cale contre toi, histoire de voir si mon surnom de koala d’antan est toujours valable ?
J’imagine sa gueule. Mais désormais, vous me connaissez un peu, et malgré toutes mes conneries, je crois que vous devinez combien j’aime l’absurde.
Une future occasion de rire en perspective que je ne raterai pour rien au monde. Quitte à me planquer pendant quelque temps.
C’est parti, je lui laisse le message. Mais en version plus… scientifique.
Nous verrons.

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