14 juillet 2026, 19h, Triangle des Bermudes

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 Je suis rentrée de mon séjour sous l'eau il y a vingt-quatre heures. Il s'est un peu prolongé, en raison d'un rencontre... extraordinaire !

 Voici le récit de mon voyage dans l'océan.

*

 Après avoir enfilé ma combinaison de plongée, je suis descendue dans l'eau. Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi sublime ! L'eau était bleu turquoise sous les rayons chauds du soleil. Des coraux de toutes les couleurs poussaient sur les rochers. J'ai vu une miriade de couleurs mouvantes, avant de me rendre compte que c'étaient des poissons tropicaux. On se sentait coupé du monde, sous l'eau. Jamais de ma vie je n'avais vu pareilles merveilles.

 Petit à petit, sans m'en rendre compte, je me suis de plus en plus éloignée de la surface. Je découvrais des choses hallucinantes chaque minute passée sous l'eau.

 Arrivée à dix mètres de profondeur, j'ai senti le froid contre ma peau et ait remarqué qu'il n'y avait plus beaucoup de lumière. J'allais devoir faire un pallier avant de remonter à la surface. Alors je suis restée sur place, en attendant que quelques minutes soient passées.

 J'étais loin de me douter de ce qui m'attendait.

 Soudain, j'ai pris un coup sur la tête et je me suis évanouie.

*

 Je me suis réveillée en sursaut et ais ouvert les yeux. Tout d'abord, j'ai cru que je rêvais encore quand j'ai vu le décor qui m'entourait. Je me trouvais dans une coquille Saint-Jacques géante qui se trouvait elle-même dans une grotte. Autour du coquillage dans lequel je me tenais allongée, il y avait une bulle. Une bulle d'oxygène, ai-je pensé. Je me trouvais encore dans l'océan mais je pouvais respirer grâce à cette bulle !

 Pour vérifier si je n'étais pas dans les vapes, je me suis pincé le bras. La douleur m'a traversée et j'ai vu une trace rouge là où je m'étais fait mal. Je n'étais donc pas dans un rêve.

 Plus loin, j'ai aperçu des êtres étranges qui m'observaient avec curiosité. C'était des créatures avec un corps d'humain jusqu'à la taille qui se terminait par une grande queue de poisson bleue-grise. C'était... Des sirènes ! Mais rien à voir avec les sirènes qu'on décrivait dans les contes. Leur visage étaient d'une laideur comme je n'en avait jamais vu. Elles avaient un petit air supérieur. Leurs épais cheveux verts semblaient gluants, comme des algues, et flottaient autour d'elles. Leurs yeux perçants étaient petits, noirs et brillants.

 Effrayée, je me suis réfugiée dans le fond de ma coquille Saint-Jacques. A l'extérieur, j'ai pu voir les sirènes qui parlaient entre elles. Elles avaient dû voir que je m'étais réveillée. L'une d'elle, qui semblait être une femme, s'est avancée vers moi. En regardant de plus près, j'ai aperçu des fentes dans son cou. Des branchies. La créature portait sur le sommet de son crâne une couronne de corail. Peut-être était-ce elle la dirigeante de ce peuple marin ?

 La sirène a passé la tête dans la bulle d'air sous mes yeux écarquillés. J'ai remarqué que son cou est resté dans l'eau, sûrement pour lui permettre de respirer. Elle a commencé à me parler d'une voix douce, qui contrastait avec son allure peu attirante :

 - Bonjour, humaine. Tu viens de pénétrer dans le peuple des Sirènes. Tu étais sur le point de découvrir notre cachette, et nous ne pouvions pas te laisser remonter à la surface.

 - P-Pourquoi ? ai-je balbutié.

 Elle a éclaté d'un rire cristallin et froid et je me suis demandé si elle était capable de ressentir des émotions.

 - Pourquoi ? Parce que si tu remontes à la surface et que tu racontes tout à tes coéquipiers, tout le monde viendra ici dans l'espoir de nous capturer ! Notre peuple ne sera plus jamais tranquille. Nous sommes venus nous installer ici car c'est un endroit dont les hommes ont peur, comme il circule beaucoup de légendes. Selon elles, les bateaux qui viennent ici sont aspirés par des tourbillons d'eau ou alors coulés par des calamars géants. Nous ne voulons pas qu'une bande d'imbéciles qui se croient tout permi arrivent, découvrent notre ville sous-marine et la détruisent !

 - M-Mais de toute f-façon, si vous me laissez remonter et que je raconte mes mésaventures dans votre grotte, p-personne ne me croiras !

 La sirène a paru hésiter, aussi j'ai saisi ma chance et j'ai continué :

 - Je vous propose un marché. Vous avez ma parole que si vous me ramenez à la surface je ne raconterais rien à personne de votre peuple de Sirènes, et en échange vous me faites visiter votre ville sous-marine. Marché conclu ?

 La créature a rejoint les autres Sirènes et ils ont passé quelques minutes à discuter entre eux, mais je n'entendais rien comme j'étais dans ma bulle et elles dans l'eau. Puis la Sirène à la couronne est revenue et a repassé sa tête dans la bulle.

 - Marché conclu, a-t-elle dit. Mais des Sirènes t'accompagneront pour vérifier que tu ne fais rien d'autre que visiter.

 Elle a sorti sa tête, a sifflé et une Sirène est arrivée avec deux bouteilles d'oxygène dans la main. Je me suis demandé où elle les avait trouvées avant de me rendre compte que je n'avais plus les mienne sur mon dos.

 La souveraine des Sirènes a remis sa tête dans la bulle et m'a dit :

 - Tes bouteilles d'oxygène ont été remplies. Tu as deux heures devant toi pour visiter notre ville.

 Sur ces mots, elle s'est retournée et est partie. La Sirène qui tenait mes bouteilles d'oxygène a mis sa main dans la bulle pour que je les prenne. Je les ai saisies et les ais mises sur mon dos. Deux autres créatures sont arrivées, une qui semblait être un homme et l'autre une femme, et m'ont fait signe de sortir. Ce doivent être les Sirènes qui vont me surveiller, ai-je pensé. J'ai traversé la bulle et me suis retrouvée dans l'eau. L'une des deux créatures s'est placé devant moi, et l'autre derrière. Je me suis mise à suivre celle qui me précédait, qui devant sûrement me conduire à la ville.

 Très vite, je me suis sentie à l'aise dans l'eau et ait commencé à nager sans me soucier de me refaire assommer.

 Nous nagions au-dessus des coraux, rencontrant des poissons colorés de toute beauté. Au bout d'un moment, nous sommes arrivés devant une sorte de dolmen qui devait probablement être l'entrée de la ville sous-marine. Nous sommes passés dessous et sous mes yeux, j'ai pu voir la cité des Sirènes.

 Je ne m'étais pas imaginé un instant que ça aurait pu être aussi extraordinaire que ça, encore plus incroyable que les poissons et les coraux colorés.

 Cet endroit aussi regorgeait de couleurs, allant du rose pâle jusqu'au vert sapin. Les maisons des Sirènes étaient faites en pierre, et recouvertes d'anémones, de coraux avec parfois même des étoiles de mer. Sur les façades des demeures étaient incrustés des coquillages qui formaient des mosaïques, qui représentaient des sirènes pour la plupart. Les habitants de la ville allaient et venaient dans les rues, me jetant un regard intrigué. Certains tenaient dans leurs bras un poisson ou un hippocampe, les promenant comme on promenait un chien. Un peu éloignées de la ville, on pouvait voir des Sirènes armées d'un trident, qu'elles devaient sûrement utiliser pour chasser le poisson ou les mammifères marins.

 A l'extrémité de la cité, il y avait un palais de pierre gigantesque. Comme tous les autres bâtiments de la cité, des plantes marines étaient collées sur ses murs et se balançaient au gré des courants. Des coquillages innombrables formaient une immense mosaïque occupant entièrement l'une des façades. Cette oeuvre d'art représantait la souveraine des Sirènes, celle-là même qui m'avait accueillie. Les fenêtres n'avaient pas de volets et les ouvertures pas de porte, laissant les poissons aller et venir à leur guise. A travers la gigantesque ouverture de l'entrée, j'ai pu voir une coquille Saint-Jacques, semblable à celle où j'ai été captive. Ce devait être le trône de la reine des Sirènes. Sur les murs étaient sculptés des Sirènes, des hippocampes, des dauphins, des requins, et toutes sortes de créatures marines. Le soleil éclairait harmonieusement le palais.

 Au bout d'une heure et demie, j'ai du songer à remonter, car il me restait juste assez d'air. Les deux Sirènes m'ont raccompagnée jusqu'à ce que j'aie presque atteint la surface. Elles s'éclipsèrent à ce moment-là, car elles ne voulaient pas qu'un humain les voie.

 La tête encore remplie des souvenirs merveilleux de la cité des Sirènes, j'ai atteint la surface et ai pris une grande inspiration. J'ai aperçu mon bateau et suis montée à bord. Ça ne m'a pas étonné que Max, le capitaine du bateau, ne se soit pas inquiété de mon absence prolongée car après le repas, il fait toujours une sieste très longue. Je me suis demandé comment on pouvait dormir autant, surtout à bord d'un bateau qui tanguait sans cesse. Enfin, après tout, il avait navigué toute la nuit, alors il avait bien le droit à un peu de repos.

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