L’œuf qui brillait
Piou s’approcha doucement du vieux chêne. Ses petites pattes s’enfonçaient dans la mousse, et le chant des oiseaux semblait s’être tu autour de lui. Là, à l’ombre des racines noueuses, il le vit : l’œuf doré.
Il n’était pas très grand — à peine plus gros qu’un œuf de poule — mais il brillait comme s’il contenait un soleil à l’intérieur. Sa coquille était parcourue de fines veines lumineuses, comme si de l’énergie y circulait encore.
Piou tendit une aile tremblante. Au moment où ses plumes effleurèrent la coquille, une chaleur douce se répandit dans tout son corps. Des images éclatèrent dans son esprit : une montagne noire, une clé ailée, un cercle d’oiseaux anciens chantant dans une langue oubliée...
— PIOU !! QU’EST-CE QUE TU FAIS ?!
La voix stridente de Madame Picpique le fit sursauter. Elle accourait en battant furieusement des ailes, suivie d’une volée de villageois affolés. En quelques secondes, Piou fut encerclé.
— Éloigne-toi de cet œuf ! lança un vieux dindon nommé Grizabec.
— C’est un mauvais présage ! piailla une pintade.
— C’est peut-être un piège des corbeaux !
Mais Piou, bien qu’un peu tremblant, secoua latête : — Non… je crois qu’il m’a parlé.
Un silence de choc tomba sur l’assemblée. Puis un vieil hibou au regard profond, Maître Hulorne, s’avança. Il observait l’œuf avec une étrange émotion dans les yeux.
— Cet œuf… je le connais. Il appartient à une légende oubliée. Celle des Plumes d’Or, les gardiens disparus de l’équilibre ailé…
Tous les regards se tournèrent vers lui. — Et s’il est revenu… c’est que le monde est en train de changer.
Un murmure de peur parcourut le village.
Mais Hulorne posa doucement son aile sur Piou.
— Toi, petit poussin… tu as été choisi. Tu dois quitter Plumvalon. Tu dois trouver le Cercle des Anciens Ailés… et percer le mystère de cet œuf.
Piou ouvrit grand les yeux. Quitter le village ? Partir seul dans l’inconnu ?
Son cœur battait la chamade.
Mais au fond de lui, une petite voix murmurait :
Tu es prêt, Piou… le destin t’attend.

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