Chapitre 58 - Visite inattendu

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Le lendemain, quand nous retournames au vignoble, la première rencontre que nous fîmes avec le père de Natsuki fut par l'intermédiaire de ses bonbonnes à oxygène. Sa machine respiratoire émettait une ventilation rythmée et sonore. Puis, des bruits de pas et une masse qu'on trainait sur le sol suivirent. Enfin, nous vîmes. Un homme, un vieillard tassé dans une chaise roulante, traînant derrière lui son imposant boitier. Les lunettes respiratoire y était attelées. Natsuki, poussant le fauteuil, s'assura que son père était bien couvert par un plaid. Alors que nous nous attendions à une salutation, ses premiers mots furent crachés. Il toussa grassement pendant quelques longues secondes avant de siffler, à peine audiblement.

    • Bonjour Nokuro-san.
    • Chacun de ses mots étaient d'une lenteur incroyable. Il reprit.
    • Je suis ravi de vous rencontrer. Je m'appelle Hashimoto Shuishi. Vous allez être avec moi pour la suite de cette journée.
    • Mais, ce n'était pas moi qu'il regardait, on aurait dit qu'il m'avait à peine remarqué. Il s'adressait entièrement à Kazuma.

Je ne devais pas détourner mon regard, je le savais bien mais la pâleur de cet homme et ses mimiques me rendais mal a l'aise. Avant que Kazuma ne puisse le reprendre sur sa méprise, je pris les devant, et m'avançais vers lui, baissant légèrement les yeux avant de m'incliner vers lui pour le saluer :

  • Bonjour Mr Hashimoto, c'est moi qui vous est contacter, je suis Rose Nokuro.

Mais, malgré sa maladie, il me coupa avant la fin de ma phrase, avec une voix plus forte que ce à quoi je m'attendais.

    • Silence gamine ! Je parle à ton supérieur.

Il paya son excès de voix et toussa encore quelques coups. Je voyais maintenant d'où Natsuki-san tenais sa vision des choses et son caractère.

    • Vous vous méprenez monsieur ce n'est pas mon supérieur, mais mon mari, et il n'est là que comme collaborateur. Je suis la chef du clan du Kikyo-gummi.

Kazuma lui sourit pour lui confirmer mes dires.

  • Pfeuh ! Foutaise ! Une gamine dans votre genre diriger une prestigieuses familles...Mais je comprends votre petit manège, je peux faire semblant si vous voulez...Vous vous faîtes passer pour l'oyabun pour protéger votre "mari"...si je peuix me permettre, Nokuro-san, j'aurais prit un autre homme pour jouer le rôle de ma "doublure".

Toujours avec une grande lenteur, ses mots arrivèrent jusqu'à moi avec beaucoup de dédain, bien plus que je n'en avais jamais ressenti. Je me mordit légèrement la lèvre inférieure avant d'afficher alors un grand sourire sur mon visage.

  • Vous pouvez le pensez mais cela ne change pas le fait que je suis la seule héritière et oyabun de mon clan. Quant à votre avis sur mon “mari”, il m’importe peu. Je n’ai pas besoin d’une doublure plus imposante ou plus bruyante pour asseoir mon autorité. Mon nom suffit. Mon sang suffit. Et si cela vous dérange… c’est que je fais très bien mon travail.

Kazuma s'avançait alors vers lui, un léger sourire au lèvres :

  • Je peux vous assurer que ma femme dit la vérité. Je n’ai jamais cherché à m’approprier un titre qui ne m’appartient pas. Elle l’a gagné seule, avec mérite dans un monde encore régis par des hommes encore aérié par de veilles pensées.

Il inclina légèrement la tête, geste respectueux mais calculé, avant de relever les yeux avec une assurance calme.

  • Je suis à ses côtés par choix, pas par ambition. Et si vous êtes ici pour tester sa légitimité, je vous conseille de reconsidérer votre position… avant que cette discussion ne devienne beaucoup moins cordiale.
  • Comment ! Comment osez-vous !? Je suis un homme respectable monsieur ! Je porte l'héritage de ma famille entière sur les épaules, des épaules d'homme !

La fin de sa phrase fut cracher comme ses premiers mots, et tousser fortement, j'eus l'impression que les murs en tremblaient. Natsuki se rapprocha de son père, nous foudroya d'un regard plus noir que l'eben et, sans un mot, l'éloigna au détour d'un couloir alors que nous l'entendions tousser et vociférer. Je savais que m'attaquer a un homme malade n'était pas très malin de ma part, je ne l'aurais en temps normal pas fait mais au vu de son comportement si grossier, j'avais juger cocasse de le renvoyer de ses but. Au vu du regard que nous avait lancée sa fille nous avions "dépasser les bornes". Je tirais légèrement sur la manche de la chemise de Kazuma en me penchant vers lui pour lui chuchoter a l'oreille.

  • Tu ne pense pas qu'il serait mieux pour nous de se retirer ? Je doute que Natsuki-san revienne nous faire gentiment la suite de notre visite après ce qui c'est passé.
  • Je ne pense pas non plus...j'espère que son père se remettra...
  • Oui ...

Nous n'attendîmes pas le retour de Natsuki et nous nous en retournions a notre voiture.

  • Je me demande si ... je n'aurais pas dû m'abstenir de commentaires ...

Je me laissai aller contre le siège, les mains serrées dans mes genoux, mon visage collé contre la vitre de l'habitacle.

— J’ai été puérile d’agir comme ça… Je sais que je n’aurais pas dû, pas de cette manière. Tu l’as dit toi-même, j’ai l’habitude de recevoir ce genre de critique.

Kazuma avait son regard fixer sur la route, mais je pouvais sentir qu'il était a mon écoute.

— Rose… tu n’as rien à te reprocher, dit-il calmement. Tu sais, moi aussi j’ai déjà réagi de cette façon. Quand j’ai parlé à Mr Hashimoto, ce n’était pas très différent de ce que tu as fait. Parfois, on ne peut pas empêcher nos émotions de prendre le dessus. Et je suis là, pour te rappeler que ça ne change rien à ce que je pense de toi.

Sa présence, tranquille et ferme, rendait tout plus léger, moins intimidant. J'espérais aussi que le père de Natsuki allait se remettre. En arrivant à l'hotel, je soupirais. Voilà un contre-temps auquel nous n'avions pas pensé lors de l'organisation du voyage. Je voyais mal comment je pouvais rattraper les dégâts. Peut-être aurai-je dû laisser couler pour que tout se passe pour le mieux. J'eus du mal à ne pas y penser le reste de notre journée. Même si Kazuma m'emmena visiter une réserve animalière pour me changer les idées, un arrière gout de regret emplissait tout de même mon esprit. Même si j'y retournais pour m'excuser, qui me disais qu'il allait les accepter ? Qui me dit qu'il ne nous renverrais pas sur Kyoto sans que pûmes faire un quelquonque accord....

  • Je suis désolée Kazu-chan... Je sais que tu essayes de me remonter le moral et j'ai encore tout gâché...
  • Rose, tu n'y es pour rien. Je pensais ce que je disais tout à l'heure. Si son mode de pense est archaïque, c'est dommage pour lui, mais tu n'as pas à te sentir coupable. Si vraiment tu es inquiète, on peut toujours téléphoner en rentrant.
  • Oui ... c'est vrai tu as raison, merci Kazu-chan. Dis-je avec un sourire. Apaisée, nous continuâmes la visite de la réserve. Je fut émerveillée devant quelque animaux dont les loutre de mer avec leur petit ainsi que les pingouins qui avait une façon peut commune de déclarer leur amour éternel a leur femelle. Le pingouin male offre un caillou a sa femmelle pour qu'il reste ensemble pour l'éternité. Je me demandais comment elle faisait pour conserver leur caillou tout en élevant leurs œufs, et ce qu'il se passait si une femelle en recevait plusieurs ou bien pire : déclinait la pierre d'un de ses congénères ? Ces différentes pensées me firent rire. Ce fut dans un tout autre état d'esprit que nous regagnâmes l'hôtel. Je me sentais mieux, Kazuma avait eu raison.

Je me surpris à sourire sans raison, simplement portée par la tranquillité du moment. Le lendemain, nous n'avions aucun rendez-vous mais avions décidé de rester à l'hôtel, je finissais de lire les rapports de maman quand je décidais de me rendre à la piscine privée. Dans la matinée, un coup de téléphone donné au Hashimoto me laissa un gout amer dans la bouche. Il était clair que nous n'étions plus les bienvenus et Natsuki, qui répondit à mon appel, était plus sèche et perdit toute politesse, je la comprenais.

  • Mon père est à l'hôpital. Je vous laisse en deviner la raison. Soyez fière de vous ! Si c'est comme ça que vous considérez les personnes qui vous viennent en aide, je ne serai pas surprise de voir péricliter l'ensemble de votre famille.

Ces mots forts, restèrent pourtant dans ma mémoire toute la journée. La douceur de l'eau chlorée ni changea rien. Je n'avais même pas pus dire quoi que soit et au vu de son ton, quoi que je dise, cela n'aurais rien changer. Je ne fis rien du reste de ma journée et restait cloîtrée dans ma chambre. J'avais bien entendu contacter d'autre famille de la région dans cette éventualité mais elle n'étais pas si nombreuse que ça et là famille Hashimoto avait des terres plus dense que les autres. Qu'est-ce que j'étais censé faire, maintenant que notre compromis avait été balayé d'un coup de vent. Kazuma avait décidé de partir en promenade alors je ne le croisais pas, en retournant dans ma chambre dans l'après-midi. Je n'avais même pas pus dire quoi que soit et au vu de son ton, quoi que je dise, cela n'aurais rien changer. Je ne fis rien du reste de ma journée et restait cloîtrée dans ma chambre.

J'avais bien entendu contacter d'autre famille de la région dans cette éventualité mais elle n'étais pas si nombreuse que ça et là famille Hashimoto avait des terres plus dense que les autres. Ce fut pour m'assurer d'un rendez-vous pour le lendemain qu'aussitôt assise dans mon canapé j'attrapais mon téléphone pour composer le numéro d'un caviste.

J’avais beau ressentir la tension de ce compromis brusquement annulé, je savais qu’il ne servait à rien de céder à la frustration surtout en sachant que de genre de désagrément arrivais. Je portai le téléphone à mon oreille et me contentai de confirmer le rendez-vous pour le lendemain, l’heure et le lieu. Quelques politesses échangées, puis je raccrochai, le téléphone reposant enfin sur la table basse en me laissant m'enfoncer dans le canapé.

A bien y réfléchir, je me demandais si Natsuki-san ne nous avait pas prévenu du comportement de son père. Nous aurions donc pu éviter cet accident et je comprenais d'autant plus sa colère. Mais je ne comptais pas me laisser abattre ou disparaître à cause de la société. Ma famille était l'une des plus importantes au Japon, ma famille avait choisi de me faire confiance et je comptais bien l'honorer. Notre union passait avant tout. Alors que je prenais un livre, on toqua à ma porte. Kazuma, sans doute. Mais je fus plus que surprise de voir Mahiru, les joues sèches mais de la même couleur que ses yeux humides et bien rouge. Elle avait vraisemblablement pleuré.

  • Mahiru, mais ...
  • Je te demande pardon de m'imposer dans un de tes déplacements, mais il me poursuit et je refuse de le voir et je ne veux pas l'écouter.

Je l'invitais à entrer et allais lui chercher de quoi boire.

  • Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
  • Renjiro, il ...
  • Prend ton temps et explique-moi ce qu'il c'est passé, dis-je en lui tendant un verre d'eau.
  • Renjiro me trompe.
  • Hein ? Tu en est sur ? Qu'est-ce qui te fais dire ça ?
  • Oui je suis sûre. Je l'ai vu ! Je l'ai vu avec cette ...

Mahiru dut reprendre sa respiration et porta ses mains sur son visage pour couvrir ses yeux. Je lui apposais une main dans le dos pour tenter de la calmer. Je n'arrivais pas a imaginer Renjiro la tromper, après les avoir vu si amoureux.

  • Respire calmement, inspire, expire. Est-ce qu'il t'a dis quelque chose quand tu les as vu ? Est-ce que tu as essayer d'en discuter avec lui ?
  • Non ! Non je ne veux pas entendre ses excuses bidon ! Je l'ai vu avec une fille se diriger dans un hôtel je n'ai pas besoin d'entendre ses mensonges !
  • Tu l'a juste vu rentré ? Mahiru, au vu de ce que tu me raconte c'est important que tu puisse en discuter avec lui, même s'il te sors des excuses, pour que tu est toute l'histoire, pour le moment tu n'as que ton point de vue. Si tu veux je peux venir avec toi.

Mahiru se leva.

  • Je suis venue en pensant que tu serais de mon côté. Mais mon copain me trompe et c'est ok...apparement.

Mahiru quitta ma chambre d'hotel en claquant la porte. Je sortit de ma chambre pour la rattraper et au bout d'un couloir réussi a lui aggripé la main :

  • Mahiru attend ! Je suis j'aurais pas du dire, ça je suis désolé, je ne voulais pas te blesser. J'ai été bête. Excuse moi.

Je n'avais pas remarqué que les portes de l'ascenseur, ouverte, laissait apparaître Kazuma.

  • Mahiru ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Le timing était mauvais, je savais que s'il voyais sa soeur dans cet état et qu'elle lui expliquais ce qu'il lui était arrivé, la suite allais mal finir.

  • Kazu...

Il l'a prit par les épaules et l'attira contre lui.

  • On va en discuter dans ma chambre.

Kazuma m'interrogea du regard. Je restais silencieuse et baissait la tête, ne sachant pas si je devais intervenir ou non. Je les suivis malgré tout dans la chambre de Kazuma. Une fois Mahiru installé dans le canapé, Kazuma renouvela sa question.

  • Il s'est rien passé ...
  • Mahiru ...

Elle ne le regardait pas, la mine déformée par une grimace de tristesse.

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