Chapitre 11

6 minutes de lecture

(Mai 2019)

La nuit était interminable je me tournai dans un sens puis dans l’autre. Je retournais l’oreiller toutes les heures afin de sentir la fraîcheur sur mon visage. Le sommeil a commencé à me trouver lorsque le reveil à sonné. J’étais certes fatigué mais fin prêt pour cette journée.

Un jogging et un tee-shirt de la veille m'attendaient sur mon bureau. par la suite j’ai descendu l’escalier pour prendre mon petit déjeuner, une des chaussures de mon père y était présente. Quelques mètres plus loin dans le couloir la seconde était là, renversé sur le côté.

En ouvrant le frigo, près de là ou j’avais déposé les sandwichs, des morceaux d'aluminium étaient présents à côté d’un bout de pain à moitié croqué. La chaleur montait jusqu’à mes oreilles. Elles ont commencé à siffler. Plusieurs scènes traversaient mon esprit sur ce que je voulais lui faire mais après une longue inspiration pour me calmer j’ai appuyé mon front sur le coin froid de la porte du frigo, ma main tremblait en serrant fortement la porte. j’ai ramassé les bouts d’aluminium pour en faire une boule compacte que j’ai balancée dans la cuisine. Elle a rebondi contre un placard avant de rouler au sol.

Après quelques respirations, j’ai cherché une solution. Par chance il me restait du pain de mie de la veille et un reste de rillette dans le frigo. J’ai pu sauver la mise en préparant un sandwich de secours pour moi. Celui pour Clara n'avait pas été dépouillé. J’ai tout empaqueté dans un torchon propre avant de ranger le tout dans mon sac.

Avant d’aller dans la salle de bain pour me préparer, j'ai lancé Insta. Un point vert indiquait que Clara était en ligne. Les battements de mon cœur ont finalement repris leur rythme, à cette heure-ci, en plein week-end , ça m’a conforté dans l’idée qu’elle serait bien au Bella à l’heure aujourd’hui.

Devant le miroir, des cernes violettes maquillaient mes yeux, je ne pouvais rien faire pour elles. Par contre pour ma coupe oui. J’ai tenté de relever mes cheveux sur la droite mais j’étais affreux. Les cheveux sur la gauche n'étaient pas non plus une bonne idée, un air trop germain. J’ai mouillé mes cheveux une énième fois pour tenter d’amener les cheveux en arrière pour essayer de me donner un air de beau gosse comme dans les films. Sauf que pour moi ça exposait plutôt un début de cheveux manquant sur les tempes. J’ai finalement ébouriffé mes cheveux pour leur redonner leurs aspects de tous les jours. En me lavant les dents, entre deux respiration ma gorge me brûlait et des picotements la grattait. Au point où mes yeux devenaient humides. Le dentifrice n’était pas en cause mais la tonne de déo spray que j’ai mis pour ne pas puer de la journée si par contre.

Je suis finalement sorti de la salle de bain avec un mélange de déo et de menthe dans la gorge. Après une dernière vérification de mon sac j’ai finalement pris la route pour Crétay.

Ma tête vibrait contre la vitre du bus. je contemplais le paysage qui défilait sous mon regard. Qui était en réalité centré sur le Bella. J'imaginais que sur place je lui criais : “Surprise !” mais je ne voulais pas vraiment faire ça. Si en arrivant elle était de dos je pourrais m’approcher discrètement et lui cacher les yeux de mes mains. Un frisson de gène m’a saisie à cette pensée.

Une fois les portes du bus passé, je me dirigeai vers le café. Après quelques pas seulement, j’ai sorti mon téléphone pour finalement ajouter un point sur le gps. J’ai profité de l’avoir en main pour vérifier une dernière fois le statut de Clara. Au rythme de mes pas sur le béton, une boule se formait dans mon estomac, Je ne passais pas le permis mais pourtant c’était tout aussi étouffant. J'insistais pour réguler mon souffle à chaque respiration. à quelques pas du café, je cherchais le visage de Clara à travers les vitres. Un reflet m'empêchait de bien voir à l’intérieur, seul mon double dans la vitre était présent.

En passant les portes d’entrées, une odeur de pâtisserie et de torréfaction émoustillait mon nez. Deux ou trois tables étaient prises par des clients mais pas de trace de Clara. à mesure que mon regard sautait entre les tables, une petite peur s'immisçait. Je n’ai même pas remarqué la femme devant moi. Une jeune femme brune avec un tablier noir me scutait les sourcils plissés.

— Bonjour, Souhaitez-vous une table ? Pour combien ? me demanda-t-elle.

J’ai raccroché mon regard au sien en lui rendant son sourire.

— Bonjour, non je cherche une fille… Enfin ma copine. C’est une blonde de cette taille là

J’ai mimais la taille de Clara de ma main avant de m'apercevoir qu’elle était trop haute, alors je l’ai descendue de quelques centimètres.

Un début de sourire est passé sur son visage, je suspectai qu’elle avait compris mais me laissait m'embourber dans mes gestes.

D’un geste de la tête la serveuse m’a guidé à une table où une assiette avec un pain au chocolat à moitié croqué était sur la table. Il n’était pas seul, autour, jus d’orange, chouquette et autres viennoiseries ornaient la table

— Il me semble qu’elle est aux toilettes. annonça la serveur en repartant vers l’entrée.

La banquette rouge sur laquelle je me suis assise était gelée et le cuir collait un peu. Je tapotais mes doigts sur le bois de la table, cherchant du regard quoi faire. Je n’avais pas prévu ce scénario. A ma gauche deux panneaux respectifs indiquaient les toilettes. Je suis allé me réfugier dedans. J’ai allumé l’eau froide et j’ai glissé mes mains dessous pour gagner quelques minutes. Alors que je me séchais les mains j’ai entendu le bois d’une porte claquée à l'extérieur . J’ai pris une grande inspiration avant de passer la porte.

Je ne m’étais pas trompé, Clara était sur la banquette, scrollant sur son téléphone. Je me suis approché et je me suis installé en face d’elle. son téléphone à glissé des mains pour finir sur la table quand elle m’a vu.

Après une seconde de silence, elle à murmuré mon nom. Puis encore une seconde plus tard :

— Alex ! Cette fois ci elle avait crié.

Ce qui n’avait pas manqué de faire retourner les serveurs au comptoir. le rouge me montait au joue, j’ai posé mon index sur mes lèvres pour la calmer mais elle était déjà debout en face de moi. Sentant qu’elle allait encore crier quelque chose je l’ai embrassé instinctivement. Son baiser avait un goût de jus d’orange. Ce n’était pas désagréable. Il a ensuite laissé place à un câlin. La chaleur de son corps traversait ses vêtements, l’odeur du shampoing mélangé au café était affreusement agréable. Elle a légèrement poussé mes épaules pour mettre fin à l’étreinte puis a regardé autour.

— Où est Emma ?

J’ai souris bêtement, en la regardant essayer de comprendre.

— Elle n’est pas là, aujourd’hui sera avec moi. lui ai-je déclaré.

Un frisson a parcouru ma colonne quand je me suis entendu dire ça. mais quelque chose d'innocent reflétait dans ses yeux. Ce qui m'empêchait de penser correctement aux mots sortant de ma bouche.

Nous nous sommes assis sur la banquette et Clara a commencé à enchaîner toutes sortes de questions, j’ai dû l'interrompre. J’ai fini par lui expliquer que j’allais passer la journée avec elle, que Emma était dans le coup et qu’elle n’avait pas le droit de me poser des questions. Puis que pour son anniversaire je voulais marquer le coup en organisant quelque chose pour elle.

Quelques minutes plus tard, j’ai prévenu Clara qu’il fallait y aller.

Après avoir réglé pour elle, dehors, Clara m’a demandé où nous allions. Je lui ai répondu par un regard taquin.

En retour pour me faire craquer elle gonflait ses joues et louchait pour arriver à ses fins.

Nous marchions dans la rue vers la gare routière. Pour une fois, pas besoin de m’humilier avec le gps, le trajet était le même que l’aller. Clara faisait la moue, comprenant qu’elle n'allait pas avoir sa réponse.
Main dans la main nous arrivions à la gare routière. La destination était inscrite sur le panneau d’affichage à l’avant du bus. Avant qu’elle ne s’en aperçoive, je l’ai mise dos au bus.

— La destination est inscrite sur le bus. Promets moi de ne pas regarder. S’il-te-plaît.

D’un hochement de tête, elle est entrée dans le bus en regardant ses chaussures. Je me suis installé coté vitre, le sac entre mes pieds.

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