De gré ou de force !

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Petersburg, 14 juin

Mon cher Benjamin, mon très cher époux,

Cette nuit j’ai eu la peur de ma vie, alors que la maison et les alentours son si calmes. Pourtant j’avais bu mes tisanes relaxantes, comme me l’a prescrit le docteur Harrisson et, dès la lueur de ma lampe éteinte, j’avais trouvé un sommeil profond et paisible.

Pourtant un rêve étrange, un cauchemar, devrais-je dire est venu perturbé violement le cours de la nuit. Imagine : deux yeux brillants, énormes et malveillants m’observaient dans l’obscurité. Soudain, j’eus l’impression d’être une petit souri, si fragile et terrifiée ! Ces yeux qui me dévoraient étaient ceux d’un gros chat. Il bondit sur moi découvrant ses crocs acérées, prêts à me croquer. C’est à cet instant, Benjamin, que je me réveillais en nage et toute grelotante.

Je crois bien avoir hurlé. Ma gorge me brûlait. Et tout de suite je sentis que quelque chose n’allait pas. Mes draps s’étaient teintés de sang.

Ma grossesse est devenue si douloureuse depuis quelques jours, que je ne supporte plus le poids de ma solitude. Comme j’aimerais venir te chercher, sans ce ventre douloureux et un voyage assurément épuisant et peut-être fatal.

Je n’en peux plus de ton absence. Je n’en peux plus de ce Docteur Harrison. Il prétend que notre bébé va bien, que je dois juste me reposer. C’est un imbécile et pourtant, je dois bien me résoudre à faire confiance à sa science.

Benjamin, qu’en me reviendras-tu ? J’ai un très mauvais présentiment et j’abhorre déjà devoir affronter la pire nouvelle qui soit. Dois-je perdre le fruit de nos amours alors que tu t’égards dans ces contrées archaïques, enclins aux miasmes et aux fièvres ?

Si tu n’es pas enfin de retour à Petersburg dans les cinq jours suivant la réception de ma missive, je serais forcée de supplier mon père ou ton futur beau-frère, afin qu’ils te ramènent auprès de ton épouse. De gré ou de force !

Si tu tiens à moi, aussi fort que je t’aime, je t’en supplie Benjamin, reviens.

Ta dévouée et si fragile épouse, Margaret.

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