Les ombres de l’ancienne cité
Piou, après avoir escaladé la montagne des morts, se retrouva enfin sur un plateau à l'air pur. L'endroit semblait irréel, comme un bassin de lumière entouré de cieux étoilés. Là, la montagne s’inclinait vers une vallée profonde, un vide rempli d’échos étranges.
Au loin, la cité oubliée se dressait, mystérieuse et ancienne, comme un rêve perdu dans le temps. Ses grandes portes de pierre, couvertes de mousse et de lierre, semblaient murmurées par le vent. Et à l’intérieur de cette cité engloutie, quelque chose de terrifiant attendait Piou.
L’air autour de la cité vibrait. La terre elle-même semblait respirer, pulsant à un rythme ancien. Piou frissonna.
— C’est ici… murmura-t-il, presque pour lui-même.
Il s’avança prudemment, ses petites pattes s'enfonçant dans une terre poussiéreuse. Tout était calme, presque trop calme. Puis, il entendit des bruits de chaînes qui s’entrechoquaient, comme si la cité vivait encore… mais que quelque chose de mortel y dormait.
Alors qu'il approchait de la porte centrale, un vent froid souffla à travers les ruines. Un chuchotement presque imperceptible lui parvint.
"L’heure de la vérité approche… que cherches-tu, petit poussin ? La lumière ou l’obscurité ? Le passé ou le futur ?"
Piou se figea. Une voix, venue de nulle part. Mais il n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps. La porte s'ouvrit lentement devant lui, grinçant sur ses gonds rouillés.
À l’intérieur, la cité semblait être restée intacte, comme figée dans le temps. De grandes statues de guerriers ailés se dressaient de chaque côté des rues pavées. Mais tout semblait morne, comme si même la lumière refusait d’y pénétrer.
Il s’engagea dans une ruelle étroite et sombre, quand soudain, il aperçut une lueur lointaine. Il suivit la lumière jusqu’à un grand temple en ruines, dont les murs étaient décorés de symboles étranges et d’anciennes écritures qu’il ne comprenait pas.
Au centre de la pièce principale, une fontaine magique coulait, remplie d’une eau scintillante. Au-dessus d’elle, une image gravée d’un phoenix apparaissait sur les murs, tout juste éclairée par la lumière qui émanait de la fontaine. Et dans cette fontaine, une silhouette étrange se tenait immobile, un regard perçant fixé sur Piou.
C’était l’allié qu’il attendait.
La silhouette était vaporeuse, enveloppée dans un manteau noir et orné de plumes dorées. Son regard était sombre, mais plein de sagesse. La créature éleva la tête et parla d’une voix profonde :
— Tu es enfin arrivé, Piou.
— Qui êtes-vous ? demanda Piou, s'approchant prudemment.
— Je suis Caleum, un ancien protecteur de cette cité oubliée. Et je suis ici pour t'aider dans la grande bataille qui approche.
Piou se sentit submergé par la révélation. Il avait enfin trouvé celui qui allait l'aider à affronter les ténèbres grandissantes. Mais quelque chose dans l’air… un pressentiment étrange, lui disait que tout n’était pas aussi simple qu’il semblait. Caleum s’approcha, ses plumes dorées brillants d'une lumière douce et chaude. Mais dans ses yeux, Piou pouvait voir quelque chose de plus ancien, de plus puissant. Un savoir que même un phoenix comme Fenix ne pourrait comprendre.
Caleum leva une main.
— La guerre des peuples est sur le point de commencer, Piou. Tu vas devoir faire un choix… et il sera lourd de conséquences.
— Un choix ? répéta Piou, les plumes légèrement tremblantes.
Caleum regarda fixement l’œuf d’or dans les mains de Piou, ses yeux se faisant encore plus perçants.
— Ce n’est pas seulement un œuf, Piou. C’est la clé pour libérer une puissance immense… ou pour la sceller à jamais.
— Et si je fais le mauvais choix ? demanda Piou, inquiet.
Caleum se tourna alors, ses ailes battant doucement dans l’air froid de la cité déchue.
— La fin de tout sera inévitable. Mais dans chaque décision, il y a un risque, et un espoir. Tu devras choisir si tu veux sauver le monde ou… le plonger dans l’obscurité éternelle.
— Je… je ne suis qu’un poussin ! Comment pourrais-je…
— Parce que tu portes l’âme des anciens en toi. Tu es l’héritier de la Plume d’Or. Et dans ce rôle, tu es plus puissant que tu ne le crois.
Caleum leva une dernière fois ses yeux, fixant Piou avec une intensité mystique.
— Va. La bataille t’attend. Mais sache que ton destin est déjà écrit dans les étoiles. Choisis-le avec sagesse, jeune poussin.

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