~ Chapitre 1 : Sarah ~

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Putain, j’suis où là ???

Telle est la première pensée qui me traverse l’esprit lorsque je me réveille un beau matin, dans le lit d’un parfait inconnu. Enfin… non, peut-être pas la toute première. D’habitude, quand j’émerge des profondeurs du monde de Morphée, la première chose qui me vient en tête, c’est d’aller chier. Ouais je sais, vous devez sûrement vous dire « Pas très glamour comme langage pour une fille ». En particulier pour une fille de vingt-et-un ans censée se comporter en adulte responsable. Vous avez probablement raison, mais j’ai jamais été classe, je vous préviens, et cela risque pas de changer.

Bref… Tout ça pour dire qu’au lieu de mes pensées quotidiennes sur mes rituels intestinaux du matin, mon cerveau a décidé de se focaliser sur le fait que je ne me trouve actuellement pas dans mon lit, dans l’appart’ où je vis en coloc’ avec ma meilleure amie, Pam, mais dans celui d’un type complètement nu et encore endormi que j’ai jamais vu auparavant (à moins que je ne m’en souvienne tout simplement pas). Je sais même pas quel jour on est : lundi ? mardi ? à moins que ce soit encore le week-end ? J’essaye d’y réfléchir mais tout ce que je récolte, c’est un foutu mal de tête qui me fait grimacer. Généralement, lorsque mon crâne m’élance comme ça, c’est parce que j’ai trop bu la veille. Mais là, impossible de me souvenir de ce qui s’est passé hier soir… du moins, pas tant que mes tympans continuent de vriller.

Je me redresse doucement pour ne pas me cogner, et c’est quand le drap qui recouvre mon corps glisse que je me rends compte que je suis à poil, comme le mec à côté de moi qui ne fait que ronfler. Et merde… Qu’est-ce que j’ai encore fait ? Je me suis pourtant jurée de me calmer… Pam va me tuer quand elle l’apprendra. Enfin, pas tuer au sens littéral, mais je suis sûre que je vais avoir droit à son regard réprobateur et à sa leçon de morale sur le respect de soi et la dignité. J’y ai droit à chaque fois que je passe la nuit avec un mec. Le pire, c’est que c’est une sacrée hypocrite, Pam, sur ce sujet. Bon, elle est peut-être pas aussi délurée que moi, mais c’est quand même pas une sainte-nitouche, si vous voyez ce que je veux dire. Mais je lui ai jamais dit, je suis pas folle non plus.

Je tente de m’extirper discrètement du lit afin d’attraper mes vêtements qui gisent sur le sol, mais c’est à ce moment-là que le gars à ma droite décide de se réveiller. Je sais même pas comment il s’appelle, peut-être qu’il me l’a dit hier soir et que ça m’est sorti de la tête. À vrai dire, je m’en fiche pas mal : c’est pas comme si je comptais le revoir de toute façon, alors à quoi bon retenir son prénom ? N’empêche qu’il est sacrément beau gosse, avec ses cheveux bruns ébouriffés et sa barbe de quelques jours. En plus, il a un torse très poilu, tout ce que j’aime.

Je m’efforce de l’ignorer et je rassemble mes affaires. J’ai déjà enfilé ma culotte et mon soutif, et je suis en train de me débattre avec mon jean lorsqu’il se redresse, s’adosse contre la tête de lit, me mate pendant un long moment et me lance :

— Alors, on s’en va déjà ? Dommage, on aurait pu s’amuser encore un peu…

Oh putain, sa voix… À la fois rauque et sensuelle, bien virile. Pas étonnant que j’ai flashé sur lui, dans ce cas.

— Désolée, je dois y aller, je marmonne en lui tournant le dos et en enfilant mon haut, une tunique à fleurs que Pam m’avait offerte pour mon anniversaire.

— Ah bon ? Pourquoi, t’es pressée ? T’as un autre mec à aller voir, c’est ça ? s’enquiert-il d’un ton sarcastique.

Même si je ne peux pas le voir car j’ai toujours le dos tourné, je sais qu’il est en train de sourire.

— Je ne suis pas ce genre de fille, je te signale, je rétorque, piquée au vif par son insinuation (même si elle s’avère plutôt fondée, en fait).

— Vraiment ? C’est ce qui m’a pourtant semblé hier soir, quand tu m’as chauffé devant toute la boîte, réplique-t-il, avec toujours son fichu sourire dans la voix.

— Pardon ? je m’exclame en lui faisant face.

Je suis allée en boîte hier ? Première nouvelle ! Je ne m’en souviens absolument pas. J’ai peut-être trop forcé sur l’alcool, encore une fois. Oui, ça doit être ça… Mais n’empêche, pour qui il se prend ce mec à me traiter de chaudasse, surtout après avoir tiré son coup ? Un crétin doublé d’un hypocrite, c’est bien ma veine. Je regrette carrément de l’avoir trouvé mignon. Sacrément gonflé, celui-là…

— Tu t’en souviens pas ? Après, vu comment t’étais bourrée, je suis même étonné que t’arrives encore à marcher, renchérit-il.

— Au moins, l’alcool ça m’a fait ressentir quelque chose hier soir, pas comme au lit, je balance sans ménagement.

Le sourire du mec s’élargit, et il continue à me fixer de son regard insolent. J’ai envie de le frapper.

— Oh, Madame a des griffes, à ce que je vois ! J’avais pourtant l’impression que tu kiffais ce que je te faisais, vu les cris que tu poussais.

— Et moi, j’avais l’impression que t’étais un type plutôt futé, mais je me suis peut-être trompée finalement, vu que t’es même pas fichu de remarquer quand une fille simule.

Et bim, dans ta face ! Je vois que j’ai frappé juste quand son visage se décompose. J’ai peut-être brisé son petit égo fragile de mâle tout-puissant, mais au moins ça lui apprendra à ne plus me manquer de respect. Même s’il m’arrive souvent de faire n’importe quoi avec les mecs, il est hors de question que je les laisse me traiter comme une merde. Même si Pam pense le contraire, je sais me respecter quand même.

Ni une ni deux, après avoir enfilé ma veste et mes chaussures, je prends mon sac et je me dirige vers la porte.

— Hé, t’en vas pas, je plaisante ! Je voulais pas te vexer ! dit le mec quand il voit que je m’apprête à partir.

— T’inquiète, je suis pas vexée. J’ai pas l’habitude de me laisser atteindre par les paroles d’un gros connard qui sait même pas baiser correctement, je riposte sans me retourner.

J’attends même pas sa réponse que déjà j’ouvre la porte et je me casse.

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