Dix-huit Mai Mille Sept-Cent Quinze.

Une minute de lecture

ACTE D’ACCUSATION POUR CRIMES DE SORCELLERIE, EMPOISONNEMENT ET SACRIFICES HUMAINS

Au nom de Dieu Tout-Puissant, de Sa très sainte Loi, et de l’Autorité de Son Excellence le Gouverneur Charlus serment, de témoignages de personnes libres et de bonne réputation,
et de faits tenus pour constants et notoires,
il est retenu contre ladite Esther ce qui suit :

qu’elle a, de nuit, tenu assemblées secrètes et sabbats dans une grotte isolée sur les terres de Chastaing Plantation,
où furent pratiqués rites impies et conjurations,
où la foi chrétienne fut reniée,
et où furent prononcés vœux et promesses faites au Démon, l’ennemi du genre humain ;

qu’elle a préparé, conservé et distribué breuvages de composition pernicieuse,
faits d’éléments défendus et contre nature,
lesquels furent employés tant pour altérer l’ordre établi par Dieu,
et notamment dans le dessein de conserver ou recouvrer un non conforme à son âge et à sa condition ;

qu’elle a fait mourir ou fait périr enfants nouveaux-nés, personnes infirmes, malades ou faibles, tant de condition servile que libre,
lesquels furent soustraits à la vue publique,
et utilisés ou offerts à des fins de sacrifices humains,
pour l’entretien de ses pratiques de sortilège et l’obtention de faveurs impies.

En conséquence, et pour l’exemple de tous :

L’accusée, Esther Chastaing, sera pendue et brûlée, et ses restes enterrés sans sépulture chrétienne ni messe, afin que nul ne puisse prétendre à un repos sacré après de si abominables crimes.

Quant aux complices de ladite accusée, ceux de condition libre et respectable seront jugés et punis selon la rigueur des lois, tandis que ceux de basse naissance et servile condition subiront châtiment immédiat : pendaison, brûlement et dépôt dans les marais, sans sépulture ni office religieux, afin que la terre elle-même soit purgée et lavée de leurs crimes.

Ainsi est-il ordonné, pour le salut des âmes innocentes, la préservation de l’ordre et la sécurité de la colonie.

Fait le Dix-huit Mai de l’An du Seigneur Mille Sept-Cent Quinze.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Alexandre Sonntag ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0